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Monseigneur jean-Louis Balsa, archevêque d’Albi, dénonce le « repli sur soi » et s’en prend au maire de Castres

Monseigneur Jean-Louis Balsa - diocèse  d 'Albi
Monseigneur Jean-Louis Balsa - diocèse d 'Albi
La déprogrammation d'une pièce de théâtre consacrée au parcours d'un réfugié a provoqué une vive réaction de l'archevêque d'Albi. Dans un communiqué remarqué, Monseigneur Jean-Louis Balsa a dénoncé une « censure » et rappelé le devoir d'accueil envers les migrants

La polémique autour de la déprogrammation d’une pièce de théâtre à Castres prend désormais une dimension religieuse et politique. À l’origine de l’affaire, la décision de la municipalité dirigée par le Rassemblement national de retirer de la programmation culturelle un spectacle consacré à l’histoire d’un réfugié. Une décision qui a suscité de nombreuses réactions, dont celle de Monseigneur Jean-Louis Balsa, archevêque d’Albi et évêque accompagnateur du Service national de la pastorale des migrants de la Conférence des évêques de France. Dans un communiqué intitulé « Qu’as-tu fait de ton frère ? », en référence à la question adressée par Dieu à Caïn dans le livre de la Genèse, le prélat a exprimé son inquiétude face aux motivations invoquées pour justifier cette déprogrammation.

« Sans entrer dans des débats locaux où chacun fait valoir ses arguments, mais parce que les raisons données à cette censure révèlent la tentation du repli sur soi, je veux rappeler ici l’impérieux devoir d’assistance à personne en danger que sont les migrants », a-t-il déclaré.

Monseigneur Balsa a également tenu à saluer l’engagement de ceux qui œuvrent auprès des personnes déplacées et déracinées. « Je m’adresse en cet instant à toutes les personnes de tous bords qui se sont engagées dans l’accueil des enfants, des femmes et des hommes qui ont dû migrer de leur terre à leur corps défendant et sont entrés dans une nuit de leur existence », a-t-il écrit, avant d’ajouter : « N’en faisons pas les boucs émissaires des maux et malaises de notre société. » L’archevêque d’Albi a enfin conclu son intervention par une formule particulièrement ferme : « Aucune censure n’obligera les chrétiens et les hommes et femmes de bonne volonté à fermer les yeux devant le cri des êtres humains qui souffrent, quelle que soit leur origine. »

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Cette prise de position s’inscrit dans la tradition de la doctrine sociale de l’Église, qui appelle à la protection des personnes contraintes de fuir la guerre, les persécutions ou la misère. Elle intervient cependant dans un contexte où les questions migratoires suscitent de fortes tensions au sein de la société française et parfois même parmi les catholiques. Le débat est d’ailleurs loin de se résumer à une opposition entre accueil et rejet. À plusieurs reprises, le pape Léon XIV a rappelé à la fois le devoir de solidarité envers les migrants et le « droit de ne pas devoir migrer » (discours au centre d’accueil de migrants d’Arguineguín, aux Canaries, le 11 juin 2026), soulignant que les peuples ont vocation à pouvoir vivre dignement sur leur propre terre. Le Saint-Père a également reconnu le droit des nations à organiser et protéger leurs frontières dans le respect de la dignité humaine.

L’affaire de Castres illustre ainsi une question plus large qui traverse aujourd’hui l’Europe et l’Église elle-même : comment conjuguer l’exigence évangélique de charité envers les plus vulnérables avec les préoccupations légitimes liées à la cohésion nationale, à la sécurité et à la maîtrise des flux migratoires ? Un débat qui, manifestement, ne cesse de diviser bien au-delà des seuls cercles politiques.

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