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« Il faut comprendre ceux qui préfèrent l’ancien rite » : y aura-t-il un avant et un après les sacres d’Écône ?

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Quelques jours après les sacres épiscopaux d'Écône, le cardinal espagnol Antonio María Rouco Varela a appelé à restaurer Summorum Pontificum et à faire preuve de « compréhension » envers les fidèles attachés à la liturgie traditionnelle

Les sacres d’Écône pourraient bien marquer un tournant inattendu. Alors que l’attention s’est naturellement portée sur les conséquences canoniques des consécrations épiscopales réalisées par la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, de nombreux observateurs estiment qu’un autre dossier pourrait désormais s’ouvrir : celui de l’avenir des communautés traditionalistes qui ont toujours choisi de demeurer en pleine communion avec le Saint-Siège.

cardinal Antonio María Rouco Varela

Depuis les sacres de 1988, plusieurs instituts, parmi lesquels la Fraternité Saint-Pierre, l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre ou encore l’Institut du Bon Pasteur, ont fait le choix de rester fidèles au Successeur de Pierre tout en conservant la liturgie traditionnelle. Un choix qui leur a parfois valu d’être qualifiés de « ralliés » par la Fraternité Saint Pie X… Cependant pour beaucoup de ces fidèles, les dernières années ont cependant été marquées par un profond sentiment d’incompréhension. La publication de Traditionis Custodes, en 2021, a entraîné dans de nombreux diocèses des restrictions concernant la célébration de la messe selon le missel de 1962. Certains lieux de culte ont été supprimés, d’autres déplacés, donnant à ces communautés le sentiment d’être pénalisées alors même qu’elles avaient toujours choisi l’obéissance à Rome.

Les récents événements d’Écône changent aujourd’hui la donne. Beaucoup estiment qu’il est désormais difficile de placer sur un même plan des communautés qui sont restées fidèles au pape malgré les épreuves et la FSSPX ayant choisi de procéder à de nouvelles consécrations épiscopales sans mandat pontifical en opposition frontale au pape Léon XIV.

Cette différence entre obéissance et défiance appelle désormais une réponse pastorale clairement distincte.

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C’est dans ce contexte que les propos du cardinal Antonio María Rouco Varela ont été largement remarqués. Dans un entretien accordé à La Nuova Bussola Quotidiana, l’archevêque émérite de Madrid a plaidé pour la restauration de Summorum Pontificum, le motu proprio de Benoît XVI qui avait largement libéralisé la célébration de la messe selon le rite ancien. Il a également affirmé qu’il fallait faire preuve de « compréhension » envers les fidèles qui préfèrent cette liturgie, tout en dénonçant les abus qui peuvent exister dans certaines célébrations du Novus Ordo.

Pour beaucoup de catholiques attachés à la tradition, ces paroles résonnent comme un encouragement. Dans la continuité des propos du cardinal Muller, elles laissent espérer qu’après la crise ouverte par les sacres d’Écône, le temps pourrait être venu de reconnaître la fidélité de ceux qui, malgré les difficultés, n’ont jamais quitté la pleine communion avec l’Église.

Les attentes sont nombreuses. Certains souhaitent a minima un assouplissement des restrictions actuelles. D’autres , comme le cardinal espagnol, espèrent un rétablissement de Summorum Pontificum ou, à défaut, un nouveau texte garantissant durablement la célébration de la messe dite en latin, célébrée selon le rite ancien. Tous y voient moins une revendication qu’un signe de justice envers des communautés qui ont accepté, parfois au prix de lourds sacrifices, de demeurer fidèles au pape.

Le pape Léon XIV répondra-t-il à cette attente ?

Il est encore trop tôt pour le dire. Mais après les sacres d’Écône, nombreux sont ceux qui pensent qu’un geste en faveur des communautés traditionalistes restées en pleine communion avec Rome contribuerait non seulement à apaiser les tensions liturgiques, mais aussi à rappeler qu’au sein de l’Église, la fidélité mérite d’être reconnue.

Alors que d’autres courants ou sensibilités progressistes, bénéficient déjà d’une large reconnaissance au sein de l’Église? Cette reconnaissance d’une sensibilité liturgique différente serait perçue comme un véritable geste de considération et de respect envers les « tradis ». Ainsi, beaucoup, lassés d’être montrés du doigt en raison de leur attachement à la liturgie traditionnelle, espèrent envisager sereinement ce nouveau pontificat et poursuivre leurs ordinations selon le rite ancien, dans un climat apaisé, loin du fracas des mesures prises sous le pontificat du pape François

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