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Deuxième nuit de saccages à Paris, des églises forcées à Marseille et dégradées à Grenoble : une terreur organisée

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COMMUNIQUE DU CARDINAL AVELINE : "Notre ville et notre pays méritent mieux que cela"

La France se réveille dans un climat de violence et d’inquiétude. Pour la deuxième nuit consécutive, Paris a connu des pillages et des affrontements. Depuis samedi, commerces dévastés, bâtiments publics attaqués et policiers blessés interrogent la capacité de l’État à garantir la sécurité des Français. Le bilan national est considérable : quelque 1 200 interpellations et 150 membres des forces de l’ordre blessés avaient été recensés samedi.

Rappelons qu’à Limoges, l’hôtel de ville a été ravagé par un incendie. À Marseille, la mairie a été envahie et dégradée. À Lyon et Bordeaux, les destructions ont également été importantes. A Paris,des pillards organisés ont dévalisé des boutiques tandis que des véhicules récupéraient les marchandises. Les pillages méthodiques ont également été décrits par de nombreux commerçants parisiens: cela n’adonc rien à voir avec un mouvement social. À Paris, des immeubles d’habitation ont également été envahis . Lorsque le désordre atteint les portes des logements, c’est la sécurité des familles, des personnes âgées et des plus vulnérables qui est compromise.

Le cardinal Aveline : « Notre ville et notre pays méritent mieux que cela »

Dimanche 18 octobre, le cardinal Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille, a dénoncé dans un communiqué des magasins pillés, des églises forcées, l’hôtel de ville envahi et dégradé, un commissariat saccagé et des policiers agressés. Exprimant sa solidarité avec les victimes, il a appelé à refuser l’engrenage de la violence et invité les croyants à prier pour le retour de la paix. Son message rappelle qu’une société ne peut durablement vivre sous l’empire de la peur. Le père Joseph Phung, curé de Sainte-Trinité La Palud, a témoigné auprès de l’Agence France-Presse des pillages auxquels il avait assisté. Profondément choqué, il a rappelé : « On a le droit de manifester, mais on n’a pas le droit de voler. » Il a également exprimé sa volonté de prier pour les jeunes et les manifestants.

À Grenoble, l’église Saint-Louis a également subi des dégradations. Si aucun mobile antichrétien n’est officiellement établi, ces atteintes aux églises n’en demeurent pas moins profondément préoccupantes : elles touchent aussi les valeurs fondatrices de notre héritage commun.

Au XIIIe siècle, saint Thomas d’Aquin rappelait déjà, dans la Somme théologique (IIa-IIae, question 66, article 8), que la puissance publique est confiée aux gouvernants pour être gardienne de la justice. Dans la question 58, article 6, il enseigne que la justice doit être ordonnée au bien commun. Cette conception demeure essentielle : l’autorité n’existe pas pour elle-même, mais pour protéger la communauté.

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Protéger les petits, les faibles et les vulnérables n’est pas une faveur accordée par l’État. C’est l’un de ses devoirs les plus fondamentaux.

Une personne âgée qui n’ose plus sortir, un commerçant incapable de défendre son magasin, une famille terrorisée dans son quartier ne peuvent être abandonnés à la loi du plus fort. Le Catéchisme de l’Église catholique, au numéro 1909, rappelle que le bien commun implique notamment la sécurité de la société et de ses membres.

Depuis samedi, les condamnations politiques se multiplient. Emmanuel Macron a dénoncé les violences, tandis que les responsables politiques débattent des défaillances du maintien de l’ordre. À Paris, le maire Emmanuel Grégoire a lui-même dénoncé des insuffisances dans la protection des commerces. Mais derrière les déclarations demeure une question : pourquoi tant de citoyens ont-ils dû assister, impuissants, à la destruction de leurs biens ?

La véritable justice sociale commence aussi par la protection de ceux qui n’ont pas les moyens de se défendre.

Au lendemain de ces deux nuits de troubles, la France n’a pas seulement besoin de condamnations solennelles ou de querelles partisanes. Elle a besoin que l’autorité publique remplisse effectivement sa mission. Car la première responsabilité d’un État n’est pas de commenter le désordre, mais d’empêcher que les plus faibles en deviennent les victimes. Une société qui laisse les plus vulnérables subir la violence de bandes de casseurs renonce à l’une des conditions premières du bien commun.

COMMUNIQUÉ DU CARDINAL AVELINE

            « Hier, notre ville, comme bien d’autres en France, a été la proie de violences inacceptables : en marge des manifestations prévues, des magasins ont été pillés, des églises forcées, l’hôtel de ville envahi et dégradé, un commissariat saccagé, des membres des forces de l’ordre agressés. Avec toute l’Église de Marseille, je souhaite exprimer mon soutien et ma solidarité aux personnes qui ont été blessées et aux commerçants qui ont été victimes de ce vandalisme. J’appelle chacun à ne pas se laisser emporter par l’engrenage de cette violence : notre ville et notre pays méritent mieux que cela. Avec tous les croyants, nous prions pour que cessent ces troubles et que la paix revienne.

Marseille, le 18 octobre 2026

+ Cardinal Jean-Marc Aveline

Archevêque de Marseille »

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