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« Les députés ont rétabli une forme à peine déguisée de mise à mort organisée »

Monseigneur Jacques Benoit-Gonnin, évêque de Beauvais ( Photo Diocèse de Beauvais)
Monseigneur Jacques Benoit-Gonnin, évêque de Beauvais ( Photo Diocèse de Beauvais)
Mgr Jacques Benoit-Gonnin, évêque de Beauvais, avait su trouver les mots justes pour dénoncer cette « étrange et douloureuse gesticulation » parlementaire. Il fustige une « sémantique anesthésiante » qui cherche à faire passer l'euthanasie pour un acte de soin et appelle à résister au nom de la dignité de toute personne humaine

« Réalisme – résistance – espérance. » C’est sous ce triptyque que Monseigneur Jacques Benoit-Gonnin, évêque de Beauvais, a réagi à l’adoption de la loi sur la fin de vie. Dans un communiqué publié le 17 juillet, il dénonce avec gravité ce qu’il qualifie d’« étrange et douloureuse gesticulation » de la représentation nationale. Alors que la France venait de célébrer sa fête nationale et les idéaux de « liberté, égalité, fraternité », l’évêque juge paradoxal qu’une majorité de députés ait adopté un texte autorisant le suicide assisté et l’euthanasie. Il regrette en particulier que la version définitive de la loi ait écarté plusieurs protections débattues au cours des discussions parlementaires, évoquant « la version finale la plus dure et téméraire qui soit ».

Mais c’est surtout le langage employé pour présenter cette réforme qui suscite son inquiétude. Mgr Benoit-Gonnin dénonce « une sémantique anesthésiante, qui change les mots pensant que le réel s’y conformera ». Pour lui, les mots choisis ne modifient pas la réalité de l’acte. « Les députés ont rétabli une forme à peine déguisée de mise à mort organisée », affirme-t-il. L’évêque refuse également que l’on présente l’euthanasie comme un soin : « On voudra nous faire croire que poser ou accompagner un acte qui donne volontairement la mort est un soin et honore la fraternité ! » Il déplore « manipulations et matraquages » destinés, selon lui, à convaincre les Français qu’il s’agirait d’un progrès.

Face à l’argument de la souffrance, souvent invoqué par les défenseurs de la loi, Mgr Benoit-Gonnin répond sans détour : « Personne n’a le monopole de la compassion. » Provoquer la mort ne peut être considéré comme « une plus grande considération, une grande proximité et une authentique solidarité » envers les personnes fragiles.

S’appuyant sur les enseignements du pape Léon XIV, il rappelle que « la solidarité et la fraternité ne peuvent consentir à la mort provoquée d’hommes et de femmes qui, dans leur fragilité et leur vulnérabilité, approchent de leur fin naturelle ». Il salue enfin les élus et les soignants qui se sont opposés à cette réforme et espère que la résistance continuera à s’appuyer sur « le respect de la dignité de toute personne humaine ».

Les mots de l’évêque de Beauvais mettent en lumière ce qui constitue sans doute le cœur de ce débat : la tentative de transformer la perception d’une réalité par un changement de vocabulaire. Présenter l’euthanasie comme une « aide à mourir » relève d’une véritable « arnaque » à la compassion. Car aucun glissement sémantique ne peut faire d’un acte destiné à provoquer volontairement la mort un acte de soin.

Une société réellement fraternelle ne répond pas à la souffrance en donnant la mort, mais en développant les soins palliatifs, l’accompagnement et la solidarité envers les plus vulnérables. Derrière les mots rassurants demeure une réalité que l’on ne peut dissimuler : celle d’une loi qui autorise désormais qu’un être humain provoque délibérément la mort d’un autre.

Communiqué sur le vote de la loi sur la fin de vie, le suicide assisté et l’euthanasie

Publié le 17 juillet 2026

Réalisme – résistance – espérance

« C’est une bien étrange et douloureuse gesticulation que nos dirigeants nous font vivre. Alors que nous avons célébré la fête nationale qui remettaient sur le devant de la scène, ces trois grandes valeurs qui rassemblent encore les françaises et les français, la liberté, l’égalité et la fraternité, une majorité de députés a voté une loi sur la fin de vie, le suicide assisté et l’euthanasie.

Malgré les aller-retour entre le Sénat et l’Assemblée Nationale, c’est une proposition de loi qui ne tient même pas compte des derniers échanges, ni d’une majorité qui s’est délitée au fur et à mesure des votes que cette majorité a voté. La version finale est la plus dure et téméraire qui soit, en écartant les garde-fous et des précautions votés auparavant, refusant la clause de conscience aux pharmaciens et établissements servant les malades avec des règles protectrices des personnes qui sont ignorées.

Dans une sémantique anesthésiante, qui change les mots pensant que le réel s’y conformera, les députés ont rétabli une forme à peine déguisée de mise à mort organisée. On voudra nous faire croire que poser ou accompagner un acte qui donne volontairement la mort est un soin et honore la fraternité ! A force de manipulations et de matraquages, nos concitoyens doivent accepter de prendre des vessies pour des lanternes et se convaincre qu’ils ont franchi une nouvelle étape sur la voie du progrès ?!…

Les chrétiens catholiques, pour leur part, se rappelant les propos réitérés du Pape Léon XIV, se rappelleront que la solidarité et la fraternité ne peuvent consentir à la mort provoquée d’hommes et de femmes qui, dans leur fragilité et leur vulnérabilité, approchent de leur fin naturelle.

Certains diront encore : « et la souffrance, vous en faites quoi ? » Personne n’a le monopole de la compassion, et vouloir que la mort puisse être administrée n’est certainement pas signe d’une plus grande considération, d’une grande proximité et d’une authentique solidarité avec les personnes atteintes dans leur fragilité.

La page qu’une majorité de députés, bien limitée au regard des défis et enjeux d’une telle loi, a commencé à écrire, suscite une grande tristesse. Beaucoup auraient souhaité que la représentation nationale investisse ses énergies et ses responsabilités sur des champs sociaux qui touchent et éprouvent davantage le présent et l’avenir de notre pays et sa population …

Notre gratitude renouvelée va à nos élus qui ont su rester fidèles à leurs convictions ou se laisser éclairer par les réflexions, notamment celles de nombreux soignants trop souvent ignorés.

Nous espérons que la résistance à la loi qui vient d’être votée continuera à s’inspirer du respect de la dignité de toute personne humaine, d’une fraternité orientée vers la vie et de la solidarité envers les plus fragiles et vulnérables.

+ Jacques Benoit-Gonnin, évêque de Beauvais »

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