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« Pour ces fidèles, nous devons chercher de nouvelles voies » : le cardinal Koch appelle à repenser Traditionis custodes

cardinal Koch - DR
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Alors que certains parlent déjà d'un schisme définitivement consommé, le cardinal adopte une position plus nuancée

Dans un long entretien accordé au podcast allemand Communicatio après les consécrations épiscopales d’Écône, le cardinal Kurt Koch, préfet du Dicastère pour la promotion de l’unité des chrétiens, livre une réflexion d’une grande profondeur sur la crise ouverte entre Rome et la Fraternité Saint-Pie X . Le prélat ne minimise nullement la gravité des consécrations réalisées sans mandat pontifical. Il les inscrit dans la longue histoire des divisions qui ont marqué l’Église à la suite de plusieurs conciles œcuméniques. Selon lui, la difficulté fondamentale réside toujours dans la même question : comment demeurer pleinement fidèle à la Tradition tout en répondant aux défis nouveaux rencontrés par l’Église au cours de son histoire ?Cette réflexion rejoint d’ailleurs un point essentiel de l’ecclésiologie catholique.

La Tradition, au sens où l’entend le magistère, n’est pas une simple conservation matérielle des formes anciennes. Elle désigne la transmission vivante du dépôt de la foi confié aux Apôtres. C’est précisément ce qu’avait développé Benoît XVI dans sa célèbre « herméneutique de la réforme dans la continuité », refusant aussi bien l’idée d’une rupture introduite par le concile Vatican II que celle d’une immobilité absolue de la Tradition.

Le cardinal Koch reprend explicitement cette ligne. Il estime que la Fraternité Saint-Pie X tend à considérer Vatican II comme une rupture avec toute la Tradition antérieure, alors que, selon lui, le Concile s’inscrit dans la continuité de l’ensemble de la tradition ecclésiale, en puisant largement dans l’Écriture, les Pères de l’Église et le magistère précédent. Mais l’entretien ne se limite pas à cette critique. C’est même là qu’il prend un relief particulier.

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Le cardinal reconnaît que la crise actuelle oblige également l’Église à un examen de conscience. Il évoque plusieurs dérives apparues dans l’après-Concile : une forme de pluralisme religieux qui tend parfois à placer toutes les religions sur un même plan, ainsi qu’un certain relativisme ecclésiologique susceptible d’affaiblir la conscience de l’unicité de l’Église catholique. Il rappelle que ces interprétations ne découlent pas des textes conciliaires eux-mêmes mais d’interprétations postérieures que le Saint-Siège a déjà cherché à corriger, notamment par la déclaration Dominus Iesus.

C’est cependant sur la question liturgique que le cardinal Koch formule son observation la plus remarquée. Évoquant les nombreux fidèles attachés à la liturgie traditionnelle sans partager les positions de la Fraternité Saint-Pie X, il affirme : « Nous devons repenser Traditionis custodes, surtout pour les fidèles qui se sentent attirés par cette forme liturgique sans partager toute la superstructure idéologique de la Société. Pour ces fidèles, nous devons chercher de nouvelles voies. »

Enfin, alors que certains parlent déjà d’un schisme définitivement consommé, le cardinal adopte une position plus nuancée. Il rappelle que l’excommunication est, dans le droit de l’Église, une peine médicinale destinée à favoriser la conversion et le retour à la pleine communion. Il estime donc qu’il est encore prématuré de considérer toute perspective de réconciliation comme définitivement fermée. Une remarque qui rappelle que, dans la tradition catholique, la justice canonique demeure toujours ordonnée à la communion ecclésiale et au salut des âmes.

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