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[ TÉMOIGNAGE ] Diocèse de Toulon : jour de communion et débauches vestimentaires dans une église

Façade du séminaire de La Castille où auront lieu les ordinations sacerdotales du diocèse de Toulon - DR
Façade du séminaire de La Castille où auront lieu les ordinations sacerdotales du diocèse de Toulon - DR
Le témoignage que nous reproduisons ci-dessous nous a été adressé par un fidèle du diocèse de Toulon. Il nous a interpellés. Au-delà des situations décrites, il pose la question du respect dû à la maison de Dieu et de l'effacement progressif du sens du sacré

C’était un jour de fête dans cette église du diocèse de Toulon. Plusieurs enfants, vêtus de leurs habits de communion, s’avançaient vers l’autel pour recevoir pour la première fois le Corps du Christ. Une célébration qui aurait dû être marquée par le recueillement, la dignité et la conscience de la présence réelle de Notre Seigneur dans l’Eucharistie. Les interrogations ont d’ailleurs commencé dès les premiers instants de la célébration. Au moment de l’appel pour la liturgie des enfants, la scène oscillait entre agitation et niaiserie. Beaucoup s’émerveillaient de voir les enfants courir dans l’église, traverser le chœur ou se déplacer dans tous les sens. Mais curieusement, personne ne semblait s’étonner que la première chose qu’on ne leur apprenne pas soit le respect dû à l’autel. Car enfin, comment transmettre le sens du sacré si l’on n’enseigne même pas aux enfants à s’incliner devant l’autel lorsqu’ils passent devant lui ? Comment leur faire comprendre la sainteté du lieu lorsque tout semble organisé comme dans une simple salle d’activité ?

Durant toute la préparation de la célébration, les allées et venues se succédaient. On s’agitait, on s’exclamait, on discutait à voix haute, oubliant parfois que l’on se trouvait dans une église. Certains passaient et repassaient devant l’autel, parfois même en courant. Pourtant, personne ne semblait songer à marquer un geste de respect. Personne ne s’inclinait. Personne ne s’agenouillait. Pourtant, dans les premiers rangs, le spectacle offert par certains adultes avait également de quoi laisser perplexe.

Une mère de communiante assistait à la messe en talons aiguilles, robe ultra-courte et manifestement sans soutien-gorge. Une tenue davantage digne d’une soirée cocktail que d’une première communion, l’essentiel était de se montrer…. Mais le plus étonnant fut sans doute de la voir ensuite s’avancer au pupitre pour proclamer la lecture de la Parole de Dieu sans que cela ne semble émouvoir qui que ce soit, ni parmi les fidèles, ni du côté des prêtres présents. À l’évidence, ce qui aurait autrefois suscité quelques interrogations est désormais accueilli dans une parfaite banalité. Au premier rang également, un homme a passé l’essentiel de la messe les deux mains dans les poches, y compris durant les moments les plus solennels de la célébration. Quelques rangs plus loin, un fidèle se présentait en tenue de cycliste, vêtu de son cuissard moulant. Plusieurs bénévoles participant à la messe étaient quant à eux en débardeur dénudé , en chemise sortie du pantalon ou en baskets, comme si la maison de Dieu ne méritait plus le moindre effort particulier de présentation.

Mais au-delà même des tenues vestimentaires, c’est l’atmosphère générale qui a interpellé plusieurs fidèles. Beaucoup semblent désormais venir à l’église davantage pour se montrer que pour se recueillir. Avant la messe, les conversations vont bon train, les salutations se multiplient, les éclats de voix résonnent dans la nef. Le brouhaha est parfois tel que le prêtre lui-même se voit contraint de rappeler que l’on se trouve dans une église et non sur une place de marché. Durant la célébration, les téléphones portables sont de sortie. On photographie, on filme, parfois pendant de longs moments, comme si l’essentiel était de conserver des images plutôt que de communier à l’événement religieux qui se déroule sous les yeux des fidèles.

Et puis vient le moment de la communion. Presque toute l’assemblée s’avance vers l’autel. Une question surgit alors inévitablement : tous savent-ils vraiment ce qu’ils font ? Tous mesurent-ils la grandeur du sacrement qu’ils s’apprêtent à recevoir ?

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Certes, nul ne peut sonder les consciences. Mais l’impression demeure que beaucoup communient par habitude, par conformisme social ou parce que tout le monde y va, alors même que l’Église rappelle les dispositions spirituelles nécessaires pour recevoir dignement l’Eucharistie. Ce n’était pourtant pas faute de l’avoir entendu rappeler ce jour-là par le prêtre lui-même. Le plus surprenant demeurait peut-être ce fidèle qui, chaque dimanche, entre dans l’église en mâchant un chewing-gum, le conserve jusqu’au moment de la communion, reçoit l’Eucharistie puis reprend son chewing-gum quelques instants plus tard.

Comment ne pas être consterné devant un tel laisser-aller ?

La présentation vestimentaire et le comportement dans une église ne sont pas une question accessoire. Ils participent de l’effort de témoignage que nous devons à Notre Seigneur. Sans juger les personnes, ils révèlent souvent quelque chose de notre conscience du sacré, du respect que nous portons à l’église et de l’importance que nous accordons à Celui que nous venons adorer.

Aujourd’hui, certains prêtres rappellent régulièrement, et avec raison, qu’il ne faut pas applaudir pendant la messe afin de préserver le caractère sacré de la liturgie. Mais pourquoi ces mêmes rappels ne concernent-ils presque jamais la décence vestimentaire, le respect des attitudes corporelles ou les comportements manifestement incompatibles avec la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie ? Qui rappellera que l’on ne se présente pas devant le Saint-Sacrement comme on se rend à la plage ? Qui rappellera qu’un chewing-gum n’a pas sa place dans la bouche d’un fidèle qui s’avance pour communier ?

À l’approche de l’été, alors que les tenues légères vont naturellement se multiplier, il serait sans doute opportun de rappeler avec bienveillance mais aussi avec fermeté quelques règles élémentaires de décence dans la maison de Dieu.

Oui, c’était un jour de fête dans cette paroisse du diocèse de Toulon. Une fête pour les familles, pour les photographes, pour ceux qui étaient venus voir et se montrer. Mais à observer le manque de recueillement, les débauches vestimentaires, les téléphones levés pendant la messe et cette désinvolture devenue ordinaire devant le Saint-Sacrement, difficile de ne pas se demander si c’était aussi un jour de fête pour le Seigneur. Car lorsque tout tourne autour de nous-mêmes, de notre image et de nos habitudes, Jésus finit souvent par devenir l’invité oublié de sa propre maison.

Oui, on vient à l’église comme on est, avec ses blessures et ses misères. Mais on ne vient pas seulement comme on est : on vient aussi pour rencontrer le Seigneur. Et cette rencontre mérite au moins un petit effort, un humble geste d’amour, un signe de respect dans notre tenue, notre attitude ou notre comportement, afin de nous présenter le plus dignement possible devant Celui que nous venons adorer.

Un paroissien du diocèse de Toulon. « 

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