À quelques jours de l’arrivée de Léon XIV en France, le cardinal François Bustillo était l’invité de Benjamin Duhamel sur France Inter, jeudi 17 septembre au matin. Venu notamment présenter le troisième tome de ses Carnets corses, publié chez Fayard, l’évêque d’Ajaccio a été interrogé sur la visite pontificale, mais aussi sur Vincent Bolloré et sur les spéculations qui entourent désormais son propre avenir.
🔴"Je ne suis pas candidat à l’archevêché de Paris": le cardinal Bustillo répond aux rumeurs
— Tribune Chrétienne (@tribuchretienne) September 17, 2026
➡️"Je publie chez Fayard, on me dit : Mais tu es facho !”
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Le cardinal a d’abord répondu avec humour aux étiquettes politiques que certains lui attribuent en fonction de ses interlocuteurs. « Je viens chez vous, on me dit : “Mais comment, tu vas chez les gauchos ?” Je publie chez Fayard, on me dit : “Mais tu es facho !” Alors on est toujours dans la caricature », lance-t-il à Benjamin Duhamel. Le journaliste l’interroge alors directement sur ses relations avec Vincent Bolloré. Là encore, François Bustillo cherche à ramener les choses à leurs proportions réelles : « Moi, monsieur Bolloré, je ne le fréquente pas tous les jours. »
Le journaliste lui fait remarquer qu’il aurait déjeuné chez l’homme d’affaires et que les deux hommes échangeraient régulièrement. Le cardinal rectifie aussitôt : « Une fois, je l’ai vu. Donc je pense qu’après, il ne faut pas exagérer. » C’est précisément à ce moment de l’échange que François Bustillo aborde une autre rumeur qui accompagne son nom : celle de l’archevêché de Paris : « Je ne suis pas candidat à l’archevêché de Paris, voilà », tranche-t-il.
Une formule d’autant plus intéressante que le cardinal poursuit en évoquant directement le travail actuellement mené à Rome : « Je pense que là, le Saint-Siège fait ses démarches, ses enquêtes. » Et d’ajouter : « Je pense qu’il y a des personnes beaucoup plus compétentes que moi pour être à Paris. »
François Bustillo met ainsi publiquement les choses au point. Créé cardinal par le pape François le 30 septembre 2023, l’évêque d’Ajaccio bénéficie depuis plusieurs années d’une visibilité importante dans l’Église de France. Celle-ci s’est encore accrue avec la visite historique de François en Corse, le 15 décembre 2024, dont il fut l’un des principaux artisans. Sa déclaration rappelle surtout qu’une nomination épiscopale n’obéit évidemment pas à une logique de candidature. Dans l’Église catholique, la nomination d’un évêque appartient au pape, au terme d’un processus confidentiel de consultations. La nonciature apostolique recueille notamment des avis sur différents profils avant transmission à Rome et examen par le Dicastère pour les évêques.
En parlant des « démarches » et des « enquêtes » du Saint-Siège, François Bustillo renvoie donc à cette procédure romaine tout en récusant l’idée qu’il serait personnellement engagé dans une quelconque course au siège parisien. L’échange sur Vincent Bolloré est, lui aussi, révélateur de la volonté du cardinal de se tenir à distance des classifications politiques. Publier chez Fayard ne ferait pas davantage de lui un homme de droite que se rendre sur France Inter ne ferait de lui un homme de gauche. « On est toujours dans la caricature », résume-t-il.
À 57 ans, le franciscain conventuel, évêque d’Ajaccio depuis 2021, entend ainsi rester sur un terrain ecclésial plutôt que politique. Et à ceux qui voudraient déjà lui dessiner un avenir parisien, il répond désormais par une phrase sans ambiguïté : « Je ne suis pas candidat à l’archevêché de Paris. »


