Le mardi 23 juin 2026, à la veille du 44ᵉ anniversaire des premières apparitions de Medjugorje, le cardinal albanais Ernest Simoni a accompli un geste qui a profondément marqué les pèlerins. Le prélat s’est rendu sur le Podbrdo, la colline des apparitions de Medjugorje, en Bosnie-Herzégovine. Accompagné par plusieurs jeunes de la communauté Cenacolo, il a lentement gravi le sentier rocailleux menant jusqu’à la statue de la Vierge Marie. Tenant un chapelet dans ses mains tout au long de l’ascension, le cardinal a avancé avec détermination malgré les difficultés du parcours. La scène a profondément ému les nombreux pèlerins présents. Les images diffusées par Maria Vision Međugorje, montrent le prélat progressant pas à pas sur les pierres de la colline.
🔴A la veille du 44ᵉ anniversaire des premières apparitions de Medjugorje, le cardinal Ernest Simoni gravit la colline des apparitions
— Tribune Chrétienne (@tribuchretienne) June 25, 2026
➡️ Malgré ses 97 ans et les dix-huit années de prison et de travaux forcés qu'il a endurées sous le régime communiste albanais, il a gravi la… pic.twitter.com/KhD4eT6F4p
Cette journée revêt une signification particulière à Medjugorje puisqu’elle s’inscrit dans la neuvaine annuelle préparant le 44ᵉ anniversaire des « premières apparitions », célébré le 25 juin, ce qui explique la présence d’une foule particulièrement nombreuse et de nombreuses équipes de tournage.

Arrivé auprès de la statue de la Vierge, le cardinal a conduit un temps de prière : « Gloria Patri et Filio et Spiritui Sancto… Sicut erat in principio, et nunc et semper, et in saecula saeculorum. Amen » (« Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit… Comme il était au commencement, maintenant et toujours, pour les siècles des siècles. Amen »). Il poursuit ensuite avec la prière mariale : « Sancta Maria, Mater Dei, ora pro nobis peccatoribus, nunc et in hora mortis nostrae. Amen » (« Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen »). Le cardinal a également récité les prières de bénédiction de l’eau et du sel : : « Exorcizo te, creatura salis… » (« Je t’exorcise, créature du sel… ») et « Exorcizo te, creatura aquae, in nomine Dei Patris Omnipotentis… et Filii, et Spiritus Sancti. Amen » (« Je t’exorcise, créature de l’eau, au nom de Dieu le Père tout-puissant… et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen »). Ce geste prend une résonance particulière lorsqu’on connaît l’histoire du cardinal albanais.
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Né le 18 octobre 1928 à Troshan, Ernest Simoni fut ordonné prêtre en 1956. Quelques années plus tard, le régime communiste d’Enver Hoxha lança une violente persécution contre les croyants, faisant de l’Albanie le premier État officiellement athée au monde. Arrêté le jour de Noël 1963, le père Ernest Simoni fut d’abord condamné à mort. Selon les témoignages rapportés sur son parcours, il échappa à deux condamnations capitales avant d’être finalement envoyé dans les camps de travaux forcés. Il passa dix-huit années en détention, où il subit de nombreuses souffrances physiques et morales. À sa libération, il fut contraint d’effectuer de pénibles travaux manuels, notamment le nettoyage des égouts de Shkodër (Scutari). Malgré la surveillance constante des autorités communistes, il continua clandestinement à célébrer la messe, à administrer les sacrements et à soutenir les fidèles, au risque d’être de nouveau emprisonné.

Son témoignage bouleversa le pape François lors de son voyage apostolique en Albanie en septembre 2014. Deux ans plus tard, le 19 novembre 2016, le souverain pontife le créa cardinal, le présentant comme un exemple de fidélité au Christ au cœur de la persécution. Aujourd’hui encore, à 97 ans, le cardinal poursuit une vie de prière et de témoignage. Pour les nombreux pèlerins présents ce mardi 23 juin, son ascension du Podbrdo restera avant tout l’image d’un homme qui, après avoir survécu à l’une des plus terribles persécutions antichrétiennes du XXᵉ siècle, continue de témoigner, par ses actes autant que par ses paroles, d’une foi demeurée inébranlable.
Précisons qu’en septembre 2024, le Vatican a accordé un nihil obstat à la dévotion liée à Medjugorje, reconnaissant les nombreux fruits spirituels du sanctuaire et autorisant les pèlerinages. En revanche, le Saint-Siège n’a pas reconnu comme authentiques les apparitions présumées et précise qu’il ne se prononce pas sur leur caractère surnaturel, laissant cette question ouverte.


