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Ukraine-Russie : Monseigneur Gallagher à Moscou, la diplomatie de paix de Léon XIV entre dans une nouvelle étape

Moscou, la place rouge la nuit- - Depositphotos
Moscou, la place rouge la nuit- - Depositphotos
Le déplacement, annoncé le 20 août par la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Maria Zakharova, sera son premier dans le pays depuis le déclenchement de la guerre à grande échelle en Ukraine en février 2022

Du 24 au 28 août, Monseigneur Paul Richard Gallagher effectuera une visite de travail en Russie. Sa précédente visite en Russie remontait à novembre 2021. Un rendez-vous est déjà fixé : le 25 août, le secrétaire pour les Relations avec les États et les Organisations internationales du Saint-Siège, rencontrera à Moscou le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Selon Maria Zakharova, les deux hommes doivent examiner l’état et les perspectives des relations entre la Fédération de Russie et le Saint-Siège, leur coopération dans les organisations internationales ainsi que plusieurs dossiers internationaux d’intérêt commun.

Monseigneur Paul Richard Gallagher, archevêque titulaire de Hodelm et secrétaire pour les Relations avec les États et les Organisations internationales du Saint-Siège.

Aucune rencontre avec Vladimir Poutine n’est, à ce stade, annoncée. Cette visite prend surtout son sens à la lumière du déplacement effectué quelques semaines plus tôt par le diplomate du Vatican en Ukraine. Mgr Gallagher y était arrivé le 16 juillet et y est resté jusqu’au 21 juillet comme représentant de Léon XIV à l’occasion du 35e anniversaire du rétablissement des structures de l’Église catholique latine dans le pays. Il s’est notamment rendu à Lviv, Berdytchiv et Kiev. Le 19 juillet, il a présidé à Berdytchiv la grande célébration au sanctuaire de Notre-Dame du Mont-Carmel. Le lendemain, il a rencontré le président Volodymyr Zelensky à Kiev. Les discussions ont porté sur la guerre, la recherche d’une paix juste et durable, mais également sur les questions humanitaires.

Quelques semaines plus tard, le même homme sera donc à Moscou. La succession de ces deux déplacements illustre assez clairement la méthode du Saint-Siège : maintenir une proximité avec les populations éprouvées par la guerre tout en continuant à parler avec les responsables politiques dont dépend une éventuelle issue diplomatique.

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Cette ligne n’est pas nouvelle. Le 24 février 2026, à l’occasion du quatrième anniversaire de l’invasion russe, Mgr Gallagher avait appelé devant l’OSCE toutes les parties à faire preuve du « courage politique nécessaire » pour établir des canaux diplomatiques sincères et inclusifs permettant d’aboutir à une paix juste et durable. L’un des dossiers les plus concrets concerne les conséquences humanitaires du conflit. Depuis 2023, le cardinal Matteo Zuppi conduit pour le Saint-Siège une mission consacrée notamment aux prisonniers de guerre, aux enfants ukrainiens et aux familles séparées. Il était lui-même en Ukraine du 13 au 16 juillet, juste avant Mgr Gallagher, et une nouvelle mission à Moscou pourrait avoir lieu en septembre. Les deux diplomates jouent ainsi des rôles complémentaires : Gallagher sur le terrain institutionnel et diplomatique, Zuppi davantage sur le volet humanitaire.

Un autre sujet devrait accompagner les discussions : les relations avec l’Église orthodoxe russe. La guerre a profondément compliqué le dialogue entre Rome et le patriarcat de Moscou. Le Saint-Siège n’a cependant jamais choisi de rompre ces relations, considérant le dialogue œcuménique comme un autre canal qu’il convient de préserver.

La Russie, de son côté, semble attendre de cette visite davantage qu’un échange protocolaire. Grigory Karasin, président de la commission des Affaires étrangères du Conseil de la Fédération, a déclaré attendre de Mgr Gallagher des « propositions concrètes et intéressantes » ou des évaluations de la situation internationale, espérant que la visite puisse favoriser des évolutions positives. Il serait toutefois prématuré d’y voir la préparation d’une médiation décisive ou d’un voyage de Léon XIV à Moscou. Pour l’heure, le Vatican avance par contacts successifs.

Après l’Ukraine en juillet et la Russie en août, une chose apparaît néanmoins clairement : Léon XIV entend préserver la vocation singulière de la diplomatie pontificale. Ne se substituer à aucun État, ne nier ni les responsabilités ni les souffrances de la guerre, mais continuer à parler aux différents protagonistes lorsque le dialogue peut sauver des vies et, peut-être, préparer progressivement le terrain d’une paix négociée.

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