Depuis 2000 ans

[Vidéo] À Compostelle, le spectaculaire Botafumeiro a de nouveau traversé la cathédrale pour la fête de saint Jacques

capture écran
capture écran
Vieille de plus de huit siècles, cette tradition demeure l'un des rites les plus impressionnants de toute la chrétienté et continue d'émerveiller les pèlerins du monde entier

Chaque année, la fête de saint Jacques le Majeur constitue le point culminant de la vie spirituelle de Saint-Jacques-de-Compostelle. Le 25 juillet, des milliers de pèlerins convergent vers la ville galicienne pour honorer l’Apôtre, dont le tombeau est vénéré depuis plus d’un millénaire et qui est le saint patron de l’Espagne.

Parmi les moments les plus attendus des célébrations figure le spectaculaire balancement du Botafumeiro, l’immense encensoir suspendu sous la voûte de la cathédrale. Les images de cette cérémonie, largement diffusées au lendemain de la fête, continuent de fasciner les fidèles et les internautes tant le spectacle est saisissant.Le Botafumeiro est bien plus qu’une curiosité touristique. Son utilisation est attestée depuis au moins le XIIIᵉ siècle, faisant de cette tradition l’une des plus anciennes encore vivantes de l’Église catholique. Son nom, issu du galicien, signifie littéralement « répandre de la fumée ».

L’encensoir impressionne par ses dimensions. Haut d’environ 1,60 mètre et pesant plus de 50 kilogrammes à vide, il est suspendu à une corde de près de vingt mètres. Huit hommes, appelés les tiraboleiros, le mettent progressivement en mouvement jusqu’à lui faire parcourir un immense arc à travers le transept de la cathédrale. À pleine vitesse, il peut atteindre près de 70 km/h tout en s’élevant à plus de vingt mètres de hauteur.

À l’origine, cette pratique répondait à une nécessité très concrète. Au Moyen Âge, les pèlerins arrivaient à Compostelle après plusieurs semaines, parfois plusieurs mois de marche. L’encens contribuait à purifier l’air de la cathédrale, tout en honorant Dieu durant les célébrations liturgiques. Avec le temps, cette fonction pratique s’est effacée, mais la portée spirituelle est demeurée intacte. Dans la tradition biblique, la fumée de l’encens symbolise la prière qui monte vers Dieu. Le balancement majestueux du Botafumeiro rappelle ainsi que les supplications des fidèles s’élèvent vers le ciel, dans une liturgie où les gestes, les chants et les symboles expriment ensemble le mystère de la foi.

Contrairement à une idée répandue, le Botafumeiro n’est pas utilisé quotidiennement. Il n’est mis en mouvement que lors des grandes solennités, notamment la fête de saint Jacques, certaines célébrations exceptionnelles ou encore les années saintes jacquaires.

A une époque où tant de traditions chrétiennes tendent à disparaître, le Botafumeiro demeure un témoignage vivant de la richesse du patrimoine liturgique de l’Église. Plus de huit cents ans après son apparition, il continue d’émerveiller les pèlerins venus des cinq continents et rappelle que le chemin de Compostelle n’est pas seulement une aventure culturelle ou sportive, mais avant tout un itinéraire spirituel conduisant à la rencontre du Christ par l’intercession de l’Apôtre saint Jacques.

Recevez chaque jour notre newsletter !