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Allemagne : malgré le rappel du Vatican sur la théorie du genre, les écoles catholiques de Hambourg maintiennent leur programme

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À Hambourg, un programme d’éducation sexuelle controversé s’applique désormais dans quinze écoles catholiques. Saisi par des parents, le Vatican vient de rappeler les principes de l’Église sur le genre et la responsabilité première des familles

La rentrée scolaire n’a pas refermé le conflit qui oppose depuis plus d’un an l’archidiocèse de Hambourg à un collectif de parents. En cause : un document de 33 pages intitulé Männlich, weiblich, divers (« Masculin, féminin, divers »), destiné à encadrer l’éducation sexuelle dans les établissements catholiques de l’archidiocèse. Le texte a été présenté le 4 juin 2025 par le vicaire général, le père Sascha-Philipp Geißler, comme un cadre pour une éducation sexuelle « contemporaine, fondée sur des valeurs et scientifiquement étayée ». Il concerne quinze écoles catholiques, chargées de décliner ces orientations dans leurs propres programmes.

Lors de cette présentation, l’archidiocèse expliquait vouloir prendre en compte « la diversité des orientations sexuelles et des identités de genre ». Le père Geißler estimait également que « l’attitude de l’Église catholique envers la sexualité doit continuer à évoluer ». Des déclarations qui permettent de mesurer la portée du projet au-delà d’une simple actualisation pédagogique.

Le programme aborde dès l’école primaire différentes formes de vie familiale. Avec l’âge, les élèves sont conduits à étudier différentes identités sexuelles et formes de relations. Le document distingue notamment le sexe biologique de l’identité sociale et évoque les catégories transgenre, intersexe et non binaire.

Ces orientations ont provoqué la réaction d’un collectif réunissant plus de 200 parents, enseignants, médecins et juristes. Ses membres estiment que plusieurs passages s’éloignent de l’anthropologie chrétienne et contestent également la place laissée aux parents dans l’éducation affective et sexuelle de leurs enfants.

Après avoir interpellé l’archevêché, ils se sont donc tournés vers Rome.

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Dans sa réponse, rendue publique en août 2026, le Dicastère pour la Culture et l’Éducation rappelle que le document de référence de l’Église demeure Homme et femme il les créa. Pour une voie de dialogue sur la question du genre dans l’éducation, publié le 10 juin 2019 par l’ancienne Congrégation pour l’éducation catholique. Ce texte romain mettait précisément en garde contre les théories qui établissent une séparation entre sexe biologique et genre. Il dénonçait une conception selon laquelle « l’identité personnelle et l’intimité affective deviennent toujours plus radicalement indépendantes de la différence biologique entre homme et femme ».

Le document de 2019 rappelait également un principe particulièrement important dans l’affaire de Hambourg : « la famille est le lieu naturel où cette relation de réciprocité et de communion entre l’homme et la femme trouve sa pleine réalisation ». Il insistait sur le « droit primaire » et la « très grave obligation » des parents concernant l’éducation de leurs enfants. La réponse romaine ne constitue cependant pas une condamnation formelle du programme allemand. Le dicastère ne l’examine pas article par article et n’ordonne pas son retrait. Il réaffirme en revanche explicitement le texte doctrinal auquel l’enseignement catholique doit se référer.

Les opposants au projet hambourgeois affirment avoir identifié vingt points de divergence avec les orientations de Rome et demandent désormais à l’archevêque de Hambourg, Monseigneur Stefan Heße, en fonction depuis mars 2015, de retirer le programme.

L’archidiocèse maintient pour l’heure son dispositif. Il affirme que celui-ci a reçu un large soutien des directions d’établissements, de représentants des parents et des responsables de la pastorale scolaire. Une évaluation est prévue à partir de l’année scolaire 2027-2028.

L’affaire de Hambourg pose ainsi une question qui dépasse largement les frontières allemandes : celle de la cohérence entre l’identité revendiquée par un établissement catholique et les catégories anthropologiques qu’il transmet à ses élèves. Rome vient de rappeler le texte qui fait référence. Reste désormais à savoir comment l’archevêché de Hambourg entend concilier son programme avec celui-ci.

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