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François Patriat : un franc-maçon honoré à l’église, comment comprendre ?

François Patriat -DR - Collégiale Notre Dame
François Patriat -DR - Collégiale Notre Dame
Il y a quelques jour encore, le cardinal Baldassare Reina, vicaire du pape pour le diocèse de Rome, refusait des funérailles ecclésiastiques à un franc-maçon assumé, dans le droit fil de la position constante de l'Église sur la franc-maçonnerie. Ce mardi 25 août, à Semur-en-Auxois, Mgr Antoine Hérouard a présidé les obsèques religieuses de François Patriat, dont l'appartenance maçonnique était publique

Il y a des images et des situations qui demandent au minimum une explication. Celles des obsèques de François Patriat, célébrées ce mardi matin à la collégiale Notre-Dame de Semur-en-Auxois, en font partie. L’ancien ministre et sénateur de Côte-d’Or, décédé le 19 août à l’âge de 83 ans, était une personnalité politique considérable en Bourgogne. Il était aussi un soutien historique d’Emmanuel Macron, qu’il avait rejoint dès les débuts de son aventure politique.Mais François Patriat était également connu pour son appartenance à la franc-maçonnerie. Une appartenance publique et assumée au cours de sa carrière.

Cela n’a pas empêché que ses obsèques religieuses soient présidées par Mgr Antoine Hérouard, archevêque de Dijon.

Voilà qui interroge d’autant plus que l’Église vient précisément de rappeler, en Italie, les conséquences que peut avoir une appartenance maçonnique publique au moment des funérailles. La position doctrinale, elle, ne prête guère à confusion. En 1983, la Congrégation pour la doctrine de la foi rappelait que le jugement négatif de l’Église sur les associations maçonniques demeurait « inchangé », leurs principes étant considérés comme inconciliables avec la doctrine catholique.

Bien entendu, le droit des funérailles demande un discernement particulier. L’Église ne prétend pas juger l’état de l’âme d’un défunt et des circonstances inconnues du public peuvent parfaitement avoir été portées à la connaissance de l’archevêché. François Patriat avait-il quitté la franc-maçonnerie ? Avait-il manifesté avant sa mort une démarche particulière envers l’Église ? Mgr Hérouard disposait-il d’éléments permettant de considérer que ces obsèques ne posaient aucune difficulté ? Pour l’heure, nous n’en savons rien.

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Mais une autre scène rend ces funérailles plus étonnantes encore.Le président Emmanuel Macron a pris la parole à l’intérieur de la collégiale pour rendre hommage à François Patriat. Et son intervention n’était pas seulement celle du président de la République saluant un ancien ministre ou un sénateur disparu. Elle était aussi celle d’un homme politique disant adieu à l’un de ses plus anciens et fidèles soutiens. « À chaque fois que je me suis retourné, François était là », a déclaré Emmanuel Macron. Le chef de l’État a rappelé le soutien apporté par François Patriat dès les débuts d’En Marche, sa fidélité et leur longue histoire politique commune.

Que le président rende hommage à un ami disparu est parfaitement compréhensible. Mais que cet hommage, comportant des références explicites à une aventure et à une fidélité politiques, soit prononcé au cœur d’une église catholique ne peut manquer de surprendre dans une France où la présence du religieux dans la vie publique provoque régulièrement d’interminables controverses sur la laïcité.

Personne ou presque ne semble pourtant s’en émouvoir cette fois-ci. Deux questions demeurent donc après ces obsèques. Comment l’archevêché de Dijon a-t-il apprécié la situation canonique d’un homme dont l’appartenance à la franc-maçonnerie était publiquement connue ? Et jusqu’où est-il opportun de transformer le chœur d’une église, pendant des obsèques religieuses, en tribune pour un hommage comportant une dimension aussi directement politique ? Il ne s’agit ni de juger François Patriat ni de contester la douleur de ses proches. Mais les fidèles sont en droit de comprendre. Une explication de Mgr Hérouard serait donc particulièrement bienvenue.

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