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« Notre-Dame ne mérite pas d’être délaissée » : la FSSPX maintient sa venue à Lourdes malgré la décision de Monseigneur Micas

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La Fraternité Saint-Pie X ne renonce pas à Lourdes. Après la décision de Mgr Jean-Marc Micas de ne plus autoriser ses messes, sacrements et prières publiques dans le Sanctuaire, son district de France annonce qu'il continuera de s'y rendre. Une réponse ferme, mais qui prend soin de reconnaître l'autorité de l'évêque de Tarbes et Lourdes

La décision de Mgr Jean-Marc Micas n’aura donc pas pour conséquence la disparition des pèlerins de la Fraternité Saint-Pie X à Lourdes. Dans un communiqué daté du 22 août, l’abbé Gonzague Peignot, supérieur du district de France de la FSSPX, annonce que celle-ci « continuera » de se rendre annuellement dans la cité mariale. La nuance est importante. Mgr Micas n’a pas interdit individuellement l’accès au Sanctuaire aux prêtres ou aux fidèles fréquentant les chapelles de la Fraternité. À la suite des consécrations épiscopales sans mandat pontifical du 1er juillet et des sanctions canoniques qui ont suivi, l’évêque a retiré l’autorisation accordée jusqu’alors à la FSSPX d’y célébrer publiquement la messe, les sacrements et des prières organisées. La Fraternité prend acte de cette distinction et semble vouloir s’y engouffrer : puisque ses fidèles peuvent toujours venir prier à titre privé, ils viendront.

« Notre-Dame ne mérite pas, en effet, d’être délaissée malgré les obstacles ! », écrit l’abbé Peignot.

Le communiqué mérite cependant d’être lu dans son intégralité. Son premier point n’est pas anodin : le district de France affirme « reconnaître pleinement l’autorité de l’évêque du lieu ». Dans la situation canonique extrêmement tendue ouverte par les sacres du 1er juillet, cette affirmation compte. La FSSPX exprime son désaccord, mais ne présente pas sa venue comme un acte de défi à l’autorité diocésaine. Le passage le plus offensif concerne plutôt l’accueil réservé par Lourdes à d’autres groupes. L’abbé Peignot rappelle notamment un pèlerinage islamo-chrétien organisé en octobre 2025 et s’interroge sur le contraste entre cet accueil et l’impossibilité faite désormais aux fidèles de la FSSPX de venir prier publiquement dans le Sanctuaire.

L’argument parlera probablement à une partie des catholiques. Il ne suffit cependant pas à régler la question posée par Mgr Micas. La décision de l’évêque ne porte pas d’abord sur la sensibilité liturgique des fidèles concernés, mais sur une situation canonique profondément modifiée par des ordinations épiscopales accomplies sans mandat du pape. C’est sur ce terrain ecclésial que se situe le désaccord.

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La fin du communiqué adopte d’ailleurs un ton plus mesuré. L’abbé Peignot assure Mgr Micas de son « respect » et de sa « prière, sans ressentiment », tout en espérant qu’il puisse un jour voir dans les membres de la Fraternité « non des rebelles, mais des fils désireux de vivre et de servir dans l’Église catholique ». Cette phrase dit peut-être davantage que les formules les plus vigoureuses du texte. Car derrière le prochain pèlerinage de Lourdes se retrouve désormais posée la question essentielle : comment sortir d’une rupture qui, après les événements d’Écône, s’est encore aggravée ?

Pour l’heure, une chose est acquise : les fidèles de la FSSPX comptent bien être présents à Lourdes. Mais leur pèlerinage ne pourra plus s’y dérouler publiquement comme les années précédentes.

Communiqué intégral du district de France de la Fraternité Saint-Pie X

« Le district de France de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X a pris connaissance du communiqué de Mgr Jean-Marc Micas, évêque de Tarbes et Lourdes, publié le 13 août et annonçant sa décision de refuser d’accueillir publiquement pour leur pèlerinage annuel au Sanctuaire de Notre-Dame à Lourdes, les fidèles fréquentant les chapelles de la Fraternité Saint-Pie X, contrairement aux années précédentes.

Le district de France de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X reconnaît pleinement l’autorité de l’évêque du lieu mais il tient à exprimer publiquement à la fois sa peine et son incompréhension face à une telle décision.

En effet, de simples fils de l’Église catholique, qui ne prétendent en aucune manière se substituer à l’Église et qui n’ont d’autre ambition que de lui demeurer fidèles, sont interdits de se réunir pour prier publiquement leur Mère du Ciel alors que l’année précédente, en octobre 2025, le sanctuaire de Lourdes a accueilli, jusque dans la Chapelle Notre-Dame, un pèlerinage réunissant pendant quatre jours chrétiens et musulmans autour de la figure de Marie, avec un temps de prière, une messe, une procession aux flambeaux, une prière à la Grotte et des rencontres interreligieuses.

Comment ne pas s’étonner – s’offusquer même – que ceux qui ne reconnaissent ni la Maternité divine de la très sainte Vierge Marie, ni le dogme de son Immaculée Conception, ni encore la divinité de son fils, Notre Seigneur Jésus-Christ, aient été autorisés là où l’interdit est prononcé aujourd’hui à l’encontre des fidèles des chapelles de la Fraternité Saint-Pie X du district de France les empêchant de venir prier publiquement la très sainte Vierge Marie dans son sanctuaire de Lourdes.

Désormais, il n’est autorisé aux prêtres et aux fidèles de la FSSPX que de « se rendre à la Grotte ou dans tous les lieux du Sanctuaire pour y prier de manière privée ».

Le district de France de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X entend bien répondre à cette invitation et continuera donc de se rendre à Lourdes annuellement en pèlerinage, comme il se rend en pèlerinage à Rome lors des années jubilaires. Notre-Dame ne mérite pas, en effet, d’être délaissée malgré les obstacles ! Si les portes du sanctuaire demeurent closes pour un pèlerinage public, la porte du Coeur de la Mère de Dieu, elle, ne se ferme jamais à ses enfants. Nul doute qu’Elle reconnaîtra les siens !

Ce faisant, le district de France de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X assure Mgr Micas de son respect et de sa prière, sans ressentiment, et avec l’espérance qu’il pourra un jour reconnaître en elle, non des rebelles, mais des fils désireux de vivre et de servir dans l’Église catholique.

Car depuis sa fondation en 1970, la Fraternité Saint-Pie X n’a poursuivi qu’un seul but : servir les âmes en leur donnant la doctrine, les sacrements et la vie chrétienne dont elles ont besoin, afin de transmettre « dans toute sa pureté doctrinale, dans toute sa charité missionnaire, le sacerdoce catholique de Notre Seigneur Jésus-Christ », selon les mots de Mgr Lefebvre. Elle ne défend ni une préférence personnelle ni une sensibilité particulière, mais entend demeurer fidèle à ce que l’Église a cru, enseigné et sanctifié au cours des siècles.

En effet, « la Fraternité Saint-Pie X ne se contente pas de conserver d’anciens usages ; elle favorise et préserve les vocations sacerdotales, les vocations religieuses, les familles nombreuses et profondément chrétiennes ; en un mot, tout ce qui manifeste la vitalité de l’Église, de la grâce et de la foi catholique. Son intention n’est pas d’offrir à l’Église un musée de choses anciennes, mais la Tradition intégrale, féconde, source de vie spirituelle, incarnée et vécue dans les âmes ». (Lettre personnelle adressée le 21 novembre 2025 à Sa Sainteté le Pape Léon XIV par M. l’abbé Pagliarani)

Suresnes, le 22 août 2026

Abbé Gonzague Peignot
Supérieur du district de France de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X »

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