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Affaire Rupnik : Le Vatican piétine et laisse le scandale s’éterniser

Les mosaïques de Marko Rupnik sur la basilique du Rosaire à Lourdes - Capture Youtube
Les mosaïques de Marko Rupnik sur la basilique du Rosaire à Lourdes - Capture Youtube
Le pape François, souvent perçu comme un réformateur, reste silencieux sur cette affaire. Un silence qui est difficile à comprendre.

La récente publication par Vatican News de photos des œuvres de Marko Rupnik, ex-jésuite slovène accusé de graves abus sexuels, suscite une vive controverse. Ces photos publiées le 15 août, jour de la fête de l’Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie, soulève des questions sur la cohérence du Vatican dans sa lutte contre les abus sexuels au sein de l’Église.

Il est surprenant de constater que le Dicastère pour la Communication continue de mettre en avant les œuvres de Rupnik, malgré les accusations graves qui pèsent sur lui. Paolo Ruffini, préfet de ce dicastère, a justifié cette décision en déclarant que, « comme chrétiens, nous sommes appelés à ne pas juger », et que retirer ces œuvres serait une forme de « jeter des pierres » qui ne guérirait pas les blessures des victimes. Cette position soulève des interrogations quant à la sensibilité du Vatican face aux souffrances des victimes d’abus sexuels.

La publication des œuvres de Rupnik le jour de l’Assomption est particulièrement troublante. Comment le Vatican peut-il célébrer la Mère du Christ tout en continuant à soutenir un artiste accusé de tels actes? Le cardinal Sean O’Malley, président de la Commission pontificale pour la protection des mineurs, avait pourtant recommandé d’arrêter la diffusion de ces œuvres, invoquant la « prudence pastorale » pour éviter de sembler défendre les abusateurs ou d’ignorer la douleur des victimes.

Cette décision du Vatican est d’autant plus déroutante qu’elle révèle une indécision persistante face à un scandale qui exige des réponses claires et courageuses. Le pape François, souvent perçu comme un réformateur, reste silencieux sur cette affaire, un silence qui est difficile à comprendre. L’amitié supposée entre le pape et Rupnik, ainsi que l’influence de ce dernier au Vatican, compliquent encore la situation.

Le manque de fermeté et de clarté du Vatican dans ce dossier laisse perplexe. En s’appuyant sur des justifications fragiles pour maintenir les œuvres de Rupnik en avant, l’Église semble hésiter à affronter les réalités d’un scandale qui continue de ternir son image. Les victimes et leurs défenseurs ont des raisons de s’interroger sur la véritable volonté de l’institution de rendre justice.

Le cas Rupnik est devenu emblématique d’une crise que le Vatican peine à résoudre. En continuant à exposer les œuvres de Rupnik tout en évitant de prendre des mesures concrètes, l’Église semble privilégier l’apparence à la vérité, et la protection de ses membres influents à la justice pour les victimes. Cette situation fait craindre que ce scandale ne s’achève jamais vraiment et que les réformes tant attendues restent encore une fois des promesses non tenues.

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