Le processus synodal engagé sous le pontificat du pape François entre dans une nouvelle phase. La Secrétairerie générale du Synode a publié un document définissant les étapes qui conduiront l’Église catholique à une grande Assemblée ecclésiale mondiale prévue à Rome en octobre 2028. L’objectif affiché n’est plus de consulter les fidèles sur leurs attentes, mais d’évaluer ce qui a réellement changé dans les diocèses depuis l’adoption des conclusions du Synode sur la synodalité. Pendant près de deux ans, les Églises locales seront invitées à dresser un état des lieux de leur fonctionnement, de leurs pratiques pastorales et des initiatives mises en œuvre à la lumière des orientations synodales.
Le calendrier est déjà fixé. Des assemblées diocésaines se tiendront au cours du premier semestre 2027. Elles seront suivies de rencontres nationales et régionales organisées par les conférences épiscopales. Au début de l’année 2028, des assemblées continentales permettront de dégager les grandes priorités propres à chaque région du monde avant le rendez-vous final de Rome. Parmi les sujets appelés à être examinés figurent la participation des fidèles laïcs à la mission de l’Église, le fonctionnement des conseils consultatifs, la valorisation des différents ministères et charismes, la formation des futurs prêtres, la vie paroissiale ou encore la place des mouvements et associations.
Une attention particulière devra également être portée aux jeunes, aux femmes, aux personnes en situation de pauvreté ainsi qu’à ceux qui demeurent éloignés de la vie ecclésiale.
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Chaque diocèse devra rédiger un rapport présentant les évolutions observées localement ainsi que les difficultés rencontrées. Ces contributions serviront de base aux travaux des conférences épiscopales puis aux rencontres continentales, avant d’être transmises au Saint-Siège.
Cette démarche s’inscrit dans une méthode de gouvernement que Léon XIV semble vouloir développer depuis le début de son pontificat. Le prochain consistoire extraordinaire des cardinaux, prévu les 26 et 27 juin au Vatican, en donnera une nouvelle illustration. Les cardinaux travailleront en petits groupes et seront invités à partir des réalités concrètes de leurs diocèses plutôt que de longues interventions théoriques. Selon plusieurs informations, le Saint-Père souhaite accorder une attention particulière aux évêques et aux pasteurs directement confrontés aux défis quotidiens de l’évangélisation. Les questions abordées concerneront notamment les conflits armés, les fractures sociales, les migrations, la transmission de la foi et les signes d’espérance observés dans les différentes régions du monde.
Cette volonté de faire remonter l’expérience du terrain apparaît aujourd’hui comme l’un des traits marquants du pontificat de Léon XIV. Sans remettre en cause les structures traditionnelles de gouvernement de l’Église, le pape semble privilégier une écoute plus large des réalités locales afin d’éclairer les décisions prises à Rome. L’Assemblée ecclésiale de 2028 devrait ainsi constituer un moment important pour mesurer la réception du Synode dans l’Église universelle et permettre au Saint-Père de définir les orientations qui guideront les années à venir.


