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« Nous attendons que les évêques ne se laissent en aucun cas décourager par cette lettre venue de Rome »

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Si l'épiscopat n'a pas encore réagi officiellement, les partisans de la réforme entendent manifestement maintenir la pression et relancer le débat

La réponse de Rome était sans ambiguïté. Dans une lettre adressée à Monseigneur Heiner Wilmer, président de la Conférence épiscopale allemande, le Dicastère pour le Culte divin et la Discipline des sacrements a rappelé que l’homélie prononcée pendant la messe est réservée aux prêtres et aux diacres. Le Vatican a ainsi rejeté la demande allemande visant à permettre à des fidèles laïcs de prêcher au cours de la célébration eucharistique.

Mais ce refus n’a pas clos le débat en Allemagne. Quelques heures après la publication de la réponse romaine, plusieurs acteurs majeurs du Chemin synodal allemand ont exprimé leur désaccord et invité les évêques à poursuivre leurs démarches auprès du Saint-Siège. La réaction la plus remarquée est venue d’Irme Stetter-Karp, présidente du Comité central des catholiques allemands (ZdK), principal partenaire laïc du Chemin synodal. Selon l’agence KNA, elle a déclaré : « Nous attendons donc des évêques allemands qu’ils réaffirment auprès de Rome leur position sur le fond, qu’ils renforcent leurs arguments et qu’ils ne considèrent en aucun cas la lettre du cardinal Roche comme un motif de découragement. »

Cette déclaration apparaît comme un appel clair à ne pas considérer la décision romaine comme définitive. Le ZdK rappelle que le texte intitulé « L’annonce de l’Évangile par les laïcs dans la parole et le sacrement », adopté lors du Chemin synodal en 2023, avait reçu le soutien d’une large majorité de participants, parmi lesquels de nombreux évêques.

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D’autres organisations ont également exprimé leur mécontentement. La Katholische Frauengemeinschaft Deutschlands (kfd), l’une des plus importantes associations féminines catholiques du pays, estime que la réponse du Vatican constitue une nouvelle illustration des limites imposées aux femmes dans l’Église. Dans un communiqué, elle affirme : « Tant que les femmes, malgré leurs compétences, leur vocation et leur engagement, demeureront exclues de services essentiels, l’Église continuera de perdre en crédibilité. » Le mouvement réformateur Wir sind Kirche (« Nous sommes l’Église ») s’est montré tout aussi critique. Il a qualifié la décision romaine de « décision de principe totalement déconnectée de la réalité », estimant que la diminution du nombre de prêtres et le vieillissement du clergé imposent de nouvelles solutions pastorales.

Face à ces critiques, Rome maintient sa position. Dans sa lettre, le cardinal Arthur Roche rappelle que l’homélie n’est pas une simple prise de parole mais un acte liturgique intrinsèquement lié au ministère ordonné. Le dicastère souligne également que les difficultés rencontrées dans certaines prédications doivent être résolues par une meilleure formation des prêtres et des diacres, responsabilité qui revient aux évêques diocésains. Pour l’heure, aucun évêque allemand n’a publiquement contesté la réponse du Vatican. Toutefois, les réactions du ZdK et des principales organisations réformatrices montrent que le dossier est loin d’être refermé. Plus qu’un débat sur la prédication des laïcs, cette nouvelle controverse révèle une fois encore les tensions persistantes entre Rome et les promoteurs du Chemin synodal allemand sur l’avenir de l’Église et l’autorité de ses décisions.

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