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Trégastel : les flammes dévorent la chapelle Sainte-Anne, quatre siècles d’histoire brutalement meurtris

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Alors qu’une collecte venait d’être lancée pour restaurer cet édifice du XVIIe siècle fragilisé par le temps, un violent incendie a ravagé l’un des sanctuaires les plus emblématiques de la Côte de Granit Rose. Une tragédie qui bouleverse bien au-delà de la Bretagne

En quelques minutes, un violent incendie s’est déclaré dans la toiture de la chapelle Sainte-Anne-des-Rochers, à Trégastel, dans les Côtes-d’Armor. À l’arrivée des secours, les flammes avaient déjà gagné une grande partie de la charpente de cet édifice construit en 1635 et dédié à sainte Anne, patronne de la Bretagne.

Malgré la mobilisation de trente-deux sapeurs-pompiers venus de plusieurs centres du département, les dégâts sont considérables. La toiture a été détruite à 75 % et une partie de la charpente s’est effondrée sous l’effet du feu. Pendant plus d’une heure, les soldats du feu ont lutté contre l’incendie à l’aide de quatre lances, dont une déployée sur une grande échelle. Même après avoir maîtrisé le sinistre, ils ont poursuivi leurs opérations jusque dans la soirée afin d’éliminer les derniers foyers couvant sous les décombres. Au milieu de cette catastrophe, une lueur d’espoir demeure. Toutes les œuvres conservées dans la chapelle ont pu être sauvées. Les pompiers ont évacué les statues, dont trois sont classées au titre des monuments historiques, ainsi que le matériel liturgique. Déposés sur la pelouse entourant l’édifice, ces objets ont ensuite été pris en charge par les services municipaux.

L’émotion est d’autant plus forte que la chapelle traversait déjà une période difficile. Fermée au public depuis mars 2026 en raison de la fragilité de sa charpente, elle faisait l’objet d’un projet de restauration. Des chutes de gravats avaient été constatées dans la partie la plus ancienne du bâtiment et une collecte venait d’être lancée pour financer sa rénovation.

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Pour les habitants de Trégastel, le choc est immense. La chapelle Sainte-Anne n’est pas un simple monument. Elle constitue l’un des symboles du patrimoine religieux local. Des générations de familles y ont prié, célébré des baptêmes, des mariages ou participé aux fêtes religieuses traditionnelles de la commune. « Je me suis marié là », confiait avec émotion un habitant présent derrière le périmètre de sécurité. L’origine de l’incendie reste pour l’heure inconnue. Certains témoins évoquent un départ de feu sur un côté du bâtiment tandis que d’autres hypothèses orientent les investigations vers le clocheton. Aucune conclusion n’a toutefois été avancée. Une enquête de gendarmerie devra désormais établir les circonstances exactes du sinistre. La maire de Trégastel, Annie Macé, résumait simplement le sentiment général : « Pour le moment, on est surtout très triste. » ( Ouest France).

Cette tristesse est largement partagée. Car lorsque disparaît une partie d’un sanctuaire vieux de près de quatre siècles, ce ne sont pas seulement des pierres qui sont touchées. C’est une mémoire collective, un héritage spirituel et une page de l’histoire chrétienne de la Bretagne qui se trouvent brutalement blessés. Aujourd’hui, les statues ont été sauvées. Reste désormais à espérer que la chapelle Sainte-Anne puisse, elle aussi, renaître un jour de ses cendres.

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