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Le pape Léon XIV appelle « à ne pas nous enorgueillir face au succès et à ne jamais nous surestimer »

Léon XIV lors de l'Angelus du 9 août 2026 - capture écran
Léon XIV lors de l'Angelus du 9 août 2026 - capture écran
À l’issue de l’Angélus, le Saint-Père a lancé des appels pressants en faveur de la paix au Soudan, en Ukraine et en Russie, avant de s’adresser aux nombreux jeunes présents en les invitant à prendre pour modèles les grandes figures de sainteté proposées ces jours-ci par le calendrier liturgique ( texte intégral)

Le passage de l’Évangile selon saint Matthieu retenu ce dimanche présente une succession significative. Les disciples viennent d’assister à la multiplication des pains et des poissons. Jésus les invite ensuite à monter dans la barque tandis qu’il se retire seul sur la montagne pour prier. Quelques heures plus tard, ceux qui avaient participé à un événement extraordinaire se retrouvent incapables de maîtriser une embarcation battue par le vent.

Léon XIV s’est arrêté sur ce contraste entre réussite et impuissance. « Après une expérience couronnée de succès, au cours de laquelle ils avaient été les protagonistes d’un signe prodigieux, ils se retrouvent désormais impuissants et effrayés face à la menace des vagues et du vent contraire », a-t-il observé. Le récit évangélique ne présente cependant pas l’épreuve comme la négation de ce qui vient de se produire. Elle en déplace plutôt la compréhension. Les disciples ont vu le miracle, mais cette expérience ne suffit pas encore à les conduire à la profession de foi qui clôt l’épisode : « Vraiment tu es le Fils de Dieu ! » (Mt 14, 33).

« Il ne leur a pas suffi d’avoir assisté à un miracle, ni d’avoir connu le succès devant la foule : ils ont dû passer par l’expérience de leur faiblesse et, en elle, reconnaître la présence de Dieu », a expliqué le pape.

Cette lecture rejoint une distinction classique de l’anthropologie chrétienne. Le christianisme ne condamne ni l’action, ni la réussite, ni l’exercice des talents. Il refuse en revanche que l’homme considère ses capacités comme le fondement ultime de son existence. Saint Paul formulait déjà cette question aux Corinthiens : « Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? » (1 Co 4, 7). Dans cette perspective, reconnaître sa condition de créature ne signifie pas renoncer à agir, mais replacer l’action humaine dans une relation de dépendance envers Dieu. C’est dans ce cadre que Léon XIV a tiré une première conséquence du récit : « à ne pas nous enorgueillir face au succès et à ne jamais nous surestimer ».

Cette remarque peut également être entendue dans un contexte social où la réussite individuelle occupe une place considérable. Les sociétés contemporaines valorisent la performance, la visibilité et la capacité à construire soi-même son parcours. Ces dynamiques ne sont pas en elles-mêmes incompatibles avec la conception chrétienne de l’homme. Elles le deviennent lorsqu’elles conduisent à identifier la valeur d’une personne à son efficacité, à son influence ou à sa reconnaissance sociale. L’Évangile du jour introduit une autre mesure : l’homme ne cesse pas d’avoir une dignité lorsqu’il ne maîtrise plus les événements.

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Léon XIV a également insisté sur l’autre versant de l’épisode

La reconnaissance de la faiblesse humaine ne doit pas devenir une justification du désespoir. Le pape invite ainsi « à ne pas désespérer, même dans les moments sombres, lorsque nous nous sentons impuissants face aux problèmes et que, malgré nos efforts, nous avons l’impression de reculer plutôt que d’avancer ».Pierre concentre cette tension. Il quitte la barque, marche vers Jésus, puis prend peur devant la violence des éléments et commence à s’enfoncer. Le Christ lui tend alors la main. Le récit ne présente donc ni un homme souverain de lui-même, ni un homme condamné à son impuissance. Il articule la fragilité humaine et la confiance placée en Dieu.

Cette confiance n’est pas laissée dans le discours du pape à une définition abstraite. Léon XIV évoque explicitement la manière d’accueillir le Christ « dans la barque de notre vie » : « par la prière, les sacrements, l’écoute de sa Parole ». La référence aux sacrements inscrit ainsi son commentaire dans la conception catholique traditionnelle de la vie spirituelle : la relation au Christ ne relève pas seulement du sentiment intérieur, mais passe également par la vie sacramentelle de l’Église.

L’ensemble de l’Angélus s’est ainsi organisé autour d’une même tension propre à la conception chrétienne de l’existence : ne pas transformer la réussite en autosuffisance, mais ne pas davantage faire de l’épreuve une raison de désespérer. Entre les deux, le récit de la barque place la foi, comprise comme confiance en une présence qui demeure lorsque les circonstances cessent d’être maîtrisables.

PAPE LÉON XIV

ANGÉLUS

Place Saint-Pierre
Dimanche 9 août 2026

« Chers frères et sœurs, bon dimanche !

Aujourd’hui, l’Évangile nous parle de Jésus qui, sur le lac de Galilée, rejoint ses disciples au milieu d’une tempête, en marchant sur les eaux (cf. Mt 14, 22-33).

Après le miracle des pains et des poissons (cf. Mt 14, 13-21), le Maître invite ses disciples à monter dans la barque et à prendre le large, tandis qu’Il se retire seul sur la montagne pour prier. Loin du rivage, cependant, ils se retrouvent à la merci du vent et peinent à avancer. Après une expérience couronnée de succès, au cours de laquelle ils avaient été les protagonistes d’un signe prodigieux, ils se retrouvent désormais impuissants et effrayés face à la menace des vagues et du vent contraire.

À la fin de la nuit, Jésus vient à leur rencontre sur les eaux agitées, et, effrayés, ils le prennent pour un fantôme (v. 26). Mais il leur dit : « Confiance, c’est moi, n’ayez plus peur ! » (v. 27). La présence du Seigneur change tout : Pierre parvient même à faire quelques pas sur les vagues pour aller vers Lui ; puis il prend peur, s’enfonce et Jésus le sauve. Lorsque le Maître monte dans la barque, la tempête s’apaise, et alors jaillit spontanément du cœur des disciples la profession de foi : « Vraiment tu es le Fils de Dieu ! » (v. 33).

Pour en arriver là, il ne leur a pas suffi d’avoir assisté à un miracle, ni d’avoir connu le succès devant la foule : ils ont dû passer par l’expérience de leur faiblesse et, en elle, reconnaître la présence de Dieu. Ce n’est qu’ainsi qu’ils ont pu véritablement ouvrir les yeux et le cœur à sa proximité, retrouvant la paix même au milieu de la tempête.

Un jour, quelque temps plus tard, Jésus leur dira : « Amen, je vous le dis : si vous avez la foi et si vous ne doutez pas, […], vous pourrez même dire à cette montagne : “Enlève-toi de là, et va te jeter dans la mer”, et cela se produira. (Mt 21, 21). Et c’est précisément ce qu’ils ont vécu sur le lac : la paix du Christ, qui était monté sur la montagne pour prier, les a rejoints au milieu de la fureur des eaux.

Ce miracle nous enseigne donc une chose importante : tout d’abord, à ne pas nous enorgueillir face au succès et à ne jamais nous surestimer ; et en même temps, à ne pas désespérer, même dans les moments sombres, lorsque nous nous sentons impuissants face aux problèmes et que, malgré nos efforts, nous avons l’impression de reculer plutôt que d’avancer. En toute circonstance, Jésus ne nous abandonne pas et, si nous l’accueillons humblement dans la barque de notre vie – par la prière, les sacrements, l’écoute de sa Parole –, nous trouverons en Lui la paix, la lumière et la force pour notre chemin.

Que Marie nous aide à vivre ainsi, dans un abandon confiant en Dieu, elle qui a été proclamée bienheureuse pour sa foi (cf. Lc 1, 45).

À l’issue de l’Angélus

« Chers frères et sœurs,

Je continue de suivre avec inquiétude la situation tragique au Soudan, en particulier dans la ville d’El-Obeid. Tout en exprimant ma proximité spirituelle avec l’ensemble de la population de ce pays, je renouvelle mon appel aux autorités afin qu’elles garantissent des couloirs humanitaires pour la population civile. Dans le même temps, j’exhorte la communauté internationale à soutenir les efforts visant à instaurer un cessez-le-feu immédiat. Prions pour que le Seigneur soutienne ceux qui souffrent, convertisse le cœur de ceux qui sèment la violence et accorde la paix tant attendue.

Les nouvelles douloureuses concernant des innocents tués et blessés en Ukraine et en Russie continuent d’affluer. Les événements tragiques se succèdent, voire se multiplient, faisant de plus en plus de victimes civiles, parmi lesquelles des enfants. Je suis proche des familles des victimes, des blessés et de tous ceux qui souffrent à cause du conflit en cours. Face à tant de souffrance, je renouvelle un appel pressant pour que le droit humanitaire soit respecté et que les attaques visant des cibles civiles cessent des deux côtés. La guerre ne fait qu’engendrer davantage de guerre et provoque d’énormes souffrances. Il est temps de mettre fin à cette spirale de violence et de laisser place à la diplomatie et au dialogue pour ouvrir la voie à la paix.

Et maintenant, je vous souhaite la bienvenue à tous, Romains et pèlerins venus de différents pays !

Je salue en particulier les jeunes de la Communauté Sainte-Marie-Madeleine du diocèse de Milan, qui ont parcouru la Via Francigena de Sienne à Rome ; ainsi que les scouts d’Enna, qui ont organisé leur camp sur les Colli romani, et les jeunes de Pernumia, du diocèse de Padoue.

La présence de tant de groupes de jeunes, qui choisissent de consacrer quelques jours de leurs vacances à des activités de formation et d’amitié, est un signe d’espérance ; tout comme l’a été la manifestation des jeunes franciscains que j’ai eu la joie de rencontrer jeudi dernier à Assise.

À vous tous, jeunes gens et jeunes filles qui m’écoutez, je tiens à rappeler que, ces jours-ci, le calendrier liturgique nous propose de magnifiques figures de saints et de saintes, que je vous invite à mieux connaître : hier, le grand saint Dominique, fondateur des Frères Prêcheurs ; aujourd’hui, sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix, Edith Stein, carmélite assassinée à Auschwitz et co-patronne de l’Europe ; demain, saint Laurent, diacre de l’Église de Rome ; après-demain, sainte Claire d’Assise, qui a quitté une vie aisée pour suivre Jésus, pauvre et humble, à l’exemple de son concitoyen saint François. Chers jeunes, laissez-vous inspirer par ces témoins exemplaires de l’Évangile !

Merci à tous pour votre présence et bon dimanche ! »

Source Vatican

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