Jeudi 30 avril au soir, l’église de Vazerac a été détournée de sa vocation pour accueillir ce qui a été présenté comme une « messe électro », organisée par le musicien Alex Sakhi, derrière cette appellation trompeuse, la réalité est celle d’un concert de musique électronique, avec DJ, saxophone et percussions, organisé au cœur même d’un lieu consacré. Les faits sont sans équivoque : des platines ont été installées jusque sur l’autel, cœur liturgique de l’église, destiné au sacrifice eucharistique, le musicien s’y met en scène comme dans une salle de spectacle, transformant l’édifice en véritable piste de danse.
🚨 Nouvelle profanation : une “vraie-fausse messe électro”, une église transformée en dancefloor
— Tribune Chrétienne (@tribuchretienne) May 1, 2026
🔴⚡️Dans l ’église de Vazerac, un DJ y a installé ses platines sur l’autel même pour une prétendue « messe électro »
extrait vidéo de présentation du spectacle ( compte Facebook (… pic.twitter.com/dGFzo5cusV
Dans une publication datée du 30 mars sur les réseaux sociaux, le projet était présenté comme « unique en France », décrivant un concert dans « l’église Saint-Julien à Vazerac », avec « entrée gratuite » et « participation libre », dont « une partie des recettes sera reversée au Secours catholique », tout en précisant qu’un « esprit correct [était] exigé dans ce lieu de culte ». Cette présentation révèle une ambiguïté profonde. Par inconscience, feinte ou réelle méconnaissance, l’organisateur semble ignorer ce qu’est véritablement un lieu sacré, croyant manifestement accomplir une initiative positive, voire caritative, sans percevoir la contradiction entre la finalité annoncée et les moyens employés. La mention » tenue correcte exigée » ne saurait, à elle seule, justifier une telle transformation d’un lieu consacré.
L’implication du Secours catholique interroge également. Si l’intention de soutenir une œuvre caritative peut être louable ( ou alibi) , elle ne saurait légitimer l’utilisation d’un autel comme support de spectacle. L’église de Vazerac n’est ni désaffectée ni désacralisée, elle demeure un lieu consacré au culte catholique, une telle utilisation constitue donc une atteinte directe à sa destination sacrée, l’autel, en particulier, ne peut en aucun cas être utilisé comme support pour une animation profane, son détournement pose une question grave quant au respect du caractère sacré de l’édifice.
Contacté par téléphone, l’abbé Gilbert Odi n’a pas souhaité répondre à nos questions et nous a raccroché au nez.Impossible, à ce stade, de joindre l’évêché pour savoir si une telle dérive a été sciemment autorisée.
Lire aussi
Le diocèse de Montauban, dont dépend la paroisse, est aujourd’hui dirigé par Monseigneur Alain Guellec, nommé évêque le 29 octobre 2022 et installé le 15 janvier 2023, à ce stade, aucune réaction officielle n’a été communiquée, l’évêque était-il informé de l’organisation d’un tel événement dans une église toujours consacrée, a-t-il donné son accord, ou cette initiative s’est-elle déroulée sans validation de l’autorité diocésaine, ces questions demeurent sans réponse.
Précisons que le traitement médiatique de l’événement ajoute encore au malaise, dans son article, La Dépêche du Midi adopte un ton léger, allant jusqu’à suggérer que l’église ne sert « pas seulement pour les enterrements » et qu’un tel événement pourrait apparaître comme une manière de la faire « vivre autrement », une telle ironie, appliquée à un lieu consacré, interroge profondément, réduire l’église à cela revient à méconnaître sa nature propre, celle d’un lieu de prière, de recueillement et de célébration sacrée, l’article va même jusqu’à relayer l’idée selon laquelle « Dieu aurait été d’accord », sans distance critique, une affirmation qui banalise gravement la notion même de sacré. Sous couvert d’innovation ou d’attractivité, certains événements semblent désormais s’affranchir des repères fondamentaux liés au caractère sacré des églises, à Vazerac, une limite a manifestement été franchie, avec ou sans l’accord de l’évéque, reste à savoir si cette profanation sera reconnue comme telle, et quelles suites seront données par l’autorité diocésaine.


