La nomination de Monseigneur Éric de Moulins-Beaufort au Dicastère pour l’Évangélisation est-elle un » « simple honneur » ou le signe d’une confiance appelée à se traduire par une mission plus importante ? Depuis l’annonce du Vatican, les rumeurs se multiplient aussi bien à Rome qu’en France.
Actuellement archevêque de Reims, Monseigneur Éric de Moulins-Beaufort figure parmi les prélats français les plus expérimentés. Ancien évêque auxiliaire de Paris, ancien secrétaire particulier du cardinal André Vingt-Trois et ancien président de la Conférence des évêques de France, il connaît parfaitement le diocèse de la capitale ainsi que les rouages de la Curie romaine. Sa récente entrée au sein du Dicastère pour l’Évangélisation, l’un des organismes les plus importants du Saint-Siège, est interprétée par certains observateurs comme une marque de confiance personnelle du pape Léon XIV. Sans constituer une annonce officielle, cette nomination renforce son profil au moment où circulent déjà de nombreuses hypothèses sur la succession de Monseigneur Laurent Ulrich à la tête de l’archidiocèse de Paris.
Une telle nomination présenterait une certaine logique. Ordonné prêtre pour le diocèse de Paris en 1991, Monseigneur Éric de Moulins-Beaufort y a exercé de nombreuses responsabilités avant d’être nommé archevêque de Reims en 2018. Son retour dans son diocèse d’origine constituerait une forme de continuité, au service de l’un des sièges épiscopaux les plus importants de l’Église en Europe. Si cette hypothèse venait à se concrétiser, beaucoup estiment qu’il serait ensuite créé cardinal lors d’un prochain consistoire. Si le cardinalat n’est pas juridiquement attaché au siège de Paris, la tradition veut que l’archevêque de la capitale française reçoive la barrette rouge, en raison du rôle particulier qu’il exerce au sein de l’Église de France et de ses liens privilégiés avec le Saint-Siège.
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Le futur archevêque de Paris aurait également plusieurs décisions importantes à prendre. Parmi elles figurerait notamment le choix d’un nouveau recteur pour la cathédrale Notre-Dame de Paris, une responsabilité particulièrement stratégique depuis la réouverture de l’édifice et le rayonnement retrouvé de la cathédrale.
Si Monseigneur Laurent Ulrich devra quitter ses fonctions en raison de son âge, rien ne permet aujourd’hui d’affirmer que Monseigneur Éric de Moulins-Beaufort est le choix du pape Léon XIV pour lui succéder. Les nominations épiscopales demeurent parmi les décisions les plus discrètes du Saint-Siège et échappent souvent à toutes les prévisions. Une certitude demeure cependant. En appelant l’archevêque de Reims à siéger au Dicastère pour l’Évangélisation, le pape Léon XIV vient de lui accorder une marque de confiance particulièrement significative. De quoi alimenter, plus que jamais, les spéculations sur le nom de celui qui pourrait, demain, devenir à la fois archevêque de Paris et cardinal.


