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[ Vidéo ] « Les chrétiens libanais nous appellent et disent n’arrêtez pas cette guerre » : le cri de détresse qui révèle le désespoir des chrétiens du Liban ?

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Au-delà de la polémique, ces propos mettent en lumière le profond découragement d’une partie des chrétiens libanais face à l’effondrement de leur pays

« Le Liban n’existe plus. Les chrétiens libanais nous appellent en disant : “N’arrêtez pas cette guerre, terminez-nous.” » Prononcée récemment par Meyer Habib sur la chaîne i24NEWS, cette déclaration a surpris par sa brutalité. Certains y ont vu une provocation, d’autres une exagération. Pourtant, derrière cette formule choc se cache une réalité que beaucoup préfèrent ignorer : le désespoir grandissant d’une partie des chrétiens du Liban.

Il serait naturellement abusif de prétendre que tous les chrétiens libanais partagent un tel sentiment. Le Liban demeure un pays complexe, où les sensibilités politiques, religieuses et communautaires sont multiples. Mais il serait tout aussi erroné de nier l’existence d’une profonde lassitude qui s’est installée au sein d’une population éprouvée par des années de crises. Depuis plus d’une décennie, le pays du Cèdre semble s’enfoncer dans une spirale sans fin. La crise économique a détruit une grande partie de l’épargne des familles. La monnaie nationale s’est effondrée. Les coupures d’électricité rythment le quotidien. Les services publics peinent à fonctionner. L’explosion du port de Beyrouth, en août 2020, a laissé une blessure encore ouverte dans la mémoire collective.

À ces difficultés s’ajoute une instabilité politique chronique. Les gouvernements se succèdent sans parvenir à restaurer la confiance de la population. Beaucoup de Libanais ont le sentiment d’être abandonnés par leurs dirigeants comme par la communauté internationale. Les chrétiens paient un lourd tribut à cette situation. Historiquement, ils ont joué un rôle majeur dans la construction du Liban moderne. Aujourd’hui, nombre d’entre eux choisissent l’exil. Chaque année, des milliers de jeunes quittent le pays pour rejoindre l’Europe, l’Amérique du Nord ou l’Australie. Beaucoup ne voient plus d’avenir sur une terre pourtant profondément liée à leur histoire et à leur identité.

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La question du Hezbollah contribue également à alimenter les inquiétudes. Plusieurs responsables chrétiens, tant politiques que religieux, dénoncent depuis longtemps le fait que le Liban soit entraîné dans des conflits régionaux qui le dépassent. L’influence croissante de l’organisation chiite soutenue par l’Iran est perçue par certains comme l’un des principaux obstacles au retour d’un État pleinement souverain.

Dans ce contexte, les propos rapportés par Meyer Habib doivent être compris non comme un appel à la destruction, mais comme l’expression d’un désespoir extrême.

Lorsqu’un peuple perd confiance dans ses institutions, dans son économie et parfois même dans son avenir, il arrive que certains en viennent à considérer qu’ils n’ont plus rien à perdre. Face à cette situation, l’Église continue pourtant de porter un message radicalement différent. Depuis des décennies, les papes n’ont cessé de rappeler l’importance du Liban pour l’ensemble du Moyen-Orient. Saint Jean-Paul II décrivait le pays comme « plus qu’un pays, un message ». Cette formule demeure d’une étonnante actualité.

Le pape Léon XIV a lui aussi multiplié les appels en faveur de la paix, du dialogue et de la protection des populations civiles. L’Église sait que les guerres ne résolvent jamais les blessures profondes des peuples. Elles les aggravent souvent. Le véritable défi n’est donc pas de savoir si le conflit actuel doit se poursuivre ou non. La question essentielle est celle de l’avenir du Liban. Car si le pays continue de se vider de ses forces vives et de ses communautés chrétiennes, c’est une part irremplaçable de la présence chrétienne au Moyen-Orient qui risque de disparaître.

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