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[Éthiopie] « Les bâtiments peuvent être détruits, mais notre foi en Christ demeure » : la guerre frappe un sanctuaire chrétien

image d'illustration - Depositphotos
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Fondé il y a plusieurs siècles et profondément enraciné dans la tradition chrétienne de l'Éthiopie, le monastère Saint-Arsema constitue un haut lieu de prière et de pèlerinage

Une nouvelle tragédie frappe le patrimoine chrétien d’Éthiopie. Le monastère Saint-Arsema, haut lieu de la spiritualité orthodoxe dans la région de l’Amhara, a été touché par une attaque meurtrière. Malgré les victimes et les destructions, les moines réaffirment leur espérance : « Les bâtiments peuvent être détruits et des vies peuvent être fauchées, mais notre foi en Christ demeure. » Le conflit qui ravage depuis plusieurs mois la région éthiopienne de l’Amhara continue de faire des victimes parmi les civils et les lieux de culte.

L’agence Fides précise que le 22 juillet dernier, le monastère d’Abbay Giyorgis Saint-Arsema, l’un des plus anciens centres monastiques de l’Église orthodoxe éthiopienne, a été frappé lors d’une attaque attribuée à un drone. Selon les informations disponibles, deux civils ont été tués et plusieurs autres personnes ont été blessées, parmi lesquelles des femmes venues préparer une célébration religieuse.

Fondé il y a plusieurs siècles et profondément enraciné dans la tradition chrétienne de l’Éthiopie, le monastère Saint-Arsema constitue un haut lieu de prière et de pèlerinage. Son atteinte suscite une vive émotion bien au-delà des frontières du pays, tant il symbolise l’ancienneté de la foi chrétienne en Afrique. Face au drame, les responsables du monastère ont livré un témoignage empreint d’une profonde espérance chrétienne : « Les bâtiments peuvent être détruits et des vies peuvent être fauchées, mais notre foi en Christ demeure. » Cette profession de foi rappelle que, pour les chrétiens d’Éthiopie, les pierres des sanctuaires, aussi précieuses soient-elles, ne sauraient ébranler la fidélité au Christ.

Le Conseil œcuménique des Églises a condamné avec fermeté cette attaque contre un lieu de culte. Son secrétaire général, le pasteur Jerry Pillay, a dénoncé « une attaque profondément troublante et totalement inacceptable », rappelant que les institutions religieuses et les civils « ne doivent jamais être pris pour cible » et appelant à une enquête indépendante ainsi qu’au respect du droit international humanitaire.

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Cette nouvelle attaque s’inscrit dans un contexte de violences persistantes en Éthiopie. Depuis plusieurs mois, les Églises chrétiennes, en particulier dans les régions de l’Amhara et de l’Oromia, sont régulièrement confrontées aux conséquences des affrontements armés. En mars dernier, les évêques catholiques d’Éthiopie avaient déjà lancé un appel solennel à « résister à la haine » et condamné sans ambiguïté toutes les violences visant les populations civiles, rappelant qu’« aucun acte de violence contre des personnes sans défense ne peut être justifié par un enseignement religieux, culturel ou politique ».

Berceau de l’une des plus anciennes traditions chrétiennes du monde, l’Éthiopie conserve un patrimoine spirituel exceptionnel, fait de monastères séculaires, d’églises taillées dans la roche et de communautés monastiques qui ont traversé les siècles. L’attaque contre Saint-Arsema rappelle tragiquement combien ce patrimoine demeure aujourd’hui vulnérable au cœur des conflits contemporains. Pourtant, au milieu des ruines et du deuil, les paroles des moines résonnent comme un témoignage de foi : si les pierres peuvent être détruites, la foi, elle, ne peut être réduite au silence.

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