Derrière ce nouveau patronage se cache une histoire de foi qui traverse plus de huit siècles. Bien avant l’église actuelle, la vie chrétienne s’enracinait déjà dans un sanctuaire médiéval. Dès le XIIIe siècle, Puyoô possédait un important lieu de culte où les populations de la région venaient prier et se rassembler. Ce sanctuaire témoigne de l’ancienneté de la présence chrétienne dans cette partie du Béarn. Au XVIe siècle, le sanctuaire traverse les grandes crises de l’histoire. Guerres, bouleversements politiques et tensions religieuses mettent à rude épreuve la communauté chrétienne. Malgré ces épreuves, la foi continue d’être transmise de génération en génération, faisant de ce territoire un lieu où l’Évangile demeure profondément enraciné.
La Révolution française marque une nouvelle blessure. Entre 1790 et 1794, comme tant d’autres églises en France, le sanctuaire est fermé, gravement endommagé et en partie détruit. La pratique religieuse est interrompue, mais la vie chrétienne ne disparaît pas. À partir de 1850, la communauté paroissiale renaît progressivement. Le culte reprend, parfois dans des conditions précaires, signe de la fidélité d’une population attachée à son héritage spirituel. Une nouvelle étape est franchie le 5 janvier 1958 avec l’inauguration de l’église Saint-Jean-Baptiste de Puyoô. Elle devient le cœur de la vie paroissiale, accueillant les célébrations liturgiques et les sacrements. Cette église n’efface pas le passé : elle prolonge au contraire une tradition de foi plusieurs fois séculaire.

L’histoire récente témoigne d’un nouvel élan. En 2023, la communauté prend officiellement le nom de « Paroisse Notre-Dame d’Abet – Puyoô », avant que le sanctuaire ne soit reconnu, le 8 septembre 2025, comme sanctuaire diocésain, soulignant son importance spirituelle pour le diocèse de Bayonne, Lescar et Oloron.
Quelques mois plus tard, une décision historique est prise. Le 3 décembre 2025, selon le décret officiel du diocèse, la paroisse est placée sous le patronage de saint Carlo Acutis, devenant ainsi la première paroisse de France à porter le nom du jeune saint italien. Une première nationale qui traduit la volonté de proposer aux fidèles, et particulièrement aux jeunes, une figure de sainteté profondément contemporaine.

À l’origine de cette dynamique se trouve Monseigneur Aillet et l’abbé Rémi Veillon, curé de la paroisse. Convaincus que saint Carlo Acutis constitue une figure privilégiée pour rejoindre les jeunes générations tout en ravivant la foi eucharistique des fidèles, ils portent ce projet avec détermination. La paroisse a ainsi développé un site internet particulièrement riche, proposant des catéchèses sur l’Eucharistie, la vocation chrétienne, la sainteté ou encore l’histoire de l’Église. Plusieurs articles sont également consacrés à Carlo Acutis, dont cette célèbre exhortation est devenue comme une devise paroissiale : « Naître comme un original, ne pas mourir comme une photocopie. »
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La communauté nourrit également le projet d’ériger une statue de saint Carlo Acutis, afin d’offrir aux fidèles un lieu de recueillement dédié au jeune saint. Cette réalisation dépendra des ressources de la paroisse. Ceux qui souhaitent participer concrètement à cette belle aventure spirituelle peuvent effectuer un don directement sur le site de la paroisse : https://paroissecarloacutis.fr/faire-un-don/
Autre projet particulièrement attendu : l’obtention de reliques de saint Carlo Acutis. Une demande officielle a été adressée, avec le soutien de Monseigneur Marc Aillet, évêque de Bayonne, Lescar et Oloron, qui doit joindre son propre courrier afin d’appuyer cette démarche auprès des autorités compétentes.
Depuis, deux autres paroisses françaises ont choisi à leur tour de se placer sous la protection de saint Carlo Acutis. Mais Puyoô conservera une place particulière dans cette histoire : celle d’avoir été la première. Dans cette petite commune béarnaise, la modernité de Carlo Acutis ne remplace pas un héritage ancien ; elle en devient le prolongement naturel. Huit siècles après les premiers chrétiens de Puyoô, la même foi continue de se transmettre. Sous la conduite de l’abbé Rémi Veillon, la première paroisse de France placée sous le patronage de saint Carlo Acutis entend faire de ce jeune saint un compagnon de route pour les familles, les jeunes et tous ceux qui souhaitent redécouvrir la beauté de l’Eucharistie.


