Depuis 2000 ans

[ Vidéo] Rouen : les matchs de la Coupe du monde retransmis dans une église : le symbole tragique de l’apostasie de l’Occident

capture écran
capture écran
L’image est saisissante, quand les dieux du stade remplacent Dieu, l’Occident révèle toute l’ampleur de son renoncement spirituel

Les images diffusées ont de quoi scandaliser tout catholique attaché à l’histoire et à l’âme chrétienne de l’Europe. Sous les voûtes gothiques de l’ancienne église Saint-Nicaise de Rouen, transformée en Brasserie-restaurant, des supporters ont assisté à la retransmission sur écran géant du match France-Sénégal.

Certes, l’édifice n’est plus affecté au culte. Désacralisée, l’église a été vendue et reconvertie. Juridiquement, aucune infraction n’a été commise. Mais la question est ailleurs. Elle touche à la mémoire chrétienne d’un peuple, au respect dû à un lieu qui fut consacré à Dieu pendant des siècles et au rapport que notre civilisation entretient désormais avec son héritage spirituel. Car enfin, que voit-on sur ces images ?

Les vitraux sont toujours là. Les croix sont toujours là. Les statues sont toujours là. Tout rappelle encore qu’il s’agissait d’une église catholique. Pourtant, sous ces mêmes voûtes où résonnèrent jadis les prières, les chants liturgiques et les paroles de la consécration, les regards sont désormais tournés vers un écran géant.

Les pierres témoignent encore de Dieu, mais les hommes semblent avoir choisi d’autres idoles. Cette scène résume à elle seule le drame spirituel de l’Europe contemporaine.

Cette photographie est bien davantage qu’une simple retransmission sportive dans un bâtiment reconverti. Elle constitue le symbole d’une apostasie silencieuse qui gagne l’Europe depuis plusieurs décennies. Une civilisation qui cesse de croire finit inévitablement par détourner ses lieux sacrés de leur finalité originelle. Hier maisons de prière, elles deviennent musées, restaurants, salles de spectacle ou bars.

Le football remplace la liturgie, l’émotion sportive se substitue à l’adoration, la consommation prend la place du sacré.

L’Église elle-même est consciente de ce danger. Le Code de droit canonique prévoit qu’une église ne peut être réduite à un usage profane que pour de graves raisons et à condition que ce nouvel usage ne soit pas « inconvenant » (canon 1222 §2). Cette disposition n’est pas un simple détail administratif. Elle traduit la volonté de l’Église de préserver autant que possible la dignité d’un lieu qui fut consacré au culte divin. La vente d’une église ne devrait donc jamais signifier l’abandon de toute vigilance. Même lorsqu’un édifice n’est plus affecté au culte, le diocèse qui autorise sa désaffectation conserve une responsabilité morale particulière. Il lui appartient de veiller à ce que la destination future du bâtiment demeure compatible avec le respect dû à son histoire, à sa vocation première et aux symboles religieux qui continuent souvent d’y être présents.

C’est précisément ce qui interroge aujourd’hui à Rouen. Une brasserie installée dans une ancienne église pouvait déjà susciter un malaise chez de nombreux fidèles. Voir désormais les compétitions sportives projetées sous les voûtes d’un ancien sanctuaire, entourées de croix, de statues et de vitraux chrétiens, accentue encore le sentiment d’un basculement culturel profond. À Rouen, ce n’est donc pas seulement un match de football qui a été diffusé dans une ancienne église. C’est aussi l’image d’une Europe qui semble avoir oublié pourquoi ses églises ont été bâties. Une Europe qui conserve encore les pierres de la chrétienté mais qui, chaque année davantage, paraît perdre la foi qui leur avait donné naissance. Quand les dieux du stade remplacent Dieu, c’est toute une civilisation qui révèle la profondeur de son renoncement spirituel.

Recevez chaque jour notre newsletter !