Le pape Léon XIV a adressé une lettre aux Américains dans laquelle il rend hommage à l’histoire du pays tout en rappelant les principes qui, selon lui, doivent continuer à guider son avenir. Le Saint-Père ouvre son message en saluant « ce moment décisif de l’histoire des États-Unis d’Amérique » que fut le 4 juillet 1776. Il rappelle que la Déclaration d’indépendance a donné « une expression durable aux idéaux de liberté, d’égalité, de recherche du bonheur, de justice et de gouvernement démocratique ».
Pour Léon XIV, cette célébration ne doit cependant pas se limiter à une commémoration historique. Elle invite chaque génération à prendre conscience de ses responsabilités. « Cet anniversaire est une invitation non seulement à célébrer le remarquable parcours de la nation, mais aussi à réfléchir aux responsabilités que les fils et les filles de ce pays portent les uns envers les autres, ainsi qu’envers les générations qui hériteront de la nation façonnée aujourd’hui », écrit-il.Au cœur de cette lettre figure un vibrant plaidoyer en faveur de la liberté religieuse, que le pape présente comme l’un des piliers de l’identité américaine.
« Parmi les plus précieux de ces principes figure la liberté religieuse, le droit pour toute personne de rendre un culte selon sa conscience et de pratiquer ouvertement sa foi, sans contrainte ni crainte. » Il poursuit en affirmant avec force : « La liberté de religion est depuis longtemps au cœur de la promesse américaine, protégeant à la fois la dignité de chaque individu et la coexistence pacifique d’un peuple divers. »
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À une époque où la liberté d’expression religieuse fait parfois l’objet de remises en cause dans plusieurs démocraties occidentales, cette affirmation revêt une portée particulière. Léon XIV rappelle que la liberté religieuse ne constitue pas une concession faite aux croyants, mais un droit fondamental qui participe directement à la protection de la dignité humaine et à la paix civile.
Le pape souligne ensuite combien cette liberté a permis le développement de l’Église catholique sur le sol américain. « Cette même liberté a permis à l’Église catholique de s’enraciner et de prospérer aux États-Unis, au bénéfice non seulement de ses propres fidèles, mais aussi de la nation tout entière. » Cette phrase constitue sans doute l’un des passages les plus marquants de la lettre. Loin d’opposer foi et citoyenneté, Léon XIV rappelle que l’histoire américaine montre au contraire combien la liberté religieuse a permis aux communautés chrétiennes de contribuer au bien commun. Le Saint-Père énumère d’ailleurs plusieurs domaines dans lesquels l’Église a profondément marqué la société américaine : « l’éducation, l’attention privilégiée aux pauvres, les soins de santé et les services sociaux essentiels ».
À travers cette évocation, il rappelle le rôle historique des écoles catholiques, des universités, des hôpitaux et des innombrables œuvres de charité qui, depuis plus de deux siècles, participent au développement du pays bien au-delà de la seule communauté catholique. Le pape cite ensuite son prédécesseur Léon XIII, auquel il emprunte une formule particulièrement forte :
« Il n’existe pas de meilleur citoyen que le chrétien conscient de son devoir. »
À partir de cette citation, Léon XIV rappelle que la foi chrétienne ne détourne jamais des responsabilités civiques. Bien au contraire, « la foi, loin de s’opposer aux responsabilités de la citoyenneté, donne une vigueur nouvelle à la recherche de la justice, de la paix et du bien commun ».Il invite ainsi les catholiques américains à continuer de servir leur pays « comme le levain qui fait grandir une civilisation de l’amour », reprenant une expression profondément enracinée dans la doctrine sociale de l’Église.La défense de la dignité de toute personne humaine occupe également une place centrale dans cette lettre. Le pape rappelle que chaque vie est un don de Dieu et écrit qu’une authentique compréhension de cette dignité conduit à protéger « la vie humaine depuis son commencement, à la conception, jusqu’à sa fin naturelle ».
Par cette affirmation, Léon XIV réaffirme sans ambiguïté l’enseignement constant de l’Église sur le respect de la vie humaine. Il appelle également à bâtir une société où « les personnes vulnérables, souffrantes et oubliées » soient toujours accueillies avec « compassion, solidarité et amour ».Le Saint-Père aborde ensuite la question migratoire, en rappelant que l’histoire des États-Unis est indissociable de l’apport des générations successives d’immigrants. « Les accueillir avec compassion et générosité n’est pas seulement un acte de charité, mais aussi une reconnaissance de la dignité qui appartient à toute personne humaine », écrit-il.
Enfin, Léon XIV invite les Américains à renouveler leur fidélité aux idéaux qui ont présidé à la naissance de leur nation. Il formule le vœu que ce 250e anniversaire ravive « l’engagement commun envers la promesse de liberté, de justice, d’opportunité et de démocratie ».Concluant sa lettre, il confie les États-Unis à l’intercession de l’Immaculée Conception, patronne du pays, afin qu’elle « continue de veiller sur l’Amérique et de protéger tous ceux qui y vivent ».
Lettre du Saint-Père à l’occasion du 250e anniversaire de la fondation des États-Unis d’Amérique
Traduction TC
Je présente mes plus chaleureuses félicitations à tous les Américains à l’occasion du 250e anniversaire de la signature de la Déclaration d’indépendance. Ce deux-cent-cinquantenaire marque ce moment décisif de l’histoire des États-Unis d’Amérique, le 4 juillet 1776, qui a donné une expression durable aux idéaux de liberté, d’égalité, de recherche du bonheur, de justice et de gouvernement démocratique.
Depuis deux siècles et demi, des générations d’Américains ont travaillé ensemble pour faire vivre ces principes, au prix de sacrifices, par le service, l’innovation et la participation à la vie civique. Cet anniversaire est une invitation non seulement à célébrer le remarquable parcours de la nation, mais aussi à réfléchir aux responsabilités que les fils et les filles de ce pays portent les uns envers les autres, ainsi qu’envers les générations qui hériteront de la nation façonnée aujourd’hui.
Parmi les plus précieux de ces principes figure la liberté religieuse, le droit pour toute personne de rendre un culte selon sa conscience et de pratiquer ouvertement sa foi, sans contrainte ni crainte. En célébrant cet anniversaire, il est important de reconnaître que la liberté de religion est depuis longtemps au cœur de la promesse américaine, protégeant à la fois la dignité de chaque individu et la coexistence pacifique d’un peuple divers.
Cette même liberté a permis à l’Église catholique de s’enraciner et de prospérer aux États-Unis, au bénéfice non seulement de ses propres fidèles, mais aussi de la nation tout entière. En tant que fils et filles fidèles de l’Église, les catholiques sont appelés à imprégner chaque dimension de leur existence de la charité du Christ (cf. 2 Co 5, 14), en vivant l’Évangile dans les circonstances de la vie quotidienne. Une telle manière de vivre a donné naissance aux nombreux bienfaits que l’Église a apportés au fil des années au développement de cette nation. Je pense en particulier à son engagement dans les domaines de l’éducation, de l’attention privilégiée aux pauvres, des soins de santé et des services sociaux essentiels, pour n’en citer que quelques-uns.
Dans son encyclique Sapientiae Christianae, mon prédécesseur le pape Léon XIII écrivait : « Il n’existe pas de meilleur citoyen que le chrétien conscient de son devoir » (n° 7). En réalité, la foi, loin de s’opposer aux responsabilités de la citoyenneté, donne une vigueur nouvelle à la recherche de la justice, de la paix et du bien commun, en portant à leur accomplissement les dons naturels accordés par le Créateur. Saint Paul lui-même exhortait les premiers chrétiens à prier pour ceux qui exercent l’autorité afin de mener une vie paisible conforme à la volonté de Dieu (cf. 1 Tm 2, 2). À cet égard, c’est dans l’accomplissement fidèle de leurs devoirs envers Dieu et envers leur patrie que les catholiques sont appelés à continuer de servir la nation, comme le levain qui fait grandir une civilisation de l’amour (cf. Mt 13, 33).
Parmi les principes qui ont guidé le développement de ce pays figure également la dignité, donnée par Dieu, de toute vie humaine. Chaque personne est dotée d’une valeur intrinsèque qui appelle le respect, la protection et le soin. Dans cet esprit, une pleine compréhension de cette dignité conduit à reconnaître l’importance de protéger la vie humaine depuis son commencement, à la conception, jusqu’à sa fin naturelle, et de bâtir une société dans laquelle les personnes vulnérables, souffrantes et oubliées rencontrent toujours compassion, solidarité et amour.
Défendre la vie humaine implique également d’accueillir, de protéger et d’accompagner les immigrants, dont les espérances, les sacrifices et la contribution font partie de l’histoire de ce pays depuis ses origines. À chaque génération, ceux qui sont arrivés en quête de liberté, d’opportunités et d’un lieu où s’établir ont contribué à façonner le caractère de la nation. Les accueillir avec compassion et générosité n’est pas seulement un acte de charité, mais aussi une reconnaissance de la dignité qui appartient à toute personne humaine.
Dans ma récente encyclique Magnifica Humanitas, j’ai évoqué la nécessité de travailler ensemble pour le bien commun. « Construire un monde dans lequel chacun puisse s’épanouir exige une responsabilité partagée et du courage. Personne ne peut, à lui seul, porter le poids des défis auxquels le monde est confronté » (n° 13). Nous avons besoin les uns des autres et nous devons travailler ensemble dans l’unité pour relever les défis auxquels le monde est confronté aujourd’hui.
Puisse cet anniversaire raviver l’engagement commun envers la promesse de liberté, de justice, d’opportunité et de démocratie. Puissent les Américains honorer le courage et la vision de ceux qui les ont précédés en renforçant leurs communautés, en respectant leurs différences et en travaillant ensemble à une union toujours plus parfaite.
Je vous adresse mes félicitations à l’occasion de cet extraordinaire anniversaire national. Puisse l’esprit de 1776 continuer d’inspirer l’espérance et l’unité alors que les États-Unis d’Amérique avancent vers l’avenir. En vous assurant tous de mes prières dans vos efforts renouvelés pour affermir la nation dans les principes qui ont guidé les Pères fondateurs, je vous confie à l’intercession de l’Immaculée Conception, patronne de ce pays, afin qu’elle continue de veiller sur l’Amérique et de protéger tous ceux qui y vivent.
Du Vatican, le 25 juin 2026
LÉON XIV »
Source Vatican


