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Pas de pause estivale pour les vols et les profanations dans les églises de France

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Faudra-t-il bientôt que ces sanctuaires, dont la vocation est de rester ouverts à tous, ferment leurs portes en dehors des célébrations, comme des commerces après leurs heures d’ouverture ? Que cette question puisse désormais sérieusement se poser en dit déjà long sur notre époque

Les églises françaises ne connaissent pas de trêve estivale. Entre incendie volontaire, vols d’objets liturgiques et dégradations, plusieurs nouveaux incidents ont été enregistrés ces derniers jours. Tous n’ont ni la même nature ni nécessairement les mêmes motivations, mais leur succession rappelle la vulnérabilité persistante des édifices religieux.

Vendredi 7 août 2026, vers 14 heures, des passants aperçoivent de la fumée à l’intérieur de l’église Saint-Jean-Baptiste de Lullin, en Haute-Savoie.Ils découvrent deux foyers distincts : un pupitre supportant un livre de prières est en feu tandis que des prospectus disposés sur une table brûlent également. Les témoins sortent rapidement les objets enflammés, évitant une propagation du sinistre. Selon Le Dauphiné Libéré, le maire Nicolas Frossard a confirmé la nature des faits : « L’origine criminelle est certifiée par la gendarmerie. » La commune a déposé plainte. Le mobile reste pour l’heure inconnu et rien ne permet donc d’affirmer que l’auteur a agi par haine de la religion chrétienne.

Quelques heures plus tard, dans la nuit du vendredi 7 au samedi 8 août, l’église Saint-Symphorien de Chambray-lès-Tours, en Indre-et-Loire, est à son tour prise pour cible.Cette fois, les voleurs s’attaquent directement aux biens conservés dans l’édifice et sa sacristie. Parmi les objets signalés comme dérobés figurent des calices, des crucifix, des bénitiers, des vases et des porte-cierges. Le maire Christian Gatard a décrit l’ampleur du cambriolage : « Les voleurs ont piqué tout ce qui était possible de piquer », ajoutant que dans la sacristie, « tout ce qui avait de la valeur a été volé ».L’inventaire définitif et le montant du préjudice n’étaient pas encore connus. Une plainte doit être déposée. Plus préoccupant encore, l’église avait déjà subi des dégradations environ deux semaines auparavant, sans qu’aucun objet ne soit alors dérobé.

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Saint-Symphorien n’est pas un cas isolé. Selon les informations rapportées par le Journal du Dimanche, quatre cambriolages de lieux de culte ont été recensés en trois semaines dans l’agglomération tourangelle. Le 22 juillet, l’église Sainte-Jeanne-d’Arc de Tours avait été cambriolée. Le lendemain, 23 juillet, l’église Sainte-Geneviève de Luynes était à son tour visitée. Dans ces deux affaires, les auteurs avaient notamment dérobé de l’argent provenant des fidèles.Rien ne permet actuellement d’affirmer que ces différents cambriolages sont l’œuvre des mêmes personnes. Leur proximité géographique et chronologique devrait néanmoins retenir l’attention des enquêteurs.

Quelques jours auparavant, mercredi 5 août, un incendie s’était déclaré vers 15 h 15 dans l’église Saint-Jacques de Chaux-Neuve, dans le Doubs, édifice protégé au titre des monuments historiques. L’intervention avait nécessité 26 sapeurs-pompiers et huit engins. Un meuble situé dans l’église avait pris feu, provoquant un important dégagement de fumée. Contrairement à Lullin, aucun acte criminel n’est toutefois retenu : les premiers éléments de l’enquête évoquent une bougie ayant fondu et provoqué accidentellement l’embrasement d’un meuble. Reste qu’à l’approche du 15 août et de la fête de l’Assomption, les affaires de Lullin et de Chambray-lès-Tours viennent s’ajouter à la longue liste de cambriolages d’églises. À cette succession de vols et d’atteintes aux édifices religieux s’ajoute une autre affaire révélatrice : le 8 août dernier à Stains, en Seine-Saint-Denis, un contrôle routier a permis de découvrir dans un fourgon une importante quantité d’objets religieux dérobés dans des églises et des cimetières. Selon Police & Réalités, les deux occupants du véhicule, de nationalité roumaine, ont été interpellés et placés en garde à vue pour recel de vol, sans qu’un lien soit à ce stade établi avec les autres affaires évoquées.

Incendie criminel d’un côté, calices, crucifix et bénitiers emportés de l’autre : derrière des motivations qui restent à établir, une réalité demeure, celle d’édifices catholiques ouverts à tous et, précisément pour cette raison, particulièrement vulnérables. Mais au-delà des vols et des dégradations, ces actes disent aussi quelque chose d’une société où le sens du sacré semble s’est effacé. Avec l’effacement progressif de la culture chrétienne qui imprégnait profondément la société française, l’église elle-même n’apparaît plus comme un lieu à part, inviolable et digne d’un respect particulier. La fin de l’ère chrétienne semble ainsi avoir emporté avec elle une part de cette frontière autrefois posée autour du sacré.

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