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Saint Maximilien Kolbe, martyr de la charité à Auschwitz

Saint Maximilien Kolbe - DR
Saint Maximilien Kolbe - DR
Missionnaire, il part également en Asie et fonde notamment une communauté au Japon avant de revenir en Pologne

Né en 1894 à Zduńska Wola, en Pologne alors sous domination russe, Raymond Kolbe grandit dans une famille catholique profondément croyante. Entré chez les Frères mineurs conventuels en 1910, il prend le nom de Maximilien. Après des études à Rome, notamment à l’Université grégorienne, il est ordonné prêtre le 28 avril 1918.Sa vie sacerdotale est marquée par une dévotion particulièrement intense à la Vierge Marie. En 1917, encore séminariste à Rome, il fonde avec plusieurs frères la Milice de l’Immaculée, œuvre destinée à contribuer à l’évangélisation et à la conversion des hommes par l’intercession de Marie.

Mais Maximilien Kolbe comprend aussi très tôt l’importance des moyens modernes de communication. De retour en Pologne, il développe une importante activité éditoriale et fonde à Niepokalanów, la « Cité de l’Immaculée », un vaste centre franciscain d’apostolat. Presse, imprimerie et plus tard radio : pour lui, les techniques nouvelles doivent pouvoir être mises au service de l’annonce de l’Évangile. Missionnaire, il part également en Asie et fonde notamment une communauté au Japon avant de revenir en Pologne.

La Seconde Guerre mondiale fait basculer son existence. Après l’invasion de la Pologne par l’Allemagne nazie, le religieux est arrêté. Une nouvelle arrestation intervient en février 1941. Le 28 mai, il est transféré au camp de concentration et d’extermination d’Auschwitz, où il devient le détenu n° 16670. C’est là que se déroule l’événement qui fera de Maximilien Kolbe l’une des grandes figures chrétiennes du XXe siècle.

Après l’évasion d’un prisonnier, dix détenus sont désignés pour mourir de faim en représailles. Parmi eux figure Franciszek Gajowniczek, militaire polonais et père de famille. À l’annonce de sa condamnation, celui-ci pense à sa femme et à ses enfants. Maximilien Kolbe sort alors des rangs et demande à mourir à sa place. Sa proposition est acceptée.

Enfermé avec les autres condamnés dans le bunker de la faim, le franciscain accompagne ses compagnons dans leurs derniers jours par la prière. Après plusieurs jours, Kolbe est toujours vivant. Le 14 août 1941, ses bourreaux mettent finalement fin à ses jours par une injection létale.

Béatifié par Paul VI en 1971, Maximilien Kolbe est canonisé le 10 octobre 1982 par saint Jean-Paul II, qui le proclame martyr. Franciszek Gajowniczek, l’homme auquel il avait donné sa propre vie, assiste à la cérémonie.Le geste de Kolbe ne fut pas une improvisation héroïque surgie au dernier instant. Il apparaît comme l’aboutissement d’une existence entièrement orientée vers le don de soi.À Auschwitz, là où l’idéologie nazie avait entrepris de nier radicalement la dignité de l’homme, un prêtre opposa ainsi à la logique de la force celle de l’Évangile : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime » (Jn 15, 13).

À la veille de l’Assomption, l’Église fait ainsi mémoire d’un homme qui avait confié toute sa vie à l’Immaculée et qui, au cœur de l’une des plus grandes tragédies du XXe siècle, choisit librement de donner sa vie pour qu’un autre puisse vivre.

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