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Nigeria : l’ONU alerte sur les violences sexuelles visant les chrétiennes

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Enlèvements, mariages forcés, conversions contraintes et violences sexuelles continuent de frapper certaines communautés dans un contexte de persécutions persistantes.

Le 19 juin, à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence sexuelle en temps de conflit, plusieurs experts indépendants mandatés par les Nations unies ont publié une alerte concernant la situation des femmes et des jeunes filles chrétiennes au Nigeria. Ils évoquent des informations jugées crédibles faisant état de graves violations des droits fondamentaux visant des membres de communautés chrétiennes et d’autres minorités religieuses. Selon ces experts, les victimes seraient confrontées à une combinaison particulièrement brutale de persécutions : enlèvements, violences sexuelles, mariages forcés, conversions religieuses imposées et détentions prolongées. Les régions les plus touchées se situeraient principalement dans le nord du pays ainsi que dans la Middle Belt, une vaste zone centrale régulièrement frappée par des violences communautaires et djihadistes.

Cette prise de position intervient dans un contexte déjà dramatique pour les chrétiens nigérians. Selon les dernières données publiées par Open Doors, 3 100 chrétiens ont été tués et 2 830 autres enlevés au Nigeria entre octobre 2024 et septembre 2025. Le pays concentre à lui seul plus de la moitié des assassinats de chrétiens recensés dans le monde pour des motifs liés à la foi. Si les femmes et les jeunes filles demeurent souvent invisibles dans les statistiques, les experts de l’ONU soulignent qu’elles figurent parmi les premières victimes des enlèvements, des conversions forcées et des violences sexuelles. Ils rappellent que ces agressions ne sont pas seulement des crimes individuels mais qu’elles peuvent être utilisées comme des instruments de terreur destinés à fragiliser et déstabiliser des communautés entières.

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Depuis plusieurs années, des groupes armés tels que Boko Haram et l’État islamique en Afrique de l’Ouest sont régulièrement accusés de cibler les populations chrétiennes. Les attaques contre les villages, les écoles ou les lieux de culte s’accompagnent souvent d’enlèvements de femmes et de jeunes filles. Parmi les affaires les plus connues figure celle de Leah Sharibu. Enlevée en février 2018 avec plus d’une centaine d’autres lycéennes par Boko Haram, elle demeure captive après avoir refusé d’abandonner sa foi chrétienne. Son nom est devenu l’un des symboles de la persécution religieuse au Nigeria.

Les experts des Nations unies attirent également l’attention sur le sort des survivantes. Au traumatisme des violences subies s’ajoutent souvent l’isolement, les difficultés de réintégration et le manque d’accompagnement psychologique ou judiciaire. Beaucoup de victimes hésitent encore à témoigner par crainte de représailles ou de stigmatisation. Face à cette situation, les Nations unies demandent aux autorités nigérianes de renforcer la protection des populations vulnérables, de mener des enquêtes efficaces et de poursuivre les responsables de ces crimes. Pour de nombreux observateurs, cette alerte officielle marque une étape importante. Elle confirme que les violences dénoncées depuis des années par les organisations chrétiennes font désormais l’objet d’une reconnaissance explicite au plus haut niveau international.

Dans un pays où les tensions religieuses continuent de faire des victimes, le sort des femmes et des jeunes filles chrétiennes apparaît plus que jamais comme l’un des visages les plus douloureux de cette crise.

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