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« Vous êtes les saints de France »: Louise Montangon, cette étudiante qui a le courage de dénoncer les violences et les manipulations idéologiques

Louise Montangon - capture TBT9_W9
Louise Montangon - capture TBT9_W9
Lors de la veillée du 25 septembre, Léon XIV lançait aux jeunes Français : « Vous êtes les saints de France ! » En refusant de céder aux intimidations et en assumant publiquement ses convictions, Louise Montangon témoigne, à sa manière, de ce courage auquel le pape appelait la jeunesse française

Quelques jours séparent les images de la jeunesse réunie autour de Léon XIV de celles des lycées bloqués, des poubelles incendiées et des affrontements avec les forces de l’ordre. Deux visages d’une génération que certains voudraient à tout prix réunir sous la même bannière de l’engagement. Pourtant, entre les jeunes venus écouter le successeur de Pierre et ceux qui empêchent leurs camarades d’étudier, la différence ne tient pas seulement aux méthodes. Elle révèle deux conceptions de la liberté, de la responsabilité et de la place que chacun entend prendre dans la société.

Certains jeunes catholiques voient dans les blocages le prolongement de l’appel pontifical à servir les autres. Mais soutenir des camarades confrontés à des difficultés scolaires n’implique nullement de participer à des occupations d’établissements. Encore moins de trouver des circonstances atténuantes à ceux qui dégradent, menacent ou affrontent les policiers.

Le 25 septembre, au Stade de France, Léon XIV avait pourtant été parfaitement explicite : « Notre combat n’est pas un combat contre les autres, il n’utilise pas les armes de la violence, du mépris ou de l’oppression. Notre seule arme est celle de l’amour qui se donne. » Le pape n’invitait pas les jeunes à épouser toutes les colères de leur époque. Il leur demandait de devenir les « saints de France ». Une ambition autrement exigeante que la participation à un mouvement contestataire. Car devenir saint, c’est apprendre à porter sa croix : accepter les difficultés, les incertitudes de l’avenir, les exigences des études, du travail et de la vie familiale. C’est persévérer lorsque les circonstances deviennent difficiles, témoigner du Christ sans craindre le jugement des autres et refuser de transformer chaque contrariété en révolte.

Il serait temps de cesser de présenter systématiquement les débordements comme l’expression maladroite d’une jeunesse inquiète. Les difficultés d’orientation, le manque de professeurs ou les préoccupations économiques sont réels. Ils ne justifient ni les intimidations ni les destructions.

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Une partie de cette jeunesse semble avoir perdu le sens de l’autorité, du respect et de la responsabilité. À force de lui expliquer que toute contrainte constitue une oppression et que toute frustration révèle une injustice, on finit par lui apprendre à revendiquer avant même d’avoir appris à construire. Cette perte de repères est aussi une faillite de la transmission. Une société qui hésite à enseigner ses devoirs à la jeunesse ne devrait pas s’étonner de voir certains confondre liberté et refus de toute limite.

Les organisations d’extrême gauche engagées dans les mobilisations doivent répondre de leurs méthodes et de leurs appels aux blocages. La contestation scolaire constitue pour certains militants un terrain de recrutement et de confrontation politique, bien au-delà des préoccupations éducatives initiales. Pour éviter de regarder ces responsabilités, il est tentant de renvoyer indistinctement dos à dos extrême gauche et extrême droite. Mais cette symétrie ne démontre rien. Les organisateurs des blocages, les auteurs des dégradations et les responsables d’intimidations doivent être identifiés à partir de leurs actes, sans dilution politique ni accusation collective. Le nihilisme de ceux qui détruisent au nom d’un avenir meilleur mérite d’être dénoncé sans complaisance. Défendre l’école en empêchant les cours, prétendre servir la liberté en intimidant ses adversaires : voilà des contradictions que les discours militants ne peuvent effacer.

À Bordeaux, Louise Montangon, 22 ans, étudiante en philosophie et responsable locale de l’UNI, défend précisément la liberté d’étudier. Selon son témoignage, les intimidations subies sur son campus l’ont conduite à poursuivre son cursus à distance. Dans un portrait publié dimanche 11 octobre par le Journal du Dimanche, la jeune femme, discrète sur sa foi, confiait avoir été apaisée par la venue de Léon XIV en France. Elle déclarait : « La France éternelle existe, elle est là, et elle est nombreuse. » Sans présumer de sa vie spirituelle, son refus de céder aux pressions rappelle une vérité chrétienne essentielle : porter sa croix, c’est parfois accepter l’hostilité, défendre ses convictions et dénoncer les comportements injustes sans adopter les méthodes de ceux qui les commettent.

L’engagement chrétien ne se mesure ni au nombre de manifestations ni à la radicalité des slogans. Saint Vincent de Paul, sainte Jeanne Jugan et le bienheureux Frédéric Ozanam ont consacré leur existence à soulager la misère, à servir et à transmettre. Leur charité n’avait rien de passif ; elle transformait réellement la société. Les jeunes catholiques peuvent légitimement contester des injustices. Mais l’Évangile ne saurait servir de caution aux intimidations, aux destructions ou à la confiscation de la liberté d’autrui.

La France a besoin d’une jeunesse capable d’étudier, de travailler, de fonder des familles, d’aimer son pays et de transmettre son héritage. Elle a surtout besoin de jeunes qui sachent que le courage ne consiste pas à tout renverser, mais parfois à tenir debout lorsque d’autres cherchent à vous faire taire. C’est ce combat que Léon XIV proposait aux « saints de France » : non celui de la haine , mais celui de la foi, de la vérité et de la charité.

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