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Chartres ou le courage de la Foi

@tribunechretienne
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"Ils accomplissent avec confiance ce que d’autres avant eux , leurs parents, leurs grands-parents, parfois leurs amis , ont eux-mêmes accompli. Avec courage. C’est cela, le mystère de la Foi à Chartres"

Ils étaient un chapelet de vingt mille pèlerins à prendre la route vers Chartres en cette Pentecôte 2026.
Comme depuis quarante-quatre ans désormais.Quarante-quatre années à marcher vers la cathédrale, vers Notre-Dame, vers le Christ.Cette année encore, ils venaient célébrer la messe avec le cardinal Burke, représentant du Saint-Père.Ce pèlerinage est un mystère. D’abord pour ceux qui le vivent.

Les jeunes, les très jeunes bien sûr ,la moyenne d’âge tourne autour de vingt ans, mais aussi les plus âgés ; les femmes ; les Parisiens ; les Vendéens ; les étrangers ; les croyants fervents ; les « tradis » ; quelques athées même ; et jusqu’à des protestants. Les solides comme les fragiles. Les joyeux comme ceux qui marchent avec leurs blessures. Tous ont une raison de poursuivre leur route malgré les quarante degrés de ce week-end de Pentecôte, malgré la fatigue, malgré les ampoules, malgré les nuits trop courtes.Alors qu’on les invitait partout ailleurs à consommer, à se divertir, à oublier, eux ont choisi autre chose : le feu de la Foi qui brûle en eux. Ils ont choisi de marcher durement pour rallier Chartres.

Certains sont convaincus que l’offrande de cette marche pour le Christ leur apportera quelque chose. Quelque chose d’invisible. Peut-être même d’insensible. Mais quelque chose qui portera du fruit. Alors ils chantent. Ils prient. Ils avancent. Ils ont quitté leur téléphone , il ne sert presque à rien dans la Beauce où le réseau disparaît aussi vite que le superflu. Et finalement, cela les libère.

Ils accomplissent avec confiance ce que d’autres avant eux , leurs parents, leurs grands-parents, parfois leurs amis , ont eux-mêmes accompli. Avec courage. C’est cela, le mystère de la Foi à Chartres.

Mais le pèlerinage demeure aussi un mystère pour ceux qui ne le connaissent pas. Pour ceux qui ne l’ont jamais fait, mais qui veulent pourtant en parler. Ils le critiquent parce qu’ils pensent que ces jeunes qui marchent un week-end entier pour rencontrer le Christ sont étranges. Dangereux même. Alors ils ne voient que les rangers, les scouts, les croix et les fleurs de lys. Ils caricaturent ce qu’ils refusent de comprendre. Pourtant, le pèlerinage n’est pas un musée. Il est vivant. Oui, l’amour du Christ est puissant. Il dérange parfois ceux qui le méprisent ou le redoutent consciemment.

Mais Chartres n’invite ni à la haine ni au repli. Chartres invite à la miséricorde. Et vivre ce pèlerinage permet de comprendre une chose plus profonde encore : si certains le critiquent avec autant de dureté, ce n’est pas parce qu’il serait différent du monde ; c’est parce qu’il demeure l’image fidèle et éternelle d’une communauté vivante, forte, enracinée, à laquelle beaucoup ont renoncé à appartenir. Alors ils regardent de loin ce qu’ils ne comprennent plus. Ne voyant dans ce rassemblement que des silhouettes en short, des sacs trop lourds et des bannières au vent, ils passent à côté de l’essentiel : un peuple qui prie ensemble. Car le pèlerinage est finalement à l’image de notre société : profondément hétéroclite. Il y a de tout à Chartres. Toutes les sensibilités, tous les tempéraments, toutes les histoires. Mais dans une fidélité commune au seul Chemin, à la seule Vérité, pour vivre la vraie Vie.

Et pendant trois jours, ils trouvent le courage de marcher ensemble. De porter les plus faibles. De ne laisser personne au bord du chemin. Puis vient enfin la messe. Le silence. La consécration. Et soudain, vingt mille personnes s’agenouillent d’un même mouvement. Pour une seule victoire. Celle de la Croix.

C’est cela aussi, le courage de la Foi à Chartres.

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