Plus de trente-cinq ans après l’ouverture de sa cause de béatification, le parcours vers les autels de Claire de Castelbajac connaît un temps d’arrêt. Selon les informations révélées par le Père Bernard Ardura, postulateur de la cause, le Vatican a demandé une pause dans l’examen du dossier consacré à cette jeune Gersoise décédée en 1975 à l’âge de 21 ans. Figure particulièrement attachante du catholicisme français contemporain, Claire de Castelbajac est née en 1953 dans une famille installée dans le Gers. Passionnée d’art, profondément croyante et attentive aux plus fragiles, elle s’efforçait de vivre l’Évangile dans les réalités les plus simples de l’existence. Son décès brutal, provoqué par une méningite foudroyante en janvier 1975, a profondément marqué tous ceux qui l’avaient connue. Très vite, sa réputation de sainteté s’est répandue bien au-delà de son entourage.
« J’aime tout le monde, j’ai envie de rendre le monde heureux,
ça doit être ça la joie de Dieu. »
Nombreux sont ceux qui voient en elle le témoignage d’une sainteté accessible, vécue au cœur de la jeunesse, dans les études, les amitiés et la vie quotidienne. Ses lettres, ses carnets et les souvenirs laissés par ses proches ont contribué à faire connaître une personnalité rayonnante, animée par un profond désir de conduire les âmes vers Dieu.
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C’est dans ce contexte qu’a été ouverte sa cause de béatification en 1989. Depuis lors, un travail considérable a été mené afin de recueillir témoignages, documents et expertises. Le dossier transmis à Rome atteindrait aujourd’hui près de 15 000 pages. Pourtant, alors que de nombreux fidèles espéraient une avancée prochaine, le Vatican a demandé une pause dans l’examen de la cause. « La décision de faire une pause est collégiale et permettra, sans doute, un mûrissement de la cause », a expliqué le Père Bernard Ardura. Le postulateur souligne également qu’il s’agit d’une situation qui n’a rien d’exceptionnel dans le déroulement des procédures romaines.
Cette précision est importante. Dans le langage des causes de canonisation, une pause ne signifie pas nécessairement qu’une difficulté majeure a été découverte.
Rome peut souhaiter approfondir certains aspects du dossier, procéder à des vérifications complémentaires ou simplement laisser davantage de temps au discernement ecclésial.
Les causes de béatification suivent en effet des rythmes parfois très longs. Certaines connaissent des périodes de ralentissement avant de reprendre leur cours plusieurs années plus tard. L’Église entend s’assurer avec une grande prudence de la solidité de la réputation de sainteté des candidats proposés à la vénération des fidèles. À ce stade, aucun élément rendu public ne laisse penser à une remise en cause de la vie chrétienne de Claire de Castelbajac. Le vocabulaire employé par les responsables de la cause évoque davantage une étape de réflexion qu’un obstacle de fond. Pour les nombreux fidèles qui continuent de venir se recueillir sur sa tombe ou de confier leurs intentions à son intercession, cette décision constitue donc avant tout une attente supplémentaire. Une attente qui rappelle que, dans l’Église, le temps du discernement n’est pas toujours celui des impatiences humaines.


