Depuis 2000 ans

Jérusalem : Mahmoud Abbas appelle le pape Léon XIV à défendre les Églises face à la taxe israélienne

Depositphotos
Depositphotos
Dans une série de lettres adressées notamment au pape Léon XIV et au président Emmanuel Macron, le président palestinien Mahmoud Abbas demande une mobilisation internationale contre le projet de taxation de certaines propriétés ecclésiastiques par la municipalité de Jérusalem

Samedi 27 juin, le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a appelé les Églises et les institutions chrétiennes de Jérusalem-Est à rejeter toute application de la taxe municipale israélienne dite « Arnona » sur leurs propriétés. Dans plusieurs lettres adressées aux principaux responsables politiques et religieux de la communauté internationale, il dénonce une mesure qui, selon lui, menace directement la présence chrétienne dans la Ville sainte. Parmi les destinataires figurent le pape Léon XIV, le roi Abdallah II de Jordanie, le président français Emmanuel Macron, le président russe Vladimir Poutine, le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres ainsi que plusieurs dirigeants européens. Selon l’agence officielle palestinienne WAFA, Mahmoud Abbas souhaite attirer leur attention sur ce qu’il considère comme des « violations israéliennes visant les Églises et les institutions religieuses » de Jérusalem.

Au cœur du différend figure l’« Arnona », une taxe municipale israélienne sur les biens immobiliers, calculée en fonction de la superficie, de l’emplacement et de l’usage des bâtiments. Si les lieux de culte demeurent exemptés, la municipalité de Jérusalem estime que les bâtiments administratifs, commerciaux, les bureaux, les hôtels pour pèlerins ou les biens générant des revenus doivent être soumis à cette fiscalité. Les responsables des Églises contestent cette interprétation. Ils estiment qu’elle remet en cause les exemptions historiques accordées dans le cadre du statu quo des Lieux saints, qui concernent non seulement les églises mais aussi les écoles, les hôpitaux et les nombreuses œuvres caritatives qu’elles administrent.

Dans ses lettres, Mahmoud Abbas qualifie cette initiative de « violation flagrante et sans précédent » du statut historique et juridique de Jérusalem. Il y voit également « une attaque directe contre la présence chrétienne et les institutions religieuses ». Il ajoute : « Nous appelons les Églises à ne pas accepter ces mesures unilatérales ni à conclure d’accords avec les autorités occupantes israéliennes à ce sujet, compte tenu des risques qu’elles représentent pour le statut juridique de la ville et les accords bilatéraux en vigueur. »

Lire aussi

Le président palestinien rappelle également que la communauté internationale considère Jérusalem-Est comme un territoire occupé depuis 1967 et affirme que les décisions israéliennes ne sauraient conférer à Israël une quelconque souveraineté juridique sur les institutions chrétiennes et musulmanes de cette partie de la ville. Il réaffirme enfin que « la création d’un État palestinien indépendant sur les frontières de 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale, demeure la seule voie vers une paix juste et durable ». Dans sa lettre au Saint-Père, Mahmoud Abbas remercie par ailleurs Léon XIV pour « le soutien du Saint-Siège à la paix », pour la reconnaissance de l’État de Palestine par le Vatican et pour son engagement en faveur de la protection des droits des Églises de Jérusalem et de leur statut historique.

Rappelons que cette controverse n’est pas nouvelle. En février 2018, les chefs des Églises chrétiennes avaient fermé pendant trois jours la basilique du Saint-Sépulcre afin de protester contre une tentative similaire de recouvrement de plusieurs centaines de millions de shekels de taxes municipales. La mesure avait finalement été suspendue après une vive mobilisation internationale. Mais ces dernières années, la municipalité israélienne a relancé ses demandes de paiement, suscitant de nouvelles inquiétudes des responsables religieux qui redoutent que ces charges financières ne fragilisent les œuvres éducatives, sanitaires et caritatives de l’Église, tout en accélérant l’érosion de la présence chrétienne dans la Ville sainte.

Recevez chaque jour notre newsletter !