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Jean-Luc Romero révèle sa méconnaissance totale de la religion catholique

Jean-Luc Romero ( facebook) - Monseigneur Aillet ( Eglise catholique)
Jean-Luc Romero ( facebook) - Monseigneur Aillet ( Eglise catholique)
Son argumentation repose sur une confusion manifeste entre la communion et la confession et méconnaît l'enseignement constant de l'Église catholique.

Réagissant aux déclarations de Monseigneur Marc Aillet, évêque de Bayonne, Lescar et Oloron, rappelant qu’un parlementaire catholique qui voterait en faveur d’une loi légalisant l’euthanasie ou le suicide assisté, en pleine conscience de cette contradiction avec la foi qu’il professe, « ne pourra plus communier », Jean-Luc Romero a dénoncé une prétendue pression de l’Église sur les élus. Mais, ce faisant, il confond la communion eucharistique, dont parlait l’évêque, avec le sacrement de la confession et de l’absolution, sur lequel il fonde pourtant l’essentiel de sa critique.

La réaction de Jean-Luc Romero aux propos de Monseigneur Marc Aillet mérite d’être examinée avec précision. Non pour alimenter une polémique supplémentaire, mais parce qu’elle révèle une confusion de fond sur ce que l’Église catholique enseigne réellement. Dans son entretien accordé à France Catholique, Monseigneur Aillet ne menace aucun député et ne prétend nullement dicter le vote des parlementaires. Il rappelle un principe de cohérence entre la foi professée et les actes posés. Il déclare : « Les parlementaires catholiques qui auront voté ce projet de loi doivent en peser les conséquences. S’ils sont conscients de cette incohérence, ils ne pourront plus communier. »

Pourquoi une telle affirmation ? Parce que, pour l’Église, l’euthanasie et le suicide assisté constituent des actes intrinsèquement mauvais.

Monseigneur Aillet s’appuie d’ailleurs explicitement sur l’instruction Samaritanus Bonus, publiée par le dicastère chargé de la doctrine de la foi, qui rappelle que provoquer volontairement la mort d’une personne ne peut jamais être considéré comme un bien moral. L’évêque ne parle donc pas d’une sanction disciplinaire. Il rappelle les dispositions spirituelles nécessaires pour recevoir dignement l’Eucharistie. La communion n’est pas un simple geste symbolique ou social. Pour un catholique, elle manifeste une pleine communion avec le Christ et avec l’Église. Celui qui pose publiquement un acte gravement contraire à un enseignement moral fondamental de l’Église se trouve objectivement dans une contradiction que l’Église a le devoir de rappeler.

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C’est précisément ici que Jean-Luc Romero se trompe.

Dans son message, il affirme qu’il serait scandaleux de « refuser l’absolution » aux députés concernés et développe toute son argumentation autour du sacrement de la réconciliation. Il explique que le prêtre n’est pas un juge politique, que tout pécheur a droit à l’absolution et que celle-ci ne saurait être instrumentalisée. Or Monseigneur Aillet ne parlait pas de l’absolution. Il parlait de la communion. Cette confusion entre deux sacrements distincts affaiblit considérablement la critique formulée contre l’évêque.

La confession est le sacrement par lequel le fidèle obtient le pardon de Dieu lorsqu’il reconnaît ses péchés, en éprouve une véritable contrition et prend la ferme résolution de ne plus les commettre. La communion est la réception du Corps du Christ dans l’Eucharistie. Les deux sacrements sont liés, mais ils ne se confondent pas.

Jean-Luc Romero invoque ensuite la laïcité en affirmant que « l’État est chez lui, l’Église chez elle ». Là encore, l’argument mérite d’être nuancé. La laïcité française impose la neutralité de l’État. Elle n’impose pas le silence des religions. Les évêques disposent, comme tout citoyen, de la liberté d’expression. Plus encore, ils ont reçu la mission d’enseigner la foi catholique et d’éclairer les consciences des fidèles sur les questions touchant à la vie humaine, à la dignité de la personne et au bien commun. Le débat sur la fin de vie ne relève d’ailleurs pas uniquement d’une conviction religieuse. Monseigneur Aillet le rappelle lui-même : il touche également à la loi naturelle, c’est-à-dire à des principes accessibles à la raison, indépendamment de la foi. La protection de toute vie humaine, en particulier des plus fragiles, constitue un enjeu anthropologique majeur qui dépasse largement le cadre confessionnel.

On peut évidemment ne pas partager la doctrine de l’Église sur l’euthanasie. Mais encore faut-il la critiquer pour ce qu’elle dit réellement. En répondant à une réflexion sur la communion par un développement consacré à la confession et à l’absolution, Jean-Luc Romero passe à côté du cœur de l’argument de Monseigneur Aillet. Celui-ci n’a fait que rappeler, comme il en a la responsabilité d’évêque, l’enseignement constant de l’Église sur la cohérence entre la foi professée et les actes posés.

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