Chaque été depuis 1976, les Steubenville Summer Youth Conferences rassemblent des dizaines de milliers de lycéens et de jeunes adultes à travers les États-Unis. Organisées par la Franciscan University of Steubenville, ces rencontres proposent conférences, temps de prière, célébrations liturgiques, adoration eucharistique et témoignages. Cinquante ans après leur création, elles demeurent l’un des rendez-vous majeurs de la jeunesse catholique américaine.
À l’occasion de ce jubilé, le pape Léon XIV a adressé un message vidéo dans lequel il a choisi de placer sa réflexion sous le patronage de Saint François d’Assise. L’année 2026 marque en effet le huitième centenaire de la mort du saint italien. Le Saint-Père a rappelé la célèbre salutation franciscaine « Pace e bene », « Paix et tout bien », en soulignant qu’elle exprimait le désir profond de saint François de transmettre la paix autour de lui. Cette paix, a-t-il expliqué, n’est pas le fruit d’un simple effort humain mais un don reçu de Dieu. « Nous sommes appelés à devenir des instruments de sa paix », a déclaré Léon XIV, invitant les jeunes à profiter des temps de silence de la conférence pour découvrir la paix du Christ. Le pape s’est ensuite arrêté sur un autre thème central de la spiritualité franciscaine : la joie parfaite. Évoquant le célèbre récit de saint François et de frère Léon, il a rappelé que la véritable joie ne réside ni dans le succès, ni dans les honneurs, ni même dans les circonstances favorables de l’existence. Pour le saint d’Assise, la joie parfaite pouvait se vivre jusque dans l’épreuve lorsqu’elle était accueillie avec patience et par amour de Dieu.
Dans un passage particulièrement direct, Léon XIV a mis en garde les jeunes contre les faux chemins du bonheur. La joie authentique, a-t-il affirmé, ne se trouve ni dans les écrans, ni dans le défilement incessant des réseaux sociaux, ni dans la recherche effrénée du plaisir. Il a également évoqué les dangers de la drogue, de l’abus d’alcool, des relations superficielles ou de l’obsession de l’image de soi.
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Le Saint-Père a insisté sur une vérité qu’il considère comme fondamentale : chaque personne est aimée de Dieu sans condition. « Vous êtes précieux aux yeux de Dieu », a-t-il rappelé en citant le prophète Isaïe. Pour Léon XIV, c’est dans la certitude de cet amour que les jeunes peuvent trouver la force d’affronter les difficultés de la vie sans se laisser envahir par l’angoisse ou le découragement. Dans la dernière partie de son message, le pape a lancé un appel explicite aux vocations. Missionnaires, prêtres, religieux, religieuses ou fondateurs de familles chrétiennes, les jeunes sont invités à ne pas craindre de répondre à l’appel de Dieu. « Me voici, envoie-moi ! », a-t-il exhorté en reprenant les paroles du prophète Isaïe.
À travers cette intervention, Léon XIV a offert aux jeunes un message résolument spirituel. Face à une culture souvent tournée vers l’immédiateté et la performance, il a rappelé que la paix du cœur et la joie durable demeurent des dons de Dieu, accessibles à ceux qui acceptent de lui ouvrir leur vie.
Message vidéo du Saint-Père à l’occasion du 50e anniversaire des « Steubenville Summer Youth Conferences »
20 juin 2026
« Chers amis,
Je suis heureux de vous saluer alors que vous vous réunissez en différents lieux pour les Steubenville Summer Youth Conferences, en cette année qui marque le cinquantième anniversaire de ces rencontres. Comme vous le savez peut-être, nous célébrons également cette année le huitième centenaire de la mort de saint François. Puisque cet événement est organisé par la Franciscan University of Steubenville, j’ai pensé qu’il serait opportun de réfléchir au message que saint François pourrait adresser aux jeunes d’aujourd’hui. Je crois qu’il pourrait nous parler de nombreuses choses, mais particulièrement de la paix authentique et de la joie parfaite, car ces thèmes ont occupé une place importante dans sa vie.
Si vous aviez rencontré saint François dans les rues d’Assise au XIIIe siècle, il vous aurait peut-être regardés avec un sourire serein et plein d’amour en disant : « Pace e bene », c’est-à-dire « Paix et tout bien ». C’était une manière dont saint François saluait souvent les personnes, et cette formule exprimait l’un des désirs profonds de son cœur. Nous aussi, nous pouvons nous interroger : est-ce que je désire une véritable paix pour ceux qui croisent mon chemin ? Est-ce que je traite les autres d’une manière qui leur apporte la paix ?
Vous pourriez répondre que ce n’est pas toujours facile. Parfois, notre comportement, même envers ceux que nous aimons le plus, engendre davantage de frustration et de conflit que de paix. Nous devons garder à l’esprit que saint François pouvait semer la paix non grâce à ses propres efforts, mais parce qu’il portait en lui la source de la véritable paix. J’ai souvent répété que la paix est un don de Dieu, un don que nous recevons lorsque nous invitons le Seigneur dans notre cœur. Nous sommes alors appelés à devenir des instruments de sa paix, en la diffusant dans nos familles, nos communautés, nos pays et dans le monde entier.
Je vous invite donc à profiter des moments de silence durant cette conférence pour découvrir la paix du Christ qu’il a promise à ses disciples (cf. Jn 14, 27).
Saint François était également connu pour être une personne particulièrement joyeuse. Il se réjouissait de la beauté de la création, de l’infinie bonté et miséricorde de Dieu, ainsi que de la conversion des pécheurs. Pourtant, vous serez peut-être surpris de découvrir la manière dont il expliquait ce qu’est la joie parfaite.
Un soir d’hiver, alors qu’il revenait à Assise avec frère Léon, l’un des premiers membres de l’ordre franciscain, saint François commença à énumérer une longue liste de choses apparemment bonnes qui ne conduisent pourtant pas à la joie parfaite. À un moment donné, frère Léon s’exclama : « Père François, je vous en prie, enseignez-moi ce qu’est la joie parfaite ! »
Dans sa réponse, le saint décrivit une situation tragique faite de froid, de faim et de rejet, tout ce que l’on pourrait spontanément considérer comme l’opposé de la joie. Il ajouta que si de telles épreuves étaient supportées avec patience, sans plainte et par amour de Dieu, alors « voilà la joie parfaite ».
Est-il vraiment possible d’éprouver de la joie dans de telles circonstances ? pourrions-nous demander. Cela n’est possible que si notre vie est fondée sur notre relation avec Dieu, notre Père aimant.
En effet, la joie de saint François, la joie dont il parlait, ne se trouve pas dans les appareils électroniques, dans les heures passées devant un écran ou dans le défilement incessant des réseaux sociaux. Ces activités gaspillent souvent un temps précieux qui pourrait être consacré à la prière silencieuse, à l’amitié authentique, à la vie familiale, à l’approfondissement de notre foi, à l’étude ou au sport.
La joie ne doit jamais être recherchée dans la drogue, l’abus d’alcool, la promiscuité, les relations superficielles, l’obsession de son image ou tout autre comportement destructeur. De manière surprenante, elle ne se trouve pas davantage dans les biens matériels, la richesse, la beauté, la célébrité ou même la santé, car un jour nous laisserons tout cela derrière nous.
Seul l’amour de Dieu peut nous donner une joie véritable et parfaite.
Si nous avons la conviction profonde que Dieu prend soin de nous comme de ses enfants bien-aimés, nous ne serons ni troublés ni découragés, même dans les situations difficiles. Beaucoup d’entre vous entendent depuis leur enfance que Dieu les aime. Mais le croyez-vous vraiment ?
Vous êtes précieux aux yeux de Dieu ! (cf. Is 43, 4)
Vous êtes aimés de lui sans aucune condition. En êtes-vous certains ?
Si vous cultivez avec lui une relation de confiance, par une prière régulière, par la réception des sacrements, si vous vous abandonnez entre ses mains, alors l’anxiété, la tristesse et la solitude s’effaceront peu à peu tandis que sa grâce vous remplira et que son amour embrasera votre cœur.
Voilà le secret qui permet d’affronter les épreuves avec le sourire.
Ouvrez vos cœurs pour découvrir cette réalité.
Ainsi, le message de saint François, et le mien, est simple : la véritable paix et la joie parfaite sont des dons de Dieu qui nous sont accordés lorsque nous nous ouvrons à lui et que nous faisons confiance à sa puissance capable de nous transformer.
Que pouvons-nous lui offrir en retour d’un si grand amour, de dons si généreux ?
Rien d’autre que nous-mêmes.
Aujourd’hui, le Seigneur a besoin de missionnaires pour annoncer sa parole à ceux qui ne le connaissent pas, d’hommes et de femmes saints pour fonder des familles catholiques aimantes, de prêtres pour être des pères spirituels et des ministres des sacrements, ainsi que de religieux et religieuses pour témoigner de la véritable joie de son Royaume.
Si vous percevez que le Seigneur vous appelle à l’une de ces vocations, ne vous fermez pas et ne détournez pas le regard par peur. Faites un pas en avant et dites au Seigneur :
« Me voici, envoie-moi ! » (Is 6, 8)
N’ayez pas peur non plus d’en parler à quelqu’un : un ami de confiance, un prêtre ou une religieuse.
Je souhaite à chacun d’entre vous une conférence féconde. Je prie pour que, durant ces journées, vous soyez remplis de l’amour du Christ et que vous rencontriez d’autres jeunes désireux de lui donner entièrement leur vie, trouvant ainsi le véritable bonheur.
En vous confiant tous à l’intercession maternelle de Notre-Dame, Cause de notre joie, j’invoque volontiers sur chacun de vous les bénédictions divines de paix et de force.
Et que Dieu tout-puissant vous bénisse, le ✠ Père, et le ✠ Fils, et le ✠ Saint-Esprit.
Amen. »
Source Vatican


