Plus d’un an après les attaques qui ont endeuillé les communautés chrétiennes de Syrie, les promesses de protection formulées par les nouvelles autorités peinent à convaincre. Les responsables des Églises orientales continuent de parler d’une communauté profondément inquiète, tandis que les organisations internationales multiplient les mises en garde.
Le 22 juin 2025, un attentat-suicide frappait l’église grecque-orthodoxe Mar Elias, dans le quartier de Dweila, à Damas. En pleine Divine Liturgie, un terroriste ouvrait le feu avant de déclencher sa ceinture explosive, faisant plusieurs dizaines de morts et de blessés. Cette attaque, qui a profondément marqué les chrétiens de Syrie, demeure dans toutes les mémoires. Quelques semaines plus tard, le 15 juillet 2025, une nouvelle vague de violences touchait les villages chrétiens de la province de Soueïda. L’église grecque-melkite Saint-Michel d’Al-Soura était incendiée, tandis qu’au moins 38 maisons appartenant à des familles chrétiennes étaient détruites. Ces attaques contraignaient des dizaines de personnes à trouver refuge dans une salle paroissiale.
Si de telles attaques d’ampleur ne se sont pas reproduites durant l’été 2026, les organisations chrétiennes estiment que la menace demeure intacte. Le 2 juillet 2026, une coalition d’organisations américaines de défense de la liberté religieuse, parmi lesquelles International Christian Concern (ICC), demandait officiellement à l’administration américaine d’intervenir en faveur d’un chrétien syrien détenu, dénonçant une protection toujours insuffisante des minorités religieuses. Parallèlement, plusieurs rapports publiés en juillet 2026 soulignent que les chrétiens restent confrontés à un climat d’insécurité permanent. Les communautés continuent de craindre les groupes islamistes, tandis que l’absence d’un véritable État de droit alimente les départs. Selon Open Doors, la Syrie figure de nouveau parmi les pays les plus difficiles au monde pour vivre sa foi chrétienne.
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Les responsables ecclésiastiques ne cachent plus leur inquiétude. L’archevêque syriaque catholique de Homs, Monseigneur Jacques Mourad, ancien otage de Daech, a multiplié les appels à la communauté internationale. Il estime que les chrétiens continuent de subir intimidations, violences et pressions, au point d’affirmer que « l’Église en Syrie est en train de mourir » et que le pays risque de devenir « un nouvel Afghanistan » si la sécurité et les libertés fondamentales ne sont pas garanties. Malgré ce contexte, les œuvres catholiques poursuivent leur soutien. En juillet 2026, Aide à l’Église en Détresse a renouvelé son appel en faveur des familles chrétiennes de Syrie et du Liban, confrontées à la pauvreté, aux déplacements et à la destruction de leurs habitations. L’organisation finance notamment des aides d’urgence, des logements, des médicaments et l’action des prêtres et des religieuses restés auprès de la population.
Avant le début de la guerre civile, en 2011, la Syrie comptait environ 2,1 à 2,5 millions de chrétiens. Aujourd’hui, ils ne seraient plus que quelques centaines de milliers. Guerre, insécurité, crise économique et émigration ont profondément bouleversé une présence chrétienne pourtant bimillénaire. Pour les Églises syriennes, le constat est clair : les combats ont diminué dans plusieurs régions, mais la paix véritable reste à construire. Tant que les chrétiens continueront à quitter leur pays faute de garanties réelles pour leur sécurité et leur liberté religieuse, l’avenir de l’une des plus anciennes communautés chrétiennes du monde demeurera suspendu à un fragile espoir.


