Les catholiques toulonnais ont appris avec tristesse la profanation du sanctuaire Notre-Dame du Faron, l’un des lieux de pèlerinage les plus connus du diocèse de Fréjus-Toulon. Situé au sommet du mont Faron, ce sanctuaire marial dédié à la Vierge Marie a été la cible d’un acte de vandalisme dont les traces sont encore visibles. Selon les informations communiquées par le diocèse, c’est le curé de la paroisse Saint-Vincent-de-Paul, dont dépend le sanctuaire, qui a constaté les dégradations il y a quelques jours. Le socle supportant la statue de Notre-Dame du Mont Faron avait été renversé et brisé.
La statue elle-même a également été endommagée. Réalisée en bois, elle présente notamment une fissure au niveau d’un pied. Des réparations devront également être effectuées au niveau de la tête afin de lui rendre son aspect d’origine. La statue a été mise en sécurité dans l’attente de sa restauration. À ce stade, aucune information n’a été communiquée sur les auteurs de cette profanation ni sur leurs motivations.
Le sanctuaire Notre-Dame du Faron occupe une place particulière dans l’histoire de Toulon. Aménagé dans une ancienne poudrière militaire découverte en 1958 au sommet du mont Faron, il est né de la volonté du maréchal Alphonse Juin, de Louis-Valéry Roussel et de plusieurs anciens combattants d’élever un lieu de mémoire et de prière en hommage à tous ceux qui sont tombés pour la Libération de la France. L’idée prit forme rapidement. L’architecte Pierre Pascalet reçut la mission d’aménager le sanctuaire ainsi que le musée voisin consacré au Débarquement de Provence. Le 12 juin 1959, le sanctuaire fut inauguré en présence du maréchal Juin, de nombreuses autorités civiles et militaires et de Monseigneur Gaudel, évêque de Toulon, qui érigea officiellement la chapelle en lieu de culte.
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La statue profanée possède elle-même une histoire singulière. Œuvre du sculpteur hyérois Gabriel Cotel, elle représentait à l’origine une simple jeune femme. Après un étonnant parcours entre Paris, Bruxelles et Toulon, elle fut offerte au sanctuaire grâce à l’intervention du pilote automobile belge Jacky Ickx et de sa mère. Une auréole de cuivre fut ensuite ajoutée et la statue devint celle que les fidèles vénèrent aujourd’hui sous le nom de Notre-Dame du Mont Faron.
Cette nouvelle profanation rappelle la vulnérabilité du patrimoine religieux français. Chaque atteinte portée à une église, une chapelle ou une statue sacrée blesse non seulement un monument, mais aussi les fidèles qui y viennent prier et confier leurs intentions à Dieu. Beaucoup espèrent désormais que la restauration de la statue permettra bientôt à Notre-Dame du Mont Faron de retrouver sa place au sein de ce sanctuaire marial.


