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[ Excommunication FSSPX ] Dans quelles conditions les prêtres qui souhaitent quitter la Fraternité pourront-ils être accueillis par Rome ?

@tribunechretienne
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En même temps que le décret déclarant l'excommunication des évêques de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, le Dicastère pour la doctrine de la foi a publié une procédure détaillant les conditions d'un éventuel retour à la pleine communion des prêtres, religieux et fidèles. Tribune Chrétienne reproduit les principaux documents que devront signer les candidats à cette réconciliation

Si le décret du Dicastère pour la doctrine de la foi marquant l’excommunication des quatre évêques de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X a suscité de nombreuses réactions, un second document, passé plus discrètement, mérite lui aussi toute l’attention. Le Saint-Siège y expose les modalités selon lesquelles les membres de la Fraternité qui souhaitent quitter celle-ci pourront demander à retrouver la pleine communion avec l’Église catholique. Le texte distingue plusieurs catégories de personnes, évêques, prêtres, diacres, religieux et fidèles laïcs, chacune faisant l’objet d’une procédure spécifique.

Pour les prêtres, la démarche est particulièrement encadrée. Avant toute chose, ils devront trouver un évêque diocésain, ou un autre ordinaire compétent, disposé à les accueillir. Cet évêque devra informer officiellement le Saint-Siège de son intention de recevoir le prêtre ad experimentum, c’est-à-dire à titre provisoire avant une éventuelle incardination définitive. Le candidat devra également fournir plusieurs documents, notamment un certificat attestant de son ordination sacerdotale ainsi que les pièces administratives demandées par le Dicastère.

Mais c’est surtout sur le plan doctrinal que la procédure fixe des exigences précises.

Tout prêtre demandant sa réconciliation devra signer une Profession de foi ainsi qu’une Déclaration d’adhésion. À travers ces textes, il reconnaît l’intégralité de la doctrine catholique telle qu’enseignée par le Magistère, s’engage à une obéissance religieuse envers le Pontife romain et le Collège des évêques et accepte les vérités proposées de manière définitive par l’Église.La procédure prévoit en outre que le candidat devra accepter le concile Vatican II ainsi que la légitimité du Missel promulgué par saint Paul VI, tout en pouvant conserver son attachement à la liturgie traditionnelle selon l’usus antiquior. Cette précision constitue l’un des éléments majeurs du nouveau dispositif.

La situation des fidèles laïcs apparaît, en revanche, sensiblement différente

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Le document précise que les personnes ayant fréquenté les chapelles de la Fraternité uniquement pour des raisons liturgiques ou spirituelles, sans jamais rejeter l’autorité du Pape ni le Magistère de l’Église, ne sont pas automatiquement considérées comme ayant besoin d’une procédure de réconciliation. Cette distinction rappelle la position déjà exprimée par les autorités romaines dans les années 1990, selon laquelle la simple assistance aux messes célébrées par des prêtres de la Fraternité Saint-Pie X ne constituait pas, à elle seule, une adhésion formelle à un schisme.En publiant simultanément un décret d’excommunication et une procédure de réconciliation, le Saint-Siège entend manifestement maintenir ouverte une possibilité de retour individuel pour ceux qui souhaiteraient quitter la Fraternité. Cette porte demeure toutefois étroitement encadrée par des exigences doctrinales, canoniques et disciplinaires particulièrement précises.

Afin de permettre à chacun d’apprécier le contenu exact des engagements demandés, Tribune Chrétienne reproduit ci-dessous les principaux documents officiels de cette procédure, notamment la Profession de foi et la Déclaration d’adhésion, que devront signer les prêtres sollicitant leur réconciliation avec l’Église catholique.

Les documents que devront signer les prêtres demandant leur réconciliation

La procédure publiée par le Dicastère pour la doctrine de la foi prévoit que les prêtres souhaitant quitter la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X devront signer deux documents : une Profession de foi (Professio fidei) et une Déclaration d’adhésion (Formula of Adherence). Si une partie de ces textes reprend les formules promulguées en 1989 par saint Jean-Paul II, la version publiée dans le cadre de cette procédure comporte également plusieurs engagements doctrinaux explicites.

Profession de foi

Le candidat devra notamment déclarer :

« Avec une foi ferme, je crois et je professe tout ce qui est contenu dans le Symbole de la foi. »

Puis :

« Avec une foi ferme, je crois également tout ce qui est contenu dans la parole de Dieu, écrite ou transmise, et que l’Église, soit par un jugement solennel, soit par son Magistère ordinaire et universel, propose comme divinement révélé et comme devant être cru. »

Il devra également affirmer :

« J’accepte fermement et je tiens chacune des vérités concernant la foi et les mœurs qui sont proposées par l’Église de manière définitive. »

Enfin :

« J’adhère avec une soumission religieuse de la volonté et de l’intelligence aux doctrines que le Pontife romain ou le Collège des évêques énoncent lorsqu’ils exercent leur Magistère authentique, même s’ils n’entendent pas les proclamer par un acte définitif. »

Déclaration d’adhésion

La version publiée dans le cadre de la procédure de réconciliation demande également au candidat de déclarer :

« Je promets fidélité à l’Église catholique et au Pontife romain, son Pasteur suprême, Chef du Collège des évêques, Vicaire du Christ et Pasteur de toute l’Église sur la terre. »

Le texte ajoute ensuite plusieurs engagements qui constituent les principales nouveautés de cette procédure.

Le prêtre devra reconnaître :

« J’accepte la doctrine enseignée au n° 25 de la Constitution dogmatique Lumen gentium sur le Magistère de l’Église et j’accepte les enseignements du Concile Vatican II selon le degré d’adhésion requis par la nature des différents documents. »

Il devra également déclarer :

« J’accepte la légitimité de la réforme liturgique et de la discipline sacramentelle postconciliaires promulguées par le Pontife romain saint Paul VI et révisées par les Pontifes romains suivants. »

Le document précise encore :

« Je crois tout ce qui est contenu dans le Catéchisme de l’Église catholique et je professe la foi de l’Église catholique. »

Enfin, le candidat devra prendre plusieurs engagements disciplinaires :

« Je m’engage à observer la discipline commune de toute l’Église et à promouvoir l’observance de toutes les lois ecclésiastiques, spécialement celles qui sont contenues dans le Code de droit canonique. »

Il promettra également :

« Avec un esprit chrétien d’obéissance, je suivrai ce que les pasteurs sacrés, en tant que représentants authentiques du Christ, déclarent comme docteurs de la foi ou établissent comme gouvernants de l’Église. »

Et il conclura :

« Je m’efforcerai également d’aider les évêques diocésains afin que l’action apostolique, exercée au nom et sur mandat de l’Église, soit toujours accomplie en communion avec cette même Église. »

La procédure ne se limite pas à demander une profession de foi catholique ou une reconnaissance de l’autorité du Pape. Elle exige également une acceptation explicite du Concile Vatican II, de la légitimité de la réforme liturgique issue de ce Concile, des livres liturgiques promulgués par saint Paul VI et révisés par ses successeurs, ainsi qu’un engagement d’obéissance au Magistère et à la discipline de l’Église. Ces éléments constituent les principales conditions doctrinales désormais posées par le Saint-Siège aux prêtres de la Fraternité Saint-Pie X qui souhaiteraient demander leur réconciliation avec Rome.

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