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À la veille d’accueillir le Saint-Père, le diocèse de Paris dévoile ses chiffres : des baptêmes en hausse, des finances sous tension

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Le défi n’est pas seulement de préparer les adultes au baptême, mais de leur donner durablement une place dans les paroisses, de les former dans la foi et de les aider à persévérer. ( Intégralité du rapport)

À quelques jours de la venue du Saint-Père, le diocèse de Paris a publié un rapport annuel de 58 pages. Il fait apparaître une hausse marquée du nombre de catéchumènes et une mobilisation caritative considérable, mais aussi une dépendance aux legs, l’érosion des donateurs et un nombre croissant de procédures canoniques pour abus.

Le rapport annuel 2025-2026 du diocèse de Paris entend présenter une Église active, présente dans tous les quartiers, mobilisée pour l’évangélisation comme pour la solidarité. Plusieurs données le confirment. D’autres invitent à un regard plus réservé sur les conditions de son avenir. Le fait le plus significatif est l’augmentation des catéchumènes adultes. Ils étaient 522 en 2024, 671 en 2025 et 788 en 2026 : une hausse de 51 % en deux ans. Ces 788 adultes, appelés au baptême au début du Carême, venaient de 94 des 106 paroisses parisiennes et de cinq communautés étrangères. Leur profil est éclairant : 80 % ont moins de quarante ans, 33 % sont étudiants, 58 % sont des femmes et 8 % sont issus de l’islam.

Cette progression témoigne d’une demande de baptême réelle dans une capitale souvent considérée comme détachée de toute appartenance chrétienne. Le diocèse annonce avoir mobilisé 820 accompagnateurs, dont 94 % de laïcs.

Le défi n’est pas seulement de préparer les adultes au baptême, mais de leur donner durablement une place dans les paroisses, de les former dans la foi et de les aider à persévérer.

C’est la raison pour laquelle l’Assemblée ecclésiale provinciale d’Île-de-France travaille sur l’accueil des catéchumènes et des nouveaux baptisés. Trois cent quatre-vingts délégués participent à cette seconde phase, appelée à se poursuivre jusqu’en 2027. Parallèlement, 104 paroisses sur 106 ont pris part à la démarche « Prospective Paroisses Paris 2035 » : trois réunions dans chacune, près de mille paroissiens mobilisés et plus de mille propositions recueillies. La mobilisation est réelle. Mais les chiffres ne disent pas encore quelles décisions concrètes seront prises face à la diminution annoncée du nombre de prêtres. Le rapport mentionne 130 séminaristes pour le clergé diocésain et neuf ordinations sacerdotales en 2025, dont cinq provenant de communautés religieuses. C’est un signe encourageant, à rapprocher des 109 prêtres incardinés âgés de plus de 75 ans. La question de la relève demeure donc entière.

Le document publie aussi les principaux chiffres sacramentels de 2025 : 5 456 baptêmes, 3 869 premières communions, 4 752 confirmations et 2 626 mariages préparés. Ils attestent d’une activité sacramentelle importante. Mais ils ne sont pas comparés aux années précédentes. Il est donc impossible de savoir si l’on assiste à une progression, à une stabilisation ou à un recul de la pratique religieuse à Paris. L’action caritative est l’un des points les plus solides du bilan. Le diocèse recense 45 associations ayant accompagné 8 000 personnes. Les réseaux paroissiaux et associatifs distribuent 174 000 repas chaque mois à travers 70 points de distribution. L’opération Hiver solidaire a mobilisé 43 paroisses et accueilli environ 220 personnes sans-abri. La Maison Bakhita a accompagné 2 500 personnes exilées depuis 2021.

Le rapport met aussi en avant la future Maison de la Visitation Vaugirard, dans le 6e arrondissement. Prévu pour ouvrir progressivement à partir de 2027, ce site comprendra dix bâtiments, 92 logements, dont 42 sociaux ou pastoraux, une crèche, deux commerces et un jardin de 4 000 m² partiellement ouvert au public. Son coût global est de 48 millions d’euros, financés par fonds propres, mécénat, subventions et emprunt bancaire. Le projet peut répondre à de vrais besoins ; son financement devra être suivi dans un contexte économique que le diocèse reconnaît lui-même comme fragile.

Les ressources de l’Association diocésaine de Paris sont passées de 94,5 millions d’euros en 2024 à 111,6 millions en 2025, pour 104,8 millions d’euros d’emplois. Mais le Denier et les quêtes ne couvrent pas les dépenses ordinaires : legs, donations et assurances-vie restent nécessaires à l’équilibre.

Surtout, le nombre de donateurs au Denier recule continûment : 45 620 en 2023, 44 896 en 2024 et 43 807 en 2025. La générosité totale progresse à 47,5 millions d’euros hors cathédrale, mais elle repose sur moins de personnes.

Enfin, le diocèse publie ses données sur les abus. Treize signalements ont été adressés au procureur de la République, contre huit l’année précédente ; six ont été classés sans suite. Cinq personnes sont poursuivies, dont trois dans le cadre de nouvelles informations judiciaires, et deux ont été condamnées par le tribunal correctionnel. Dix nouvelles procédures canoniques ont été ouvertes ; aucune n’a été achevée durant l’année et 24 étaient en cours au 9 juin 2026, contre quatorze l’année précédente. Le bilan est donc contrasté. Le diocèse de Paris peut s’appuyer sur un renouveau catéchuménal net, des œuvres de solidarité importantes et une mobilisation paroissiale réelle. Mais il doit encore répondre à trois questions décisives : l’accompagnement des nouveaux baptisés, le renouvellement de ses ressources humaines et financières, et le traitement effectif des procédures d’abus.

intégralité du rapport du diocèse de Paris

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