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[Vidéo] Le match France-Norvège retransmis dans l’église de Ligny-en-Barrois… Mais qu’avez-vous donc compris de la maison de Dieu ?

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Une église a accueilli la retransmission du match France–Norvège. Au cours de la soirée, la Marseillaise a retenti dans le sanctuaire. Une initiative justifiée par la canicule afin d'offrir davantage de confort au public, mais qui, illustre une nouvelle étape dans la banalisation du caractère sacré des églises

Le motif avancé par le curé de l’église pour justifier cette initiative laisse songeur. La retransmission aurait été autorisée en raison de la canicule, afin d’offrir aux supporters de football un lieu plus frais et plus confortable. L’intention peut paraître généreuse. Mais depuis quand le bien-être matériel de supporters de football justifie-t-il que l’on détourne un lieu consacré de sa destination première ? Une église n’est pas un refuge climatique destiné à accueillir n’importe quelle activité parce que la température y est plus agréable.

À ce compte-là, où placer la limite ? Autoriserait-on la retransmission d’une finale de Coupe du monde dans la basilique Saint-Pierre de Rome au seul motif qu’il y fait plus frais qu’à l’extérieur ? La réponse paraît évidente.

Pourquoi ? Parce que chacun comprend qu’il s’agit d’un lieu consacré où le Seigneur est réellement présent dans le Très Saint-Sacrement. Le Christ est tout autant présent dans le tabernacle de la plus modeste église de village. Rappelons que la charité chrétienne consiste à accueillir les personnes, certainement pas à banaliser la vocation propre d’une église. Il existe mille manières d’exercer l’hospitalité sans transformer la maison de Dieu en lieu de divertissement. Cette confusion entre hospitalité et désacralisation des lieux constitue précisément le cœur du problème. La mission de l’Église n’est pas d’adapter le sanctuaire aux loisirs du monde, mais d’inviter le monde à entrer dans le mystère de Dieu. Personne ne contestera la beauté du sport ni le plaisir que peut procurer un grand rendez-vous sportif. Le football n’est évidemment pas en cause. La question est ailleurs. Elle est celle du lieu. Car tout n’est pas permis partout.

L’Église elle-même rappelle que les édifices consacrés doivent être réservés aux activités compatibles avec leur caractère sacré et que tout ce qui n’est pas conforme à la sainteté du lieu doit être évité.

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Une église n’est pas une salle municipale. Elle n’est pas un cinéma, un stade couvert ou un espace d’animation. Elle est un lieu consacré, offert à Dieu, destiné au Saint-Sacrifice de la Messe, à l’adoration eucharistique, aux sacrements, à la prière et au recueillement. C’est précisément parce qu’elle est consacrée qu’elle ne peut être considérée comme un bâtiment disponible pour n’importe quelle activité. Sa vocation ne dépend ni des circonstances climatiques, ni des attentes culturelles du moment.

On invoquera sans doute la convivialité, l’ouverture, la pastorale de proximité ou encore l’évangélisation par la rencontre. Mais la véritable évangélisation ne consiste pas à rendre l’église toujours plus semblable au monde. Elle consiste à conduire le monde vers le Christ. Ce n’est pas en effaçant les signes du sacré que l’on suscite le désir de Dieu. Au contraire, c’est précisément parce qu’une église est différente de tous les autres lieux qu’elle interroge, qu’elle élève et qu’elle évangélise. Lorsque la Marseillaise retentit dans une église à l’occasion d’une retransmission sportive, ce n’est pas seulement un match qui est accueilli entre ses murs. C’est une frontière qui s’efface peu à peu entre le sacré et le profane.

Plus surprenant encore, un membre de l’UCIA de Ligny-en-Barrois affiche publiquement sa satisfaction devant cette initiative et se félicite, dans une vidéo, de cette collaboration avec la paroisse. Cette fierté revendiquée renforce l’incompréhension de nombreux fidèles, qui voient dans cette soirée bien davantage qu’une simple animation : le signe d’un changement profond dans la manière de considérer les églises et, plus largement, dans la façon de transmettre l’Évangile.

Une question demeure alors. À force de vouloir remplir les bancs par tous les moyens, ne risque-t-on pas de vider les églises de leur raison d’être ? Une église pleine n’est pas nécessairement le signe d’une évangélisation réussie si ce qui rassemble n’est plus le Christ lui-même.

Précisons enfin que cette initiative s’est déroulée dans le diocèse de Verdun, dont le nouvel évêque est Monseigneur Joseph de Metz-Noblat. Beaucoup de fidèles attendront sans doute de savoir si une telle utilisation d’une église lui paraît conforme à la vocation d’un lieu consacré. Une parole claire contribuerait à rappeler que les églises ne sont pas des espaces polyvalents, mais des maisons de Dieu, mises à part pour le culte divin.

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