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À Nevers, quatre siècles de présence religieuse s’achèvent : les Visitandines organisent leur « vide-couvent »

Monastère de la Visitation à Nevers - DR
Monastère de la Visitation à Nevers - DR
L’événement marque concrètement la fin d’une présence religieuse dont les racines remontent au XVIIe siècle

Quelques meubles, des bibelots, de la vaisselle, des bureaux, des tables, des armoires et des buffets : les objets proposés à la vente pourraient sembler bien ordinaires. Ils prennent pourtant une tout autre signification lorsqu’ils sont ceux d’un monastère qui s’apprête à fermer ses portes. À Nevers, les sœurs de la Visitation préparent leur départ et organisent, les samedis 12 et 19 septembre, de 13 h 30 à 17 h 30, un « vide-couvent » au 49, route des Saulaies.

L’événement marque concrètement la fin d’une présence religieuse dont les racines remontent au XVIIe siècle. L’ordre de la Visitation Sainte-Marie avait été fondé en 1610 à Annecy par saint François de Sales et sainte Jeanne de Chantal. Quelques décennies plus tard, les Visitandines étaient durablement inscrites dans l’histoire spirituelle de Nevers. La ville en conserve d’ailleurs un témoignage architectural remarquable : la chapelle Sainte-Marie, construite entre 1639 et 1643, aujourd’hui classée au titre des monuments historiques. Sa remarquable façade baroque demeure le principal vestige de l’ancien couvent de la Visitation. L’histoire de la communauté n’a cependant pas été continue. Révolution, déplacements et expulsions ont plusieurs fois bouleversé son existence. Après différentes étapes, les Visitandines revinrent à Nevers en 1935. Elles s’installèrent finalement en 1993 dans le monastère de la route des Saulaies, aujourd’hui concerné par ce départ.

Depuis plusieurs années, la diminution du nombre de religieuses rendait cependant l’avenir de la communauté de plus en plus fragile. Au début de l’année 2025, elles n’étaient déjà plus que quatre. En mars, deux religieuses âgées quittèrent Nevers, l’une pour Thonon-les-Bains et l’autre pour Paray-le-Monial. Seules Sœur Marie-Odile et Sœur Marie-de-Fatima demeuraient alors sur place. La fermeture n’était pourtant pas encore annoncée. Sœur Marie-Odile avait même voulu écarter cette perspective par une formule volontairement rassurante : « Les ornements violets que portent nos prêtres aujourd’hui ne sont pas ceux d’un enterrement ! » La prière et l’accueil devaient se poursuivre. Dix-huit mois plus tard, la vente du mobilier donne au départ une réalité beaucoup plus tangible.

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Cette disparition dépasse le seul cas de Nevers. Elle illustre la situation de plusieurs communautés contemplatives françaises confrontées au vieillissement de leurs membres et à la raréfaction des vocations. Lorsque quelques religieuses seulement demeurent dans un vaste monastère, maintenir durablement la vie communautaire devient particulièrement difficile. La disparition d’une communauté contemplative ne saurait pourtant être appréciée selon les critères ordinaires de fréquentation ou de rentabilité. La vocation des Visitandines est d’abord celle de la prière, du silence et d’une vie entièrement consacrée à Dieu, dans la spiritualité héritée de saint François de Sales et de sainte Jeanne de Chantal.

C’est ce qui donne à ce « vide-couvent » une signification particulière. Derrière les armoires, les tables et la vaisselle qui changent de mains, c’est une présence silencieuse qui disparaît de Nevers.

Des interrogations subsistent désormais sur la date définitive du départ des dernières religieuses et sur l’avenir du monastère de la route des Saulaies. Mais une chose est déjà certaine : avec le départ des Visitandines, une très ancienne page de l’histoire catholique de Nevers est en train de se refermer.

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