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« Nous refusons que nos établissements deviennent des lieux où l’on aide à faire mourir » : 150 dirigeants d’institutions de santé lancent un cri d’alarme

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"Laissez-nous soulager la souffrance sans aider à faire mourir !"

Deux semaines après l’adoption définitive de la loi sur l’aide à mourir, un collectif inédit de 150 dirigeants d’établissements de santé d’inspiration chrétienne publie un appel solennel. Hôpitaux, maisons de soins palliatifs, Ehpad, congrégations religieuses : tous refusent que leurs établissements soient contraints d’accueillir des euthanasies ou des suicides assistés et réaffirment leur vocation première : soigner, accompagner et soulager sans provoquer la mort.

Pas moins de 150 présidents, directeurs généraux, responsables de congrégations religieuses et administrateurs d’établissements de santé d’inspiration chrétienne ont signé une tribune intitulée : « Laissez-nous soulager la souffrance sans aider à faire mourir ! »

Parmi les signataires figurent les dirigeants des hôpitaux Saint-Joseph de Marseille, Paris et Lyon, de l’Ordre de Malte France, de la Fondation Saint-Jean-de-Dieu, de l’Institut catholique de Lille, de la CORREF, des Petites Sœurs des pauvres, de la Fondation Simon-de-Cyrène ou encore de nombreux Ehpad et maisons de soins palliatifs répartis sur tout le territoire. Dans leur texte, les signataires rappellent que leur engagement ne relève pas d’une position idéologique mais de leur mission de soin. Ils écrivent :

« Nous sommes engagés au quotidien auprès des personnes malades, âgées, handicapées ou en fin de vie. Nous refusons que nos établissements deviennent des lieux où l’on aide à faire mourir. »

Ils dénoncent les conséquences concrètes de la nouvelle législation, rappelant que l’Assemblée nationale a rejeté les amendements qui auraient permis aux établissements de refuser la pratique de l’euthanasie ou du suicide assisté dans leurs murs. Selon eux, cette évolution constitue une remise en cause profonde de leur identité. L’un des passages les plus marquants de la tribune résume leur conviction : « Laissez-nous soulager la souffrance sans aider à faire mourir. »

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Les responsables soulignent que leurs établissements ont été fondés pour accueillir les plus fragiles, développer les soins palliatifs, accompagner les familles et protéger la dignité de toute personne jusqu’à sa mort naturelle. Ils craignent qu’une logique d’aide à mourir ne transforme profondément la relation de confiance entre soignants, patients et proches.Les signataires rappellent également que les soins palliatifs constituent, selon eux, la véritable réponse à la souffrance et appellent les pouvoirs publics à investir davantage dans leur développement plutôt que dans la mise en œuvre de l’euthanasie et du suicide assisté.

Au-delà de la diversité des institutions représentées, cette prise de position témoigne d’une rare unité du monde hospitalier d’inspiration chrétienne. Hôpitaux, maisons de retraite, fondations, congrégations religieuses et établissements spécialisés parlent d’une seule voix pour demander que soit respectée leur liberté institutionnelle de poursuivre leur mission historique : accueillir, soigner, accompagner et soulager, sans jamais provoquer délibérément la mort.

Texte intégral

Laissez-nous soulager la souffrance sans aider à faire mourir !

« Héritiers, avec beaucoup d’autres, d’une tradition plurimillénaire de soutien aux malades, nous engageons nos intelligences, nos forces, nos cœurs, notre temps, nos investissements institutionnels pour prendre soin de ceux qui souffrent de solitude, de handicaps ou de maladie.

La loi sur la fin de vie veut nous contraindre à laisser pratiquer dans nos établissements des suicides assistés et des euthanasies. Être contraints, ce n’est pas consentir parce que nos consciences sont en souffrance.

L’analyste des conditions de travail, Christophe Dejours, parle depuis longtemps de la « souffrance éthique » : celle que créerait pour nos équipes l’obligation de permettre ces actes létaux alors que nous nous sommes engagés à aider à vivre au mieux jusqu’à la fin sans provoquer la mort ; celle de nous rendre complices d’actes que nos valeurs, nos chartes et nos statuts réprouvent ; celle de contribuer à ce que certaines personnes vulnérables puissent intégrer qu’elles sont un fardeau et qu’il serait profitable de mourir pour soulager leurs proches ou la société.

Nous n’ignorons pas les cas difficiles ; nous y répondons déjà en mobilisant nos compétences grâce à l’expertise des soins palliatifs et à notre engagement très fort dans les établissements médico-sociaux au service des personnes âgées et des personnes en situation de handicap. Dans ces derniers établissements, l’enjeu n’est pas seulement de soulager toutes les formes de souffrances mais aussi de donner à la vie du goût et du sens en situation de handicap, de maladie ou de grand âge. La solidarité, le soutien, les soins palliatifs et l’innovation permanente seront toujours nos réponses.

Nous avons besoin de moyens, de liberté, de créativité, de reconnaissance pour pouvoir répondre toujours plus et toujours mieux à la demande de ceux qui souffrent, qui viennent vers nous et nous font confiance.

Laissez-nous librement soulager la souffrance sans aider à faire mourir !   « 

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