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Quand une certaine « bouillie sociologique » veut détruire l’anthropologie chrétienne : la masculinité devient suspecte

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Des « steaks de cadavres » de Sandrine Rousseau à la critique de la virilité, en passant par la promotion de l’idéologie LGBT chez les scouts, une même logique est à l’œuvre : la déconstruction de l’anthropologie chrétienne

Par Philippe Marie

L’objectif est clair : remplacer l’anthropologie chrétienne par une vision égalitariste où toute différence, toute autorité et toute complémentarité sont progressivement remises en cause. Le véritable sujet n’est pas le masculinisme. Le véritable sujet est l’homme lui-même. À lire certains commentaires , on pourrait croire que le malaise contemporain de notre société provient essentiellement d’un excès de virilité. L’homme serait trop autoritaire, trop protecteur, trop sûr de lui, trop attaché à son rôle de père, de chef ou de guide. Dès lors, il faudrait le rééduquer, le déconstruire et lui apprendre une nouvelle manière d’être homme.

On retrouve ici plusieurs thèmes caractéristiques : remise en cause des différences sexuelles, promotion d’identités toujours plus fluides et émergence d’une génération qui revendique de s’affranchir des catégories sexuelles elles-mêmes

Le modèle proposé est désormais bien identifié. L’homme idéal doute beaucoup, s’affirme peu, s’excuse souvent, met constamment en avant sa vulnérabilité et se méfie de toute manifestation de force ou d’autorité. Plus il apparaît fragile, plus il semble correspondre aux attentes culturelles du moment. À écouter certains commentateurs, on finit par se demander quel homme trouve encore grâce à leurs yeux. Le père protecteur ? Trop patriarcal. Le chef responsable ? Trop autoritaire. Le soldat courageux ? Trop viril. Le prêtre exerçant une autorité spirituelle ? Suspect. Le chef scout qui apprend à servir et à conduire les autres ? Là encore, méfiance. Le cas du scoutisme est particulièrement révélateur.

Pendant plus d’un siècle, le scoutisme catholique a formé des générations de garçons au sens du devoir, du service, du courage et de la responsabilité. Aujourd’hui, ces références sont régulièrement regardées avec suspicion. Dans le même temps, plusieurs mouvements scouts occidentaux ouvrent toujours davantage leurs portes aux revendications de l’idéologie LGBT, comme si la déconstruction de la masculinité et l’effacement des repères anthropologiques relevaient d’un même mouvement culturel. Ceux qui s’en inquiètent sont souvent qualifiés de conservateurs ou de réactionnaires voire pire… Pourtant, leur critique est d’abord anthropologique. Ils constatent qu’une même logique traverse plusieurs combats contemporains : théorie du genre, militantisme LGBT, remise en cause de l’autorité masculine et effacement progressif de la complémentarité entre l’homme et la femme. Car c’est bien là que se situe le cœur du débat.

L’anthropologie chrétienne repose sur une idée fondamentale : l’homme et la femme sont égaux en dignité mais différents dans leur réalité profonde et appelés à une complémentarité féconde. La culture contemporaine tend au contraire à regarder toute différence comme une inégalité potentielle qu’il faudrait corriger.

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Derrière cette évolution apparaît également l’influence d’un féminisme militant qui ne cherche plus seulement l’égalité des droits mais qui interprète souvent les relations entre hommes et femmes sous l’angle exclusif du rapport de force. Dans cette lecture, la masculinité n’est plus une réalité à purifier de ses excès mais une vision qu’il conviendrait de déconstruire.

Le père protecteur est soupçonné de paternalisme. L’époux assumant son rôle de chef de famille est accusé de domination. L’autorité masculine devient une réalité dont il faut sans cesse se justifier.

Cette vision apparaît jusque dans certaines analyses opposant le pape Léon XIV, chef religieux, à Donald Trump ou à Vladimir Poutine, chefs d’État. Les larmes du pape deviennent la preuve qu’un homme accompli serait d’abord un homme qui expose sa vulnérabilité : place à l’émotion avant tout. Donald Trump et Vladimir Poutine sont alors présentés comme les représentants d’une virilité dépassée, inévitablement condamnable parce qu’elle ne correspondrait pas aux canons de cette idéologie. Mais qui peut affirmer connaître les émotions les plus profondes de ces hommes ? Qui peut prétendre savoir ce qu’ils vivent dans l’intimité de leur conscience ?

Il faut également reconnaître une certaine cohérence à l’ensemble de ce mouvement de déconstruction. Quand certains évoquent la réflexion sur le « nouvel homme » autour d’un steak végétal, l’image est presque parfaite. Car derrière le steak végétal, derrière les « steaks de cadavres » de Sandrine Rousseau, derrière la critique de la virilité, derrière la théorie du genre et derrière certaines formes d’antispécisme, on retrouve souvent la même obsession : imposer une nouvelle idéologie. Celle-là même qui combat toute différence entre l’homme et la femme, toute différence entre le père et la mère, toute différence entre l’homme et l’animal, toute différence entre l’égalité et l’égalitarisme.

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