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« Appelé par Dieu à servir son pays » : le chrétien Abelardo de la Espriella élu président de la Colombie

Abelardo de la Espriella - Depositphotos
Abelardo de la Espriella - Depositphotos
Avocat médiatique devenu figure incontournable de la droite colombienne, Abelardo de la Espriella a remporté l’élection présidentielle au terme d’un scrutin particulièrement serré. Celui qui avait affirmé avoir répondu à un appel de Dieu accède désormais à la magistrature suprême d’un pays profondément divisé

La Colombie a choisi l’alternance. À l’issue du second tour de l’élection présidentielle du 21 juin, l’avocat Abelardo de la Espriella s’est imposé face au candidat de gauche Iván Cepeda dans un scrutin d’une rare intensité. Avec un écart inférieur à un point, cette élection figure parmi les plus serrées de l’histoire récente du pays. À 47 ans, celui qui n’avait jamais exercé de mandat électif devient le nouveau président de la Colombie. Connu pour sa carrière d’avocat pénaliste, ses interventions médiatiques et ses prises de position conservatrices, il a bâti sa campagne sur la restauration de l’autorité de l’État, la lutte contre l’insécurité et la relance économique.

Mais sa candidature s’est également distinguée par une dimension spirituelle rarement mise en avant avec autant de force dans une campagne présidentielle. Lors de son entrée en politique, Abelardo de la Espriella avait déclaré : « J’avais dit que je ne me lancerais dans la politique que si mon pays était en grave danger, et Dieu m’a révélé que ce moment était venu. Ce n’est pas seulement une bataille politique, mais aussi une bataille morale et spirituelle. » Cette déclaration a marqué les esprits. Au-delà de la formule, elle traduit une vision de l’engagement public qui dépasse les seuls enjeux électoraux.

Pour le nouveau président, la crise que traverse la Colombie n’est pas uniquement économique ou sécuritaire. Elle touche également aux fondements moraux de la société et à la place des valeurs dans la vie publique.

Tout au long de la campagne, Abelardo de la Espriella a revendiqué son attachement à la foi chrétienne. Sans transformer l’élection en débat religieux, il s’est présenté comme un défenseur de la famille, de la liberté religieuse et du droit des croyants à participer pleinement à la vie publique. Ces positions lui ont valu le soutien d’une partie importante des électeurs chrétiens, catholiques et évangéliques. Sa victoire constitue également un tournant politique majeur pour la Colombie. Après les années marquées par la présidence de Gustavo Petro et de ses alliés, une partie de l’électorat a manifestement souhaité un changement de direction. Les préoccupations liées à la sécurité, au narcotrafic et à la stabilité économique ont largement pesé dans le vote.

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Rappelons qu’en mai dernier, Monseigneur Francisco Javier Múnera Correa a renouvelé la consécration de la Colombie au Cœur Immaculé de Marie. À cette occasion, il appelait les responsables politiques à travailler pour « un projet national caractérisé par la justice, l’équité, la solidarité et la recherche de la vérité ». Le nouveau chef de l’État devra toutefois gouverner un pays profondément partagé. La faible différence de voix entre les deux candidats témoigne de divisions importantes au sein de la société colombienne. Son principal défi sera donc de rassembler au-delà de son camp et de restaurer la confiance dans les institutions. Abelardo de la Espriella prendra officiellement ses fonctions le 7 août prochain.

Pour de nombreux observateurs, son élection représente bien davantage qu’une alternance politique. Elle marque l’arrivée au pouvoir d’un homme qui a publiquement présenté son engagement comme une mission au service de son pays, convaincu que la réponse aux crises de la Colombie passe aussi par un renouveau moral et spirituel.

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