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GPA « féministe » et « démarchandisée » : la grande imposture

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Dans une tribune publiée par Libération, plusieurs élues affirment qu'il existerait une voie « féministe » et « démarchandisée » de la gestation pour autrui, où l'État garantirait la « dignité » et le « consentement

C’est une Une démonstration qui repose sur une contradiction fondamentale : prétendre supprimer la marchandisation tout en conservant le mécanisme même qui la rend possible. Parfois, le débat public ne progresse pas par les idées mais par les mots. La tribune publiée dans Libération en faveur d’une GPA « féministe » et « démarchandisée » en offre une illustration presque parfaite. Le raisonnement est simple : puisque la GPA commerciale choque une grande partie de l’opinion, il suffirait de supprimer l’argent pour faire disparaître les objections morales. La location d’utérus deviendrait alors un acte de liberté. L’abandon programmé d’un enfant deviendrait un geste d’émancipation. L’instrumentalisation du corps féminin deviendrait une avancée féministe.

Le tour de passe-passe est habile. Il n’en demeure pas moins un mensonge.

Car la question fondamentale n’a jamais été seulement financière. Le problème n’est pas le montant du chèque. Le problème est la nature même de l’acte. Une femme porte un enfant pour d’autres adultes. Un enfant est conçu dans la perspective d’être remis à ces derniers après sa naissance. Une séparation est organisée dès l’origine du projet. Qu’une rémunération existe ou non ne modifie pas cette réalité.

Parler de GPA « démarchandisée » relève ainsi d’une profonde hypocrisie. La marchandisation ne commence pas avec l’argent.

Elle commence lorsqu’une réalité humaine cesse d’être considérée comme une fin en soi pour devenir le moyen de satisfaire le désir d’un tiers. Or c’est précisément ce qui se produit dans la GPA. La grossesse est mise au service d’un projet extérieur à la femme qui porte l’enfant. La maternité devient une fonction mobilisable. L’enfant devient l’objet d’une attente organisée. L’autre contradiction de cette tribune réside dans son recours au vocabulaire de l’émancipation féminine. Depuis des décennies, les mouvements féministes dénoncent l’appropriation du corps des femmes. Ils combattent toute logique qui réduirait la femme à ses fonctions biologiques. Pourtant, lorsqu’il s’agit de GPA, certains prétendent soudain que la mise à disposition de la capacité reproductive constituerait un progrès. Ce qui était hier dénoncé comme une instrumentalisation deviendrait aujourd’hui un acte de liberté. Une telle inversion des principes relève moins du féminisme que d’une adaptation idéologique aux nouveaux désirs sociétaux.

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La doctrine catholique refuse précisément cette logique. Depuis Donum Vitae jusqu’à Dignitas Infinita, l’Église rappelle que l’enfant n’est jamais un droit que l’on obtient ni un objet que l’on commande. Il est une personne humaine dotée d’une dignité propre. C’est pourquoi elle condamne toute forme de GPA, qu’elle soit commerciale ou prétendument altruiste. L’argument de la dignité invoqué par les auteurs de la tribune apparaît dès lors particulièrement paradoxal. Car quelle dignité protège-t-on lorsqu’on organise volontairement la séparation d’un enfant et de celle qui l’a porté pendant neuf mois ? Quelle dignité défend-on lorsque la maternité devient un service rendu à autrui ? Aucune procédure administrative, aucun encadrement juridique, aucun contrôle de l’État ne peut effacer cette question fondamentale.

Derrière les mots « liberté », « consentement », « féminisme » et « GPA démarchandisée », demeure donc une réalité inchangée. Les mots ont changé. Les slogans aussi. Mais le mécanisme reste identique. Et c’est précisément pourquoi la prétendue GPA éthique apparaît à beaucoup moins comme une avancée morale que comme une tentative de rendre acceptable, par le langage, ce qui demeure profondément contraire à la dignité de la femme, de l’enfant et de la maternité elle-même.

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