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Californie : deux associations risquent plus de 20 millions de dollars d’amendes pour avoir aidé des femmes à poursuivre leur grossesse

Tribunal supérieur du comté d'Alameda (Californie) - Depositphotos
Tribunal supérieur du comté d'Alameda (Californie) - Depositphotos
Une femme qui regrette d'avoir commencé un avortement médicamenteux pourra-t-elle encore être informée de l'existence d'une alternative et recevoir une aide pour poursuivre sa grossesse ?

Un procès particulièrement suivi par les défenseurs de la vie qui s’ouvre ce mercredi 24 juin devant la Cour supérieure du comté d’Alameda, en Californie. Au centre de l’affaire se trouvent deux organisations pro-vie américaines, Heartbeat International et Real Options, poursuivies par le procureur général de Californie, Rob Bonta, membre du Parti démocrate. Le responsable californien réclame des sanctions financières d’une ampleur exceptionnelle : 19,86 millions de dollars contre Heartbeat International et 640 000 dollars contre Real Options. Pour ces deux organismes à but non lucratif vivant essentiellement grâce aux dons, une telle condamnation pourrait compromettre leur existence même.

La plainte déposée en 2023 ne vise pas directement la procédure dite d’« inversion de l’avortement médicamenteux ». L’État reproche plutôt aux deux organisations leur communication sur cette pratique, qu’il considère comme trompeuse au regard des lois californiennes relatives à la publicité et à la concurrence. Pour la Thomas More Society, qui assure leur défense, l’accusation repose sur une interprétation contestable de la loi. Les deux associations ne commercialisent aucun produit et n’offrent aucun service rémunéré. Elles accompagnent gratuitement des femmes enceintes et diffusent des témoignages de mères ayant choisi de poursuivre leur grossesse après avoir regretté la prise d’une première pilule abortive.

La procédure en question concerne l’avortement médicamenteux, généralement réalisé en deux étapes. La première pilule, la mifépristone, plus connue sous le nom de RU486, bloque l’action de la progestérone, hormone essentielle au maintien de la grossesse. La seconde, le misoprostol, provoque ensuite les contractions destinées à expulser l’embryon.

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Selon certains médecins, lorsqu’une femme change d’avis après la prise de la première pilule, l’administration rapide de progestérone peut, dans certains cas, permettre de poursuivre la grossesse si la seconde pilule n’a pas encore été prise. Les défenseurs de cette méthode affirment que plusieurs milliers d’enfants sont ainsi nés aux États-Unis après que leur mère eut décidé de revenir sur sa décision initiale. Cette pratique demeure toutefois l’objet de débats au sein de la communauté médicale. Des organisations favorables à l’avortement, notamment le Collège américain des obstétriciens et gynécologues (ACOG), contestent son efficacité et sa sécurité. À l’inverse, l’Association américaine des gynécologues et obstétriciens pro-vie (AAPLOG) estime que les données disponibles justifient son utilisation dans certaines situations.

Un élément retient particulièrement l’attention dans cette affaire. Selon les avocats de la défense, après près de trois années d’enquête et de procédure, l’État de Californie n’a présenté aucune femme affirmant avoir subi un préjudice du fait des informations diffusées par les deux organisations. La Thomas More Society affirme même qu’aucune plainte concrète n’a été produite contre Heartbeat International ou Real Options. Au-delà du sort réservé à ces deux associations, les observateurs voient dans ce procès un enjeu plus large. Une condamnation pourrait créer un précédent juridique susceptible d’affecter la liberté d’expression des organisations religieuses, caritatives et pro-vie à travers les États-Unis.

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