Fin septembre, l’Église célébrera à Marzabotto, près de Bologne, la béatification de don Ubaldo Marchioni, don Elia Comini et du père Martino Capelli, trois prêtres italiens assassinés par les nazis durant la Seconde Guerre mondiale. Leur martyre, reconnu in odium fidei (« en haine de la foi »), sera proclamé au cours d’une célébration présidée par le cardinal Marcello Semeraro, préfet du Dicastère pour les Causes des Saints. L’annonce officielle de cette béatification a été rendue publique le 17 mars 2026 par l’archidiocèse de Bologne, après la confirmation par le Saint-Siège de la date retenue pour la cérémonie.
Leur histoire est intimement liée aux massacres de Marzabotto, perpétrés entre le 29 septembre et le 5 octobre 1944 par la 16e division SS « Reichsführer-SS » commandée par Walter Reder. En quelques jours, plus de 770 civils – femmes, enfants, personnes âgées, religieux et prêtres – furent massacrés dans les villages des Apennins bolonais, en représailles aux activités de la Résistance italienne. Il s’agit de l’un des plus grands massacres de civils commis par les nazis en Europe occidentale.
Parmi ces témoins de la foi figure don Ubaldo Marchioni, jeune prêtre diocésain de 26 ans. Le 29 septembre 1944, alors qu’il se rend célébrer la messe, il apprend l’arrivée imminente des soldats allemands. Plutôt que de chercher à fuir, il rejoint l’église Santa Maria Assunta de Casaglia, où de nombreux habitants se sont réfugiés. Après avoir mis le Saint-Sacrement à l’abri, il invite les hommes valides à gagner les bois afin d’échapper aux représailles, mais choisit de rester auprès des femmes, des enfants et des personnes âgées.
Lorsque les SS investissent l’église, les civils sont conduits au cimetière voisin et exécutés. Don Ubaldo Marchioni est ensuite ramené dans l’église où il est abattu d’une balle dans la tête devant l’autel. Son corps est ensuite profané. Pour l’Église, il est mort parce qu’il a refusé d’abandonner sa mission sacerdotale et les fidèles confiés à ses soins.
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Le destin de don Elia Comini, salésien âgé de 34 ans, est tout aussi héroïque. Informé des massacres, il demande à rejoindre les survivants afin de leur apporter les sacrements, de réconforter les blessés et d’accompagner les mourants. Conscient du danger, il refuse pourtant de renoncer à son ministère. Le 1er octobre 1944, il est arrêté par les nazis puis exécuté avec plusieurs civils. Le père Martino Capelli, religieux déhonien, partage le même destin. Lui aussi choisit de demeurer auprès des populations frappées par les violences et poursuit son ministère sacerdotal malgré les risques. Il est assassiné à son tour par les forces nazies en raison de son engagement pastoral.
En reconnaissant officiellement leur martyre, l’Église ne célèbre pas seulement trois destins héroïques. Elle rend hommage à ces prêtres qui, au cœur de la barbarie nazie, ont choisi de rester des pasteurs jusqu’au bout, préférant partager le sort de leurs fidèles plutôt que de sauver leur propre vie. Plus de quatre-vingts ans après leur sacrifice, leur fidélité au Christ et à leurs fidèles demeure un puissant témoignage de courage, de charité pastorale et d’espérance pour les chrétiens du monde entier.


