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« Que les vents de paix soufflent à nouveau » : le pape Léon XIV peut-il rapprocher les deux Corées ?

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À l’approche des Journées Mondiales de la Jeunesse de Séoul en 2027, l’hypothèse d’une visite du pape Léon XIV dans la zone démilitarisée, voire en Corée du Nord, suscite un nouvel espoir

Pour l’Église coréenne, ce déplacement pourrait devenir un signe fort de réconciliation dans une péninsule toujours divisée plus de soixante-dix ans après l’armistice. La perspective d’une visite du pape Léon XIV en Corée du Sud à l’occasion des Journées Mondiales de la Jeunesse de 2027 dépasse déjà le cadre d’un simple voyage apostolique. Dans un pays marqué par la division de la péninsule depuis 1953, certains y voient une occasion unique de relancer un dialogue intercoréen aujourd’hui pratiquement au point mort.

Au retour d’une rencontre avec le Saint-Père au Vatican, le président sud-coréen Lee Jae-myung a révélé avoir invité le pape non seulement à participer aux JMJ de Séoul, mais aussi à envisager un passage dans la zone démilitarisée séparant les deux Corées. Plus encore, il lui a proposé, « si possible », une visite en Corée du Nord. Selon le chef de l’État, Léon XIV aurait répondu qu’il « prendrait ces propositions en considération ». Cette réponse prudente mais ouverte nourrit les espoirs de ceux qui considèrent la diplomatie spirituelle du Saint-Siège comme un instrument capable d’ouvrir des portes que la politique peine parfois à franchir. L’histoire récente montre que les papes ont souvent joué un rôle discret mais réel dans les processus de rapprochement entre peuples divisés.

Le père Jeong Su-yong, vice-président du Comité pour la réconciliation nationale de l’archidiocèse de Séoul, souligne l’ampleur de l’enjeu : « Si une visite du Pape au Nord devait se concrétiser, l’impact positif sur la paix dans la péninsule coréenne pourrait être bien plus important que nous ne pouvons l’imaginer. »

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Cette affirmation mérite attention. Dans un contexte où les relations entre Pyongyang et Séoul demeurent marquées par la méfiance, la simple présence du Successeur de Pierre sur le sol nord-coréen constituerait un événement historique. Mais le prêtre coréen va plus loin lorsqu’il appelle à « mettre fin à l’hostilité » et à « cultiver un esprit de respect mutuel ». Cette remarque rappelle que la paix ne dépend pas seulement des dirigeants ou des accords diplomatiques. Elle exige aussi une conversion des regards et des cœurs, condition indispensable à toute réconciliation durable.

Le père Park Chang-il, président de l’ONG Peace3000, estime quant à lui que la Corée du Nord observe attentivement les initiatives du Vatican. Selon lui, une éventuelle visite papale pourrait offrir à Pyongyang une occasion de renforcer son image sur la scène internationale. « La Corée du Nord a tout à gagner d’une éventuelle visite du Pape », affirme-t-il. L’Église catholique coréenne ne se contente pas d’attendre. Depuis des années, elle entretient une intense mobilisation spirituelle en faveur de la réconciliation. Une neuvaine spéciale pour l’unité nationale est actuellement célébrée dans les diocèses du pays. Plus symbolique encore, neuf évêques coréens se sont récemment rendus à Panmunjom, au cœur de la zone démilitarisée.Face à cette frontière devenue l’un des symboles les plus frappants de la division du monde contemporain, les prélats ont béni la terre du Nord et prié « afin que les vents de paix soufflent à nouveau sur cette terre où coexistent une histoire de confrontation et de dialogue ».

Cette image résume peut-être l’espérance de l’Église en Corée. Alors que les JMJ de Séoul approchent, beaucoup rêvent que la visite du pape Léon XIV ne soit pas seulement une rencontre avec la jeunesse du monde, mais aussi un signe prophétique capable de rouvrir un chemin vers la paix entre deux peuples que l’histoire a séparés mais que la géographie, la culture et la mémoire continuent d’unir.

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