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En 48 heures, deux nouveaux signes de la haine antichrétienne en France

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Pour de nombreux catholiques, ces violences suscitent une inquiétude croissante mais aussi un sentiment d’indifférence générale. Chaque nouvelle profanation provoque une émotion brève avant de disparaître rapidement du débat public

En l’espace de quarante-huit heures, deux nouveaux actes visant directement des symboles et des institutions chrétiennes ont frappé la France. À Issoire, dans le Puy-de-Dôme, une école catholique a été recouverte de tags revendiquant une mouvance antifasciste et visant explicitement l’Église. À Paris, dans la célèbre église Saint-Germain-des-Prés, un homme a brisé un crucifix avant de voler une représentation du Christ en argent.Deux faits distincts, éloignés géographiquement, mais qui s’inscrivent dans une série continue d’atteintes visant le christianisme, son patrimoine et ses fidèles. Dans un contexte de hausse des actes antichrétiens recensés par les autorités, ces nouvelles attaques alimentent le sentiment d’une hostilité devenue régulière et  » familière  » envers les symboles catholiques en France.

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Les faits se sont produits dans la nuit du vendredi 16 au samedi 17 mai 2026 à Issoire, dans le Puy-de-Dôme. Les murs de l’institution catholique Sévigné Saint-Louis ont été recouverts de slogans injurieux et militants : « Enculus Papam », « No Pasaran », « Nid à racistes » ou encore « Antifa ». Pour les responsables de l’établissement, l’intention anticatholique ne fait aucun doute. L’école, qui accueille plus de mille élèves, est attenante à une chapelle du XIXe siècle actuellement en restauration grâce à une mobilisation associative et à des dons privés.

Depuis plusieurs mois, des banderoles avaient été installées afin de sensibiliser les habitants au projet de sauvegarde du monument religieux. Selon Jacques Fongarnand, président de l’OGEC de Sévigné Saint-Louis, ce sont probablement ces initiatives qui ont attiré les auteurs des dégradations.Une plainte doit être déposée auprès de la gendarmerie. L’association SOS Chapelle, engagée dans la rénovation de l’édifice, s’est dite « très choquée » par ce qu’elle considère comme « un acte anticatholique ». Une inscription en particulier a profondément marqué les bénévoles : « La voilà ta rénovation ! ». Depuis trois ans, ceux-ci tentent de sauver cette chapelle considérée comme l’un des fleurons du patrimoine local. Environ 50 000 euros ont déjà été récoltés, mais les besoins restent considérables.

Pour les responsables de l’établissement, l’émotion est d’autant plus forte que les élèves doivent désormais retrouver leur école face à ces messages de haine affichés sur les murs mêmes de leur lieu d’éducation.

Quelques heures plus tard, samedi 17 mai vers 16 heures, c’est l’église Saint-Germain-des-Prés, au cœur du VIe arrondissement de Paris, qui était touchée. Selon les informations communiquées par les autorités, un homme a pénétré dans l’édifice religieux avant de briser un crucifix afin de dérober une figurine du Christ en argent. Les faits se sont déroulés rapidement, en dehors de tout office religieux. Le maire du VIe arrondissement, Jean-Pierre Lecoq, a dénoncé sur le réseau X « une dégradation et un vol intolérables » et a appelé à ce que les auteurs soient identifiés. Au-delà de la valeur matérielle de l’objet volé, le geste porte une dimension hautement symbolique. Dans un lieu chargé de plusieurs siècles d’histoire chrétienne, c’est directement une représentation du Christ qui a été profanée.

Ces deux affaires surviennent dans un contexte déjà particulièrement préoccupant. Selon les chiffres du ministère de l’Intérieur relayés ces derniers mois, 322 actes antichrétiens avaient été enregistrés au premier semestre 2025, soit une hausse de 13 % par rapport à la même période de l’année précédente. Les atteintes aux biens religieux représentent l’immense majorité de ces actes : profanations, incendies, dégradations, vols d’objets liturgiques ou inscriptions haineuses. Les pillages d’églises connaissent également une forte progression. En 2024, 820 vols d’objets religieux ont été recensés dans les églises et chapelles françaises, soit une augmentation de près de 23 %. Partout sur le territoire, les exemples se multiplient : églises vandalisées, statues détruites, tabernacles forcés, croix renversées ou tags anticatholiques. Lourdes, Bordeaux, Nantes, Paris ou encore de nombreuses communes rurales ont récemment été confrontées à ce type d’attaques.

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Pour de nombreux catholiques, ces violences suscitent une inquiétude croissante mais aussi un sentiment d’indifférence générale. Chaque nouvelle profanation provoque une émotion brève avant de disparaître rapidement du débat public.

Ces nouveaux actes rappellent enfin que les violences visant les chrétiens en France s’inscrivent dans une histoire ancienne. De la Révolution française aux grandes vagues d’anticléricalisme du XIXe siècle, les catholiques ont régulièrement été pris pour cible dans l’histoire nationale. Églises détruites, prêtres exécutés ou exilés, communautés religieuses dissoutes : les périodes de tensions entre pouvoir politique et christianisme ont profondément marqué le pays.

Aujourd’hui, les formes ont changé. Les persécutions ne prennent plus le visage des massacres révolutionnaires, mais elles se traduisent par une succession régulière de dégradations, de profanations et d’attaques symboliques visant les lieux de culte et les symboles chrétiens.

Les faits d’Issoire et de Saint-Germain-des-Prés apparaissent ainsi comme deux nouveaux épisodes d’un phénomène plus profond : celui d’une haine antichrétienne persistante, diffuse mais réelle, qui continue de frapper la France d’aujourd’hui. Et à mesure que ces actes se répètent, une interrogation demeure pour de nombreux fidèles : jusqu’où cette banalisation de la violence antichrétienne pourra-t-elle se poursuivre avant de susciter une véritable prise de conscience nationale ?

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