Depuis 2000 ans

[ Vidéo] Une immense croix dans la rue pour accueillir Léon XIV : L’Espagne assume ses racines chrétiennes

Capture écran
Capture écran
Verra-t-on une manifestation aussi visible de la foi catholique lors de la visite du Saint-Père en France en septembre prochain ?

À Madrid, les préparatifs de la visite du pape Léon XIV entrent dans leur dernière phase. Sur la Plaza de Lima, à proximité du stade Santiago Bernabéu, une immense croix a été installée en vue de la grande veillée des jeunes qui se tiendra le 6 juin prochain.Dans quelques jours, des milliers de jeunes venus de toute l’Espagne se réuniront autour du Saint-Père pour un temps de prière, de réflexion et de témoignage. Mais avant même l’arrivée du pape, c’est cette croix monumentale qui attire déjà les regards.

L’image n’a rien d’anodin. Dans une Europe où les symboles chrétiens sont régulièrement contestés ou relégués à la sphère privée, voir une grande croix dressée au cœur de l’espace public constitue un signal fort. Car la croix n’est pas un simple élément décoratif destiné à accompagner une cérémonie religieuse. Elle est le symbole central du christianisme. Elle rappelle la Passion du Christ, son sacrifice pour le salut du monde et la victoire de la Résurrection.Pendant des siècles, la croix a façonné le paysage européen. On la retrouvait au sommet des églises, sur les places publiques, à l’entrée des villes ou au bord des chemins. Elle témoignait de l’enracinement chrétien des peuples du continent.

Aujourd’hui, cette évidence est devenue objet de débat.

Dans plusieurs pays européens, la présence de symboles religieux dans l’espace public suscite régulièrement des controverses. Des croix sont retirées de bâtiments administratifs, des crèches de Noël font l’objet de recours judiciaires et certains responsables politiques plaident pour une neutralité qui tend parfois à effacer les références chrétiennes du paysage commun. L’Espagne connaît elle aussi ces tensions.

Depuis plusieurs années, le gouvernement de Pedro Sánchez a engagé une transformation symbolique de plusieurs lieux liés à l’histoire religieuse du pays. Le cas le plus emblématique demeure celui de la Vallée de los Caídos, devenue officiellement la Vallée de Cuelgamuros. Dominant le site, la croix monumentale de plus de 150 mètres reste la plus grande croix de la chrétienté. Pour de nombreux catholiques, elle représente avant tout un symbole de foi. D’autres y voient un monument indissociable de l’histoire politique du XXe siècle espagnol. Ce débat continue de traverser la société. C’est pourquoi l’installation de la croix de Madrid revêt une portée particulière. Alors que certains symboles chrétiens sont contestés, la capitale espagnole choisit de placer la croix au centre même de l’un des principaux événements du voyage pontifical.

Cette décision traduit aussi une réalité souvent oubliée : malgré la sécularisation, le catholicisme demeure profondément enraciné dans la culture espagnole. La venue de Léon XIV s’inscrit dans cet héritage vivant.

Lire l’article

Depuis le début de son pontificat, le pape invite régulièrement les catholiques à vivre leur foi sans complexe et à ne pas la réduire à une affaire purement privée. Sans rechercher l’affrontement culturel, il rappelle que le christianisme possède une dimension publique et qu’il a contribué à façonner l’identité de nombreuses nations. La croix dressée sur la Plaza de Lima apparaît comme une illustration concrète de cette conviction.

Elle rappellera aux jeunes présents le 6 juin que la foi chrétienne ne se résume pas à un ensemble de valeurs ou à une tradition culturelle. Elle trouve sa source dans la personne du Christ et dans le mystère de la Croix. Pour beaucoup d’observateurs, cette image constitue également un contraste saisissant avec la situation de plusieurs autres pays européens. À quelques mois de la visite du pape Léon XIV en France, prévue du 25 au 28 septembre, la question se pose déjà. Verra-t-on dans les rues de Paris ou des villes visitées par le Saint-Père une manifestation aussi visible du symbole chrétien par excellence ? L’interrogation dépasse largement les seuls préparatifs d’un voyage apostolique. Elle touche à la place que les nations européennes souhaitent encore accorder à leur héritage spirituel.

Recevez chaque jour notre newsletter !