C’est une reconnaissance importante pour le patrimoine religieux marseillais. La chapelle Saint-Joseph-du-Cabot, située sur les hauteurs du 9ᵉ arrondissement de Marseille, figure désormais parmi les monuments historiques. L’arrêté d’inscription, signé le 30 juin 2026 par Jacques Witkowski, préfet de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, s’inscrit dans une campagne plus vaste de protection du patrimoine religieux de la cité phocéenne.
La chapelle Saint-Joseph-du-Cabot n’est d’ailleurs pas la seule concernée. Trois autres églises catholiques marseillaises bénéficient désormais de cette même protection : l’église Saint-Philippe–Notre-Dame-de-Lourdes (6ᵉ arrondissement), l’église Notre-Dame-du-Mont (6ᵉ arrondissement) et l’église de la Trinité–La Palud (1er arrondissement). Ces quatre inscriptions constituent une première étape d’un programme conduit par le ministère de la Culture, en lien avec la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) Provence-Alpes-Côte d’Azur et la Ville de Marseille, qui prévoit l’étude progressive de plusieurs dizaines d’édifices religieux afin de renforcer leur protection.
Édifiée en 1869, la chapelle Saint-Joseph-du-Cabot est l’œuvre de l’architecte marseillais Pierre-Marius Bérengier. Construite dans un style néogothique, elle fut financée grâce à la générosité de Madame Rey-Bailly afin d’accompagner le développement des quartiers sud de Marseille. Implantée sur la colline Saint-Joseph, elle domine les quartiers de Saint-Tronc et de La Rouvière, offrant un remarquable panorama sur la ville.
Pendant plus d’un siècle, la chapelle fit partie du vaste domaine des Sœurs de Notre-Dame de Charité du Bon Pasteur d’Angers. En 2018, la congrégation décida de faire don de l’ensemble du domaine à la Ville de Marseille, permettant l’ouverture au public de ce vaste espace vert tout en assurant la préservation de la chapelle.
Dans son avis, la Commission régionale du patrimoine et de l’architecture a souligné la qualité architecturale de l’édifice ainsi que l’intérêt de ses décors et de ses vitraux. L’inscription au titre des monuments historiques reconnaît officiellement sa valeur historique et artistique.Cette inscription constitue une protection juridique importante. Sans atteindre le niveau d’un classement, elle soumet désormais les travaux affectant l’édifice au contrôle scientifique et technique de l’État et facilite l’accès à des aides publiques destinées à sa conservation et à sa restauration.
Au-delà de la seule chapelle Saint-Joseph-du-Cabot, cette décision témoigne d’une volonté plus large de mieux préserver le patrimoine religieux marseillais. Longtemps considérées avant tout comme des lieux de culte, ces églises sont aussi des témoins précieux de l’histoire de la ville, de son développement au XIXᵉ siècle et de la foi qui a façonné son identité.Dans un contexte où de nombreux édifices religieux nécessitent d’importants travaux de restauration, cette reconnaissance apparaît comme un signal encourageant. Elle devrait permettre de mieux protéger ces monuments, tout en sensibilisant le grand public à leur richesse historique, artistique et spirituelle.Avec cette nouvelle inscription, la chapelle Saint-Joseph-du-Cabot rejoint ainsi le patrimoine historique protégé de la Nation, assurant la transmission aux générations futures d’un édifice qui veille sur les collines marseillaises depuis plus de 150 ans.


